Vernon, le journal local lance un appel

Vernon, le journal local lance un appel

Le Démocrate Vernonnais a offert son édition de ce jeudi 11 juillet. Le journal a été distribué dans toutes les boites aux lettres et titre en couverture “offre exceptionnelle. Abonnez-vous pour seulement 12 €. Évidemment, la signification de cet appel concerne l’état de santé économique du journal. La baisse des ventes et des abonnements devient catastrophique pour la presse en général et les hebdomadaires locaux ressentent plus fortement la désaffection des lecteurs. Un grand dommage.

La presse écrite c’est aussi des emplois et des charges. Des journalistes qui tentent de décrire la vie quotidienne des français, relater les informations et les évènements locaux, rapporter la vie des associations, des services publics et interroger les élus sur les projets à venir. Un travail parfois ingrat lié à la relation avec des élus et des politiques. Ces derniers n’ont pas toujours un regard sympathique envers ces “emmerdeurs” qui posent des questions dont on se demande où ils vont les chercher. Bref, un métier un peu à part.

Concurrence directe

A Vernon, le Démocrate souffre d’une concurrence réelle, avec le bimensuel de la ville VernonDirect qui offre gratuitement “l’Actualité de votre ville tous les 15 jours”. Le journal est distribué partout par les services de la ville. Il est plutôt bien ficelé, en couleur, avec des textes courts et bien appuyés, l’ensemble illustré de photographies en couleur. C’est vrai, la ligne éditoriale s’apparente davantage à de la communication qu’à du journalisme. Cette différence, détectée uniquement par les journalistes, ne gêne aucunement les lecteurs. Alors oui, les vernonnais ont, probablement, fait l’économie de 5,6 € par mois en n’achetant plus le Démocrate. Un autre élément, qui a pu contribuer à la baisse des ventes du journal, est le renouvellement de la population au fil des années. Aujourd’hui, les habitants de moins de 40 ans n’ont pas la même approche que les plus anciens avec Le Démocrate qui était une véritable institution. L’hebdomadaire fut lancé au lendemain de la guerre par Guy Montourcy et Georges Azémia. Le journal avait atteint au tournant des années 50-60 11 000 exemplaires. Les temps changent, mais le journal a-t-il vraiment changé dans son concept et ses contenus ?

Les contenus peuvent et doivent évoluer

L’époque du numérique, des réseaux sociaux, des télés en info-continu, ont bouleversé la donne. Aujourd’hui, est-ce bien pertinent de relater des informations, une semaine après, déjà relatées directement par Facebook et Twiter ? Que faire des fêtes locales à gogo, des visites et revisites de châteaux médiévaux, des articles sur les affaires de tribunaux ressassées chaque semaine; des expos de peintures dans tous les coins du département, de ces innombrables bénévoles que se retroussent les manches et même de cet “entraineur qui filmait les joueuses sous la douche”. De petites affaires peu ragoutantes qui n’apportent rien dans l’information. Alors oui, il y a une part de responsabilité dans l’essor économique d’un journal. Certes, les journalistes n’en sont pas responsables. Il ne font que suivre la ligne éditoriale édictée par les patrons de presse. Ce sont eux qu’il conviendrait de recycler ou les inviter à changer de métier. Les journalistes, professionnels de l’information, de demanderaient pas mieux de s’atteler à des sujets d’investigation, des enquêtes sur la politique locale, des interviews tatillonnes destinées à y voir plus clair dans certaines décisions etc..

En attendant, prenons acte de l’offre du Démocrate Vernonnais. Pour ceux qui ont cessé de l’acheter, ( 1,40 € le numéro) il leur est possible de s’abonner pour 3 mois pour la modique somme de 12 €. Ce serait un bon geste qui permettrait au titre de continuer d’exister. La presse ne doit pas mourir.

Les chiffres

Pour l’exercice 2018, le Démocrate Vernonnais s’est vendu, sur l’ensemble de l’année en diffusion payée en France à 3 008 numéros en moyenne hebdomadaire. S’ajoutent les éditions numérique, 23 par semaine et les ventes envers les pays étrangers. Ce qui totalise 4 417 journaux vendus. Il faut ajouter 350 exemplaires distribués gratuitement chaque semaine. (source, ACPM-OJD)

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