Vernon, l’hôpital sur le fil du rasoir

Hôpital VernonSamedi matin se tiendra un conseil municipal extraordinaire, consacré à l'avenir de l'hôpital de Vernon. Malheureusement à huis-clos. Il sera question de l'éventualité d'une fermeture des services de chirurgie et des conséquences dramatiques de la loi Bachelot, selon les personnels et les syndicats.

Les élus communistes avaient demandé cette séance exceptionnelle. Le maire les a entendu. Public et journalistes ne pourront y assister. Dommage, car il aurait été intéressant de transcrire et filmer les débats entre élus…

Dans un communiqué de presse, Jean-Luc Lecomte insiste sur "le rôle irremplaçable de l'hôpital de proximité dans la prise en charge des besoins sanitaires de la population du bassin de vie dans un département qui souffre encore plus que d'autres de la crise de la démographie médicale. Il est clair que la fermeture de ces services aggraverait encore les difficultés d'accès aux soins…..Les effets pervers de la tarification à l'activité, T2A, qui creuse le déficit des hôpitaux qui développent leur activité par la sous rémunération des actes réalisés par le public…Et l'élu de demander avec force "la continuité et la permanence des soins avec des urgences et des activités chirurgicales 24h/24h.  Séance extraordinaire du conseil municipal où les élus débattront des propositions d'action à mettre en oeuvre pour assurer l'avenir de l'hôpital".

Quelques chiffres

L'hôpital de Vernon comporte 4 blocs opératoires, 1 scanner et 1 IRM. Il y a eu au cours de l'année 2010, 1440 interventions, soit environ 7 interventions par jour ouvré.

42 938 journées réalisées en médecine, chirurgie et obstrétique.

8 780 journées de psychiatrie. Il a été enregistré 12405 admissions, dont 4053 actes opératoires et 600 accouchements. L'ensemble avec 377 lits.

Enfin, les passages dans le service des urgences s'élève à 22 370.

Crédit photo: site Ville de Vernon

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Comments

  1. Emmanuel 11 janvier, 2012, 22:08

    Lors du dernier infarctus de mon père qui habite à mi-chemin entre les hopitaux d’Evreux et de Saint aubin les Elbeuf, le SMUR a voulu l’hospitaliser…. à l’hôpital du Havre, au prétexte que toutes les places étaient prises en USIC sur toutes (enfin les rares) unités du secteur. Bon, en haussant le ton, on a réussi à ce qu’il soit hospitalisé au CHU de Rouen. 35 kms d’ambulance dans le cadre d’une urgence vitale c’est toujours mieux que 100 kms. L’hiver, pour les urgences pédiatriques, il n’est pas rare que des petits Eurois se retrouvent à Poissy ! Arrêtons la saignée et arrêtons de privilégier l’hospitalisation privée qui ne gère pas toutes les pathologies mais uniquement les plus lucratives !

  2. Géraldine Maury 9 janvier, 2012, 18:57

    Bonjour,
    En tant qu’utilisatrice des services de l’hôpital de Vernon (et en particulier de l’excellent service de diabétologie), que peut-on faire pour endiguer cette volonté de tuer l’hôpital de Vernon à plus ou moins long terme ?
    Quelle a été la raison du regroupement des 2 hôpitaux ? Etait-ce pour rentabiliser l’ensemble ou pour sauver celui d’Evreux, beaucoup trop grand pour la population environnante ?
    Que fait-on de la population de Vernon ou de ses environs pour qui se rendre à Evreux, et a fortiori de “l’autre côté d’Evreux au milieu de nulle part”, sera un vrai parcours du combattant. En effet, les infrastructures routières pratiques depuis les abords de Vernon (et jusqu’à 20 km autour) sont quasi inexistantes pour se rendre à Evreux : on ne peut que “traverser les champs” pour une bonne partie du trajet.
    Et puis, l’hôpital Saint-Louis existe depuis … Saint Louis et une population largement suffisante existe autour pour ne pas dépendre d’Evreux qui semble largement favorisée par ce regroupement et, ce, depuis le début !
    Je ne sais pas ce qu’il faut faire pour revenir à une situation normale pour la population de Vernon et ses environs qui ne pourra pas survivre sans son hôpital, mais je sais qu’il faut se battre.
    Peut-être faut-il profiter de cette période électorale pour faire comprendre à nos élus, quel que soit leur bord, que 1/ ils sont élus pour prendre soin de nous et 2/ quand tous les habitants du nord de l’Eure seront morts ou auront déménagé, il n’y aura plus personne pour les élire !
    Merci de vos réponses et conseils.
    Bonne soirée.

  3. Jacques LAGARDE 6 janvier, 2012, 19:25

    Je pense que cette évolution qui consiste à payer de plus en plus pour sa santé est inéluctable malheureusement, ce qui ne signifie pas que l’on doive faire n’importe quoi.
    Bien sûr, certains peuvent penser qu’en taxant les riches, on règlera le problème.
    Je pense aussi qu’une taxation plus forte de certains revenus et patrimoines est nécessaire et réduira l’acuité de certains problèmes.
    Malheureusement, je ne crois pas qu’il suffise de faire payer les riches pour pouvoir rembourser plus les soins, embaucher davantage de profs, augmenter le SMIC, le budget de la culture,etc
    Cette piste est à utiliser, amis ne suffira pas, d’une part en raison de la paupérisation du pays qui va se poursuivre et aussi en raison du vieillissement de la population
    Le cas de l’hôpital de Vernon est assez complexe puisque plusieurs éléments sont à prendre en considération.
    N’oublions pas tout d’abord que la gestion des hôpitaux ne dépend pas des municipalités mais surtout des Agences Régionales et donc de l’Etat.
    Le regroupement de certains services peut se comprendre entre Vernon et Evreux à partir du moment où il est générateur d’économies significatives.Je m’interroge sur cette volonté de regrouper les services de chirurgie à Evreux.
    Quand le nombre d’opérations faite par un chirurgien devient trop faible, les coûts de sous-activité deviennent très importants et un chirurgien qui opère souvent a une meilleure maîtrise de son art que celui qui fait certains actes trop rarement.
    Par contre, je trouverais anormal que l’hôpital de Vernon soit sacrifié sur l’autel du manque de rentabilité de l’hôpital d’Evreux qui a été surdimensionné puisqu’il est capable d’accueillir sur le plan des locaux la totalité des activités de chirurgie faites dans le département dans certains domaines ( y compris celles pratiquées dans les 2 cliniques d’Evreux). Cette volonté hégémonique est d’autant plus inquiétante que la majorité des patients qui se font opérer à Evreux le sont dans les cliniques et pas à l’hôpital, ce qui est la garantie d’une certaine reconnaissance de la qualité de ces établissements par la population et les médecins de ville.
    A partir du moment on on ne peut pas financer sans limite les dépenses de santé, il est certain qu’un établissement privé qui à niveau de service et de qualité équivalent soigne ses patients par exemple 20% moins cher qu’un établissement public rend de fait un plus grand service à la population qu’une structure publique.
    Bien sûr, la question des hôpitaux pose la question de l’importance de la proximité géographique et sur ce point il s’agit bien sûr de bien observer ce qui se fait à Vernon et de mener un débat public à ce sujet en en abordant tous les aspects.
    Enfin, en raison de la politique menée vis-à-vis du corps médical depuis des années ( avec le numérus clausus notamment), il est de plus en plus difficile de trouver des chirurgiens et des structures sont amenées à cesser leur activité faute de (chirurgiens )combattants.
    Le recours aux médecins étrangers montre ses limites. Il a permis à l’hôpital d’avoir une main-d’oeuvre de qualité à un prix concurrentiel puisque la loi était faite justement pour les orienter vers les hôpitaux, mais là aussi le “marché” des chirurgiens ” se mondialise et la France n’est pas le seul pays à vouloir attirer des médecins étrangers.
    Si les Français ne se détournent pas des études de médecine, ils se détournent du métier de chirurgien, ce qui est grave pour notre avenir
    J’en reste là pour aujourd’hui.

  4. José Alcala 6 janvier, 2012, 16:54

    @ Jacques Lagarde
    Je ne pense pas que le droit, (le vrai) puisse souffrir d’abus. Vous semblez le déterminer par rapport à l’utilisation que certains en font. Le droit est une vertu qui contribue à la dignité de l’homme. Il n’est pas un cadeau offert avec condescendance par le “puissant”, au “faible”, pour prendre une image parlante…..
    Pour le droit à l’école et à la Santé, il serait trop long, ici, d’en faire une analyse de fond et de forme. Mais si le vous lis bien, je pense que vous attendez avec une certaine impatience le temps où, sinon vous-même, vos descendants n’auront plus à disserter sur la chose. Il devront payer jusqu’au col le droit d’être en bonne santé et s’il n’ont pas d’argent, ils emprunteront, comme aujourd’hui pour un appartement ou une maison.

  5. Jacques LAGARDE 6 janvier, 2012, 13:20

    Il y a souvent un abus du mot droit qui recouvre en fait deux notions d’apparences voisines mais en fait différentes : ce sont les mots Droit et Pouvoir
    Pour faire simple aussi, avoir le droit de s’exprimer librement, de voter relève d’une conception démocratique que l’on souhaiterait universelle et qui pourrait l’être puisque ces droits ne coûtent rien. Les paroles ne font pas l’objet d’un financement.
    Et il y a les autres droits ( par ex le droit à l’école et dans le cas qui nous intéresse le droit à la santé). L’exercice de ces droits suppose un pouvoir qui est celui de pouvoir financer le système en question (école, santé ).
    Le droit à l’école gratuite par exemple c’est un droit qui résulte d’un pouvoir qui est celui de financer la construction et l’entretien des écoles et le salaire des maîtres via l’impôt.
    Même si la liberté d’expression a et doit avoir des limites ( contre la diffamation par ex), elle n’est pas soumise aux limites du financement des dépenses de santé.
    Ce sont des notions que l’on a oubliées pour l’école et la santé car ces droits se sont mis en place à une époque où les dépenses de santé et d’éducation n’avaient pas atteint un seuil financier les rendant difficiles à financer.
    Aujourd’hui pour des raisons diverses, ce droit à la santé bute sur des limites, car la santé n’a jamais été gratuite. Comme son financement a reposé longtemps essentiellement sur les cotisations sociales ( ce qui est de moins en moins vrai ), on a eu tendance à en oublier le coût.
    Comme on le dit souvent, la santé n’a pas de prix, mais elle a un coût

  6. José Alcala 6 janvier, 2012, 08:37

    @Jacques Lagarde
    Si l’on suit bien l’actualité sur le vaste sujet de la Santé, et au-delà de la situation locale de l’hôpital de Vernon, vous aurez remarqué que deux logiques s’opposent. Celle qui consiste à conserver le système (encore) actuel. Il élève la Santé comme un droit pour tous, donc déconnecté du principe de marchandisation, pour faire simple. L’autre logique indique que le temps de la gratuité des soins est révolue et que les français doivent être pris en charge différemment. C’est donc un choix.

  7. Jacques LAGARDE 5 janvier, 2012, 22:16

    Quels sont les liens entre les dificultés de l’hôpital de Vernon et la loi Bachelot ?

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