Vernon, rencontre mouvementée

Vernon, rencontre mouvementée

Une polémique, sur la construction d’un immeuble dans un parc proche de la Tour de Archives, s’est installée depuis plusieurs mois. Les protagonistes: le promoteur Christophe Joubeaux et une association de défense opposée au projet. Vendredi, une rencontre entre les deux parties et un représentant de la municipalité, devait permettre une meilleure information de part et d’autre. Mais, d’entrée de jeu, c’est le tollé général qui a prévalu. L’adjoint au maire a été assailli par le mécontentement des opposants et le promoteur n’a pu développer son projet. Le brouhaha général a eu raison de l’échange fructueux. En arrière plan, c’est une menace directe sur la municipalité qui se profile. Résumé vidéo d’une rencontre ratée.

A l’origine, la propriétaire du terrain de 4000 m2, jouxtant sa maison, désireuse de le vendre pour 1 million €. L’endroit est idéal: centre-ville résidentiel à deux pas de la Tour des Archives, joyau historique de Vernon. Christophe Joubeaux est intéressé par cet achat. Il y envisage la construction d’une résidence de standing de 28 appartements, complétés par 12 appartements sociaux comme l’exige la loi. C’était du temps de l’ancienne municipalité. Cette dernière n’y a vu aucun inconvénient selon les règles du Plan Local d’Urbanisme (PLU). L’information commence à circuler. Des riverains du quartier et d’autres habitants de Vernon s’émeuvent du projet et s’organisent en association pour s’y opposer fermement. C’est un vernonnais de longue date, Joël Dumontier qui prend la tête du groupe. Il organise réunion sur réunion, prend contact avec le promoteur, lance l’information sur les réseaux sociaux, alerte la mairie pour lui demander d’arrêter le projet….

Vendredi dernier, Christophe Joubeaux invite tout le monde à une réunion d’information. Il souhaite expliciter son projet, avoir un dialogue. François Ouzilleau, adjoint au maire chargé du développement urbain, est ses côtés. Il veut informer l’association sur la position de la mairie. En premier lieu, cette dernière a obtenu du promoteur la suppression d’un étage de l’immeuble, pour réduire la taille. L’élu précise aussi que la mairie ne peut ne pas délivrer le permis de construire, car ce serait illégal au vu du PLU voté en 2013. La municipalité se mettrait hors-la-loi. Les riverains contestent cette affirmation. Selon eux, un maire peut s’opposer à un projet qui pourrait dénaturer l’environnement. En réponse, François Ouzilleau dit que la mairie ne peut préempter le terrain car la précédente municipalité ne l’avait pas souhaité. Il précise en même temps que la liberté de construire est une réalité en France, si les procédures sont observées…Rien n’y fait. Les riverains proposent la création d’un square. Pour cela il faut acheter le terrain et un million c’est trop cher…..Le dialogue et la concertation n’étaient pas au rendez-vous…A suivre.

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Comments

  1. Henri Clément 8 octobre, 2014, 16:45

    Voilà un cas d’école en matière de conduite de négociation de crise et un bon sujet d’observation sur ce que devrait être – et ne doit pas être – la “démocratie participative”,
    voire la démocratie directe.
    Tout mais pas çà !
    Réunir 40 personnes pour “s’exprimer”, “échanger” librement sur un sujet aussi conflictuel sans protocole préalable est soit naïf soit démagogique car cela débouche inévitablement sur des comportements collectifs infantiles indignes (à les voir, on souffre pour les professeurs qui ont leurs enfants à encadrer !)
    Avec un peu de méthode, d’anticipation et d’expérience pratique, on pouvait cependant amener le groupe à se mettre au niveau d’un débat de fond constructif.
    Etre un communicant en matière électorale ou institutionnelle est une chose, savoir manager et animer un collectif en contexte de crise en est une autre.

    Coté association, s’il s’agissait pour ces vernonnais de donner une mauvaise image de leur mouvement c’est réussi. Etre amis sur fesse-bouc ne fais pas un projet.
    Dans l’histoire, je dirais que c’est eux qui ont perdu cette partie.
    Bien que partisan de la participation citoyenne aux affaires puibliques, je me méfie des “collectifs” émergents qui mènent des “combats” conjoncturels.
    D’abord parce que leur raison d’être étant liée au problème posé, il n’ont aucun intérêt à le résoudre dans l’intérêt général. C’est mécanique.
    Ensuite car penser qu’ils échappent à des coalitions d’intérêts sous-jacents ou de motivations non-dites au profit du bien commun est une illusion.

    On est sincèrement engagé au long court sur une ligne ou on ne l’est pas du tout.

    Ce qui me conforte à affirmer qu’il nous manque un maillon démocratique entre le corps social et la municipalité car la seule logique électorale n’est plus un logiciel satisfaisant, et les “conseils de quartier” sont des archaïsmes dépassés. L’heure est la participation interactive en réseau et c’est tout un modèle qu’il faut inventer.
    Cela tombe bien, on y travaille à fond !

  2. cathy Personne 8 octobre, 2014, 15:50

    Bonjour,

    monsieur Joubeaux a prévenu l’association de la Tour, dont Joel Dumontier ets président, 7 jours avant !
    Cela ressemble à un simulacre de concertation.
    De plus, nous avions demandé au maire de nous recevoir avant cette réunion. Notre demande est laissée pour lettre morte et cette indifférence de la part des protagonistes de cette affaire est inadmissible.
    Nous passons pour des excités alors que non, l’ensemble des représentatnts n’étaient pas présents, sachez le.
    Sachez aussi que nous sommes loin de tout conflit politique et que nous ne sommes pas des extrémistes. Monsieur Ouzeaux en taxant les défendeurs du secteur de la Tour comme tels a dérappé !
    Cathy Personne (secrétaire de l’association absente ce jour là hélas)

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