Un dernier mot pour la route: la chute du libéralisme outrancier

Un dernier mot pour la route: la chute du libéralisme outrancier

Il tenait le haut du pavé depuis des lustres. Il montait en pression avec outrecuidance et sans vergogne. Le libéralisme érigé en véritable État dans l’État, vient de subir la juste déconvenue qui l’oblige à en rabattre sévèrement. Fini le roulage de mécanique. Il n’y a plus d’huile pour l’entretenir. Les ultras libéraux, drapés dans leurs oripeaux de droite et de gauche, ont mis les deux genoux à terre. L’État, le vrai-le légitime, leur a permis de respirer encore en leur injectant quelques milliards dans les veines. C’était à faire pour l’économie. Car l’économie régulée et contrôlée est l’essence même d’une Nation démocratique et républicaine. Photo d’illustration: il n’y a pas de fumée sans feu

La désinvolture libérale, créée à partir de 1969 par par celui qui devait passer de l’idée à l’acte en devenant Président de la République en 1974, a engendré une extraordinaire imposture sociétale. Giscard avait commencé par l’assassinat du gaullisme, sa bête noire. Il flinguait ainsi le créateur de la 5ème République, avec l’appui de la gauche — libérale— sur le référendum de la régionalisation et de la réforme du Sénat. Il s’évertuait, ensuite, à la mise en place d’une économie libérale, en marge de l’État. Elle allait grossir, s’amplifier, gonfler jusqu’à devenir obèse. Ce fut le début de la désindustrialisation, des délocalisations, de la mondialisation et des opportunités financières avec des actionnariats tout azimut, aboutissant à de l’enrichissement avec de l’argent dormant. Giscard faisait des petits qui devenaient grands. Il frappa au cœur même de l’État avec la mise en place progressive de privatisations. Mitterrand, ensuite, continuait l’œuvre…

Ces privatisations étaient justifiées par les libéraux comme étant une nécessité absolue de désengagement de l’État dans des domaines économiques qui ne lui incombaient nullement. Voyons cela. L’exemple des autoroutes est criant. L’État se lance dans des infrastructures autoroutières destinées à garantir la sécurité des automobilistes et leur permettre du gain de temps et aussi de désengorger les traversées de villes, petites communes et bourgs. Si ce n’est pas de la responsabilité de l’État, alors de qui? Ne pas oublier que la décennie 70, celle où commençait le développement autoroutier, la mortalité par accidents de la circulation atteignait 16 000 morts annuels, en moyenne…Ainsi et depuis plus de 20 ans tous les gouvernements ont cédés les concessions d’autoroute à des groupes privés. Leurs bénéfices nets s’élèvent à, environ, 4 milliards d’euros. Et l’on dit rechercher des financements pour le 4ème âge. L’on voit bien les limites de cet ultra-libéralisme enrobé, de surcroit, d’un cynisme inouï. Si l’on ajoute le traité de Maastricht concocté intégralement par des européistes marchands, alors la boucle est bouclée.

L’Europe des Nations était la seule réponse adaptée, à la fois pour écarter un libéralisme outrancier et ne pas tomber dans un nationalisme autoritaire. De Gaulle l’avait très largement appelé de ses vœux. Aujourd’hui, un virus assassin est venu troubler le jeu des cyniques et des apprentis sorcier du tout-fric. Quel gâchis! Ils se rendent compte, enfin, que sans l’État, ils ne sont rien, zéro, nada!

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Comments

  1. Philippe HACHET 3 octobre, 2020, 14:49

    Cela fait bien longtemps qu’avec beaucoup d’autres nous avions fait cette analyse et avons milité pour une société différente. Nous avons cru en l’écologie; hélas, aucun groupe à ce jour ne s’est montré capable d’assurer son avènement.

  2. Denis 29 septembre, 2020, 21:28

    Bravo José pour ce texte de vérité et de sincérité qui, je vous l’avoue, me surprend par sa justesse. Merci.

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