Val-de-Reuil, vue imprenable sur la gare

Val-de-Reuil, vue imprenable sur la gare

Non, Caméra Diagonale ne se transforme pas en agence immobilière. Mais il existe des offres qui retiennent l’attention, de l’information. Ainsi, à Val-de-Reuil, un champ de blé, situé à 300 mètres de l’entrée de la gare, va devenir terrain constructible pour plusieurs dizaines de maisons particulières. Un panneau publicitaire vante prix et situation géographique. Le promoteur a bien senti la tendance qui consiste à lotir sur des parcelles proches des gares. Un nouvel Eldorado s’amorce. Vidéo de situation:

La gare de Val-de-Reuil termine ses travaux de réfection. L’édifice en avait grandement besoin. Le point noir était l’inaccessibilité pour les personnes handicapées. Il est aujourd’hui résolu grâce à l’installation d’un ascenseur extérieur. La façade de la gare, aussi, a été revue et l’intérieur réaménagé. Le parking  ressemblait davantage à un dépôt anarchique de véhicules. Son réaménagement est plutôt réussi, même si le bitume reste à la mode, malheureusement. L’espace a été élargi et organisé avec des couloirs de circulation. L’ensemble est plus aéré et moins repoussant

Somme toute, cela reste une gare et un grand parking. Comme lieu de vie, cela se discute. Un promoteur voit le contexte différemment. Construire un lotissement juste en face la gare ne lui pose aucun problème technique et surtout humain. Pour lui, il s’agit de proposer à des usagers de la SNCF, qui vont travailler chaque jour à Paris et Région parisienne, de vivre près de la gare. Très près, à 300 mètres environ. Décor bucolique toute l’année. Une gare et son parking, cela peut avoir son charme, doit-il penser. Ajouter à cet ensemble, un immense ballet de voitures venant se garer chaque matin entre 6h et 9h, pour les principaux trains et le soir à partir de 17h jusqu’à 21h environ. Sans compter les trains intermédiaires. Au niveau du bruitage musical, le grand ensemble orchestral des trains Intercités viendra relayer les convois de marchandises, opérationnels la nuit….

Côté prix, c’est presque offert avec 43 500 € la parcelle de 329 m2, jusqu’à 712 m2 qui devrait avoisiner les 70 000 €. La construction de la maison n’est pas en reste. Sur 329 mètres carrés, quel type de maison? Probablement pas plus de 85 m2. Le prix de la construction? La pancarte ne l’indique pas. Pour un spécialiste de la question, le lot plancher devrait avoisiner les 200 000 € et le plus élevé proche des 300 000 €.

Il y aura des volontaires prêts à faire la sacrifice pour se rapprocher de leur lieu de travail. Pardon, du train qui les mènera au travail!

Categories: Eure

Comments

  1. Zébulon 5 septembre, 2016, 18:23

    @Marc-Antoine Jamet, Effectivement Zébulon il y a et comme le souligne José Alcala “je reste sans voie” dans mon billet est voulu. « Rester sans voiE » pour un train est très handicapant et là heureusement nous somme sur la même voiE qui n’est pas une voie de garage ! Je suis d’accord avec vous lorsque vous déclarez “quant aux nombres d’emplois créés dans l’agglomération, si chacun, comme on dit, en avait fait autant…” J’ai été locataire Rolivalois de 1985 à 1998. Pour des raisons familiales, de taxes, d’incivilité à l’époque j’ai pris une autre voie en devenant propriétaire mais sur une voie différente. Force est de constater que beaucoup de progrès ont été fait aussi bien dans le logement, le scolaire, la culture, le sport, le social,transports, gare SNCF, etc. Malheureusement il y a peu d’entreprises, de grandes surfaces spécialisées qui se délocalisent de Paris, de l’Île de France ou d’ailleurs pour venir s’installer à Val de Reuil. Il y a bien quelques exemples mais ils ne sont pas nombreux. Pour que les gens s’installent, travaillent, fassent vivre le commerce il faudrait plus d’attractivité en matière d’hôtellerie, de restauration, de boutiques sur place mais la proximité des métropoles voisines, des zones d’activité commerciale n’aident pas au développement local à mon avis mais cela est facile à écrire et plus difficile à réaliser. Il serait intéressant que les Rolivalois puissent aussi trouver des formations, des emplois sur site ce qui est une autre affaire. De plus côté déplacement professionnel il y a une lacune car toute personne travaillant très tôt ou très tard n’a aucun moyen de transports public (bus, train) si elle ne possède pas le permis, de voiture ! Dans ce projet de logement je ne pense pas que les heureux propriétaires, locataires, pour ce prix “modestes” seront en priorité des personnes travaillant sur Paris, Rouen voulant un “petit coin de verdure.” Le seul avantage pour la ville sera la taxe d’habitation et la taxe foncière car je doute fort qu’ils feront vivre le commerce local qui dépanne mais qui est restreint. Loin pour moi de vous accuser de rester sur le quai à ne regarder les trains qui passent.

  2. José Alcala Author 5 septembre, 2016, 14:03

    @ Marc-Antoine Jamet
    Dans l’article il est écrit que le terrain se trouve à 300 mètres de la gare et non à 100 mètres..
    Pour Zébulon, il aura, s’il le souhaite, la possibilité de répondre. Si je le comprends bien le “sans voiE” est un jeu de mot. Il écrit le E en majuscule, jouant sur voix et voie…
    Sur le lotissement en face de la gare, car géographiquement c’est une réalité, ce que je trouve, à titre personnel, scandaleux, est le profit du promoteur. Voilà un terrain agricole qui va être vendu, après viabilisation, à un malheureux gogo, 43 500 € la parcelle de 329 m2. C’est le prix à payer pour avoir le droit d’habiter près d’une gare, à 100 kilomètres de son travail. C’est très choquant et je ne suis pas socialiste.

  3. Marc-Antoine JAMET 5 septembre, 2016, 13:23

    A cette question simple, réponse encore plus simple.

    Ce lotissement n’est évidement pas à 100 mètres de la Gare, pas plus qu’on ne la verra depuis sa cuisine ou sa chambre, puisque la zone de PPRI (inconstructible) entre la voie ferrée et la Ville est beaucoup plus large et que l’Eure ainsi qu’un parc s’étendent devant le nouveau quartier. Il suffit d’aller à l’éco village des Noés, immédiatement voisin, déjà fini et dans la même situation, dont les appartements et maisons se sont arrachés, pour – d’un coup d’oeil – comprendre comment tout cela s’agence plutôt bien.

    A un premier post et pour ne pas critiquer votre lectorat, j’avais omis de signaler à Zebulon, puisque Zebulon il y a, que “rester sans voiE” pour un train est très handicapant.Quant aux nombres d’emplois créés dans l’agglomération, si chacun, comme on dit, en avait fait autant…

  4. José Alcala Author 5 septembre, 2016, 13:08

    @ Marc-Antoine Jamet
    Il n’est pas question ici d’une quelconque détestation de votre ville. Dans le premier paragraphe du post, les efforts réalisés dans la réfection de la gare sont salués. Non, il s’agit du choix géographique, du promoteur, pour la construction d’un lotissement. Tout est dit dans l’article. Que le terrain en question se trouve à 100 mètres “d’un des plus théâtres de Normandie”, est une notion de qualité de vie un peu courte. Les futurs habitants du lotissement auront-ils une vue sur le théâtre ou sur la gare? Énumérer les beaux décors d’alentours pour justifier la vie en face d’une gare me parait également léger. Depuis 1850, on ne construit pas près des gares, mais on a construit des gares près des habitants. Regardez bien ces villes fondées bien avant 1850 et même après. S’agissant de lieux de vie (centre-villes) la situation est quand même très différente.

  5. Marc-Antoine JAMET 5 septembre, 2016, 11:44

    Préliminaire absolu : on peut ne pas aimer Val-de-Reuil. On ajoutera cependant quelques éléments d’information pour être un peu moins abrupt que la description que propose ce post. Ce terrain est à 100 mètres d’un des plus beaux théâtres de Normandie, dans un contexte scolaire très porteur (excellente école), face aux 20 kilomètres de méandres/falaises de la Seine protégés, à côté de l’Eure et d’une base de loisirs, sur un site natura 2000 et une réserve ornithologique, dans un parc écologique… Ainsi le décor sera-t-il plus justement planté. Au passage, il arrive, depuis 1850, que l’on construise près des gares : dans toutes les grandes villes du monde par exemple…

  6. Zébulon 22 août, 2016, 17:03

    je reste sans voie : et dire que certains se battent pour rompre le train train quotidien. Ici la résidence dortoir aura tout à fait droit de cite sauf qu’avec entre 170 et 200 trains par jour je ne sais pas si leurs passages servira de berceuse ! Par contre il ne restera plus qu’à compter les trains pour dormir. Il ne manquerait plus que certains trop fatigués de leur nuit bruyante s’endorment sur le matin pour rater leur train. Bref il serait préférable de créer des entreprises dans l’agglomération afin de voir les gens se sédentariser, consommer, se distraire, faire des activités sportives, culturelles dans le secteur, que de les avoir juste pour dormir. Pour ce promoteur le sommeil a un prix et les volontaires feront le bonheur des cabinets médicaux pour les insomnies !

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