Vernon, des cancers prolifèrent

Vernon, des cancers prolifèrent

Cette information peut provoquer des frissons. Lors de la signature du Contrat local de santé, le docteur Philippe Cléry-Melin a donné des précisions quant à la surmortalité sur l’ensemble du territoire de la CAPE. Sur Vernon et sa périphérie immédiate, les cancers du sein et du colon-rectum sont de  38% plus élevés que la moyenne nationale. C’est catastrophique si rien n’est fait pour en découvrir les causes. Le cancer du poumon se porte bien aussi, malheureusement, ainsi que les décès liés à l’alcoolisme et aux suicides. Photos: Philippe Cléry-Melin et images d’illustrations.

Avec cette nouvelle peu optimiste, peut-on avoir envie de quitter la région de Vernon, ou d’y venir vivre? On n’en est pas à ce stade, mais la réflexion s’impose. Pourquoi à Vernon les cancers du sein et du colon sont de 38% plus élevés que la moyenne cancer colonnationale? Le docteur Cléry-Melin, vice-président de la CAPE et rapporteur du dossier sur le contrat local de santé, se pose, plus que d’autres, la question. Dans son discours prononcé jeudi dernier, il a évoqué la problématique santé sur le territoire. Il n’a pas précisé ce taux de +38% lors du discours, mais l’a révélé à Caméra Diagonale, ensuite, en préparant l’Interview. Philippe Cléry-Melin se gratte la tête, “Sur Vernon, il n’y a pas d’usines polluantes qui rejettent des substances, il n’y a pas de pollutions déclarées, alors pourquoi cette surmortalité liée à des cancers? Oui, pourquoi?

Son intervention a été riche de détails sur l’état des lieux du territoire de la CAPE “… Deux diagnostics ont été précédemment conduits par le réseau santé:

En 2008: diagnostic de santé publique des quartiers des Valmeux, Blanchères, Boutardes.cancer sein

En 2010: diagnostic local de santé du réseau local de promotion de la santé de la Communauté d’Agglomération des Portes de l’Eure; indicateurs sociaux, état de santé et offre de soins mené conjointement avec l’ORSS de Haute-Normandie….; des disparités au sein du territoire de la CAPE: le nord étant une zone en surmortalité générale et prématuré (zone Vernon et alentours immédiats, + 38%, NDLR) alors que le sud est une zone ayant une mortalité comparable à celle observée au niveau national; une surmortalité pour l’ensemble de la CAPE (types de cancers cités plus haut, NDLR); une offre de santé déficitaire avec une densité médicale très faible et inférieure aux moyennes régionale et nationale; des inégalités sociales de santé selon les zones prioritaires (ZUS et Nord de la CAPE); des disparités qui apparaissent dès l’enfance (bilan Grande Section Maternelle), un taux significativement supérieur d’obésité infantile, de surpoids, de caries non soignées et de troubles du langage repérés chez les enfants vivant en ZUS; une prévalence du diabète plus importante; une consommation excessive d’alcool avec une préoccupation pour les jeunes; des indicateurs défavorables en matière de lutte contre le suicide, en lien avec la consommation d’alcool, la santé mentale, le milieu socio-professionnel…; une évolution défavorable des comportements nutritionnels; un renoncement aux soins, plus marqué….

Le territoire retenu pour le plan local d’actions est le territoire de la CAPE avec un focus sur les zones où les indicateurs socio-économiques et les indicateurs de surmortalité prématurée et de mortalité évitable sont les plus défavorables, ces zones étant définies sur la zone géographique allant de Vernon à Gasny et une attention particulière est portée sur les territoire situés dans le champ de la politique de la ville.

En effet, les inégalités sociales de santé sont importantes sur le territoire et les personnes en situation précaire cumulent les facteurs de risques et présentent des pathologies à un stade plus avancé que les autres”.

Ainsi, toute la chaine sanitaire est à revoir dans le secteur de Vernon. C’est une alerte, suivie de propositions et actions futures qui se met en place, sous la conduite de Monsieur Cléry-Melin.

Atmosphère, vous avez dit atmosphère?

Du pain sur la planche pour le vice-président de l’Agglo, les responsables du Département, de la CAPE et de l’Agence Régionale de Santé. L’urgent est de définir les raisons de la surmortalité des cancers du sein, du colon et aussi du poumon. L’air de la région de Vernon est-il vraiment respirable au point de ne présenter aucun danger?  Pas de réponse instantanée, mais il pourrait y en avoir une…un jour.

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Comments

  1. Jean-Paul Garcia-Sanchez 8 juillet, 2016, 13:25

    @ FDEFDG27
    Ce médecin ne demande pas de subvention, il n’est pas président d’association, mais vice-président de la Cape chargé de la santé. Ce que vous appelez “subvention” est un financement du département, de la Cape et de l’ARS, destiné à la mise en place de structures sanitaires pour faire face au déficit, en la matière, de l’agglomération de Vernon. Le docteur n’essaie pas de faire peur. Il établit un diagnostic précis de la situation.
    Ensuite, vous “confirmez” qu’il fait aussi bon vivre sur les bords de Seine que sur les bords de la Loire, du Lot et du Rhône. Mais sur quelles réalités vous affirmez cela?

  2. FDEFDG27 8 juillet, 2016, 11:41

    Ce médecin est vraiment un bon communiquant pour obtenir une subvention la plus élevée possible: la peur et un argument qui fait mouche! ….et je confirme qu’il fait aussi bon vivre sur les bords de Seine que sur les bords de la Loire, du lot, du Rhône etc…..

  3. Henri Clément 8 juillet, 2016, 10:44

    Merci pour ce sujet rarement traité.
    La donnée statistique en exergue (les +38% de + que la moyenne nationale) est évidement frappante, a le mérite d’inciter à s’informer. Mais, posée isolément, est peu signifiante, peu informative.
    Il faudrait comprendre comment ce chiffre est élaboré pour comprendre comment le comparer avec des contextes comparables : celui d’autres agglomérations, d’autres “bassins de vie”.
    Ces données ne sont pas aisées à trouver.
    N’oublions pas que la Cape, construction politico-administrative conjoncturelle, est un niveau de décision et d’action, mais est-elle un niveau d’observation et de mesure sanitaire, épidémiologique,
    plus généralement sociologique probant ? Évidement non : la santé – et la maladie – n’a pas de frontière administrative. Difficile dès lors d’apprécier l’info pour le citoyen comme pour l’élu.

    Partant de là y a t-il à rechercher des causes locales de type environnementales ou sociologique propre à Vernon ? rien ne le dit. Il peut s’agir de croisements de facteurs partiellement extérieurs au territoire lui-même, ou même… d’un biais de mesure.

    Donc Monsieur Cléry Melin aura raison d’informer, de problématiser posément sans brandir des chiffres alarmants associés à un mot aussi anxiogène que “cancer”.
    @Mme Sylvie M :
    La santé publique n’est-elle pas une chose trop sérieuse et trop complexe pour être traitée par la “communication” !
    La pénurie criante et organisée de médecins généralistes est surement un premier point d’entrée aux problèmes.

    Et puis, on est un peu lassé de lire des rapports sur le thème incantatoire des “inégalités” comme :
    “les inégalités sociales de santé sont importantes sur le territoire et les personnes en situation précaire cumulent les facteurs de risques et présentent des pathologies à un stade plus avancé que les autres”
    Belle lapalissade, autant dire que 2+2=4. On se fait plaisir à le dire, et après ? Après rien.

  4. Sylvie M 7 juillet, 2016, 18:03

    Pourquoi les autorités ne communiquent-elles pas sur la situation? Notamment sur des actions qui seraient, ou pourraient être menées. L’information divulguée par le docteur CLERY-MELIN est très sérieuse et concerne l’ensemble des habitants de la région.

  5. Yannick 7 juillet, 2016, 10:01

    Très inquiétant!

  6. Zébulon 6 juillet, 2016, 15:41

    Triste constat. Par contre il serait intéressant de savoir combien de patients bénéficient du plan de prévention des dépistages gratuits du cancer du sein, du cancer colorectal? Les assurés sociaux reçoivent-ils tous les documentations les invitants à se faire dépister ? Les médecins traitants le font-ils systématiquement ? Quel est le nombre de patients ne faisant pas les tests ?

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