UMP, Fillon petit joueur de poker


FillonEn mettant le PS et le FN sur le même pied d'égalité, François Fillon joue un petit coup de poker. L'ex social-gaulliste, compagnon de route de Philippe Seguin, est prêt à tout pour coiffer au poteau ses concurrents UMP à la présidentielle de 2017. Son scénario est plutôt bien ficelé, mais la dernière scène pourrait, aussi, lui être fatale. Voici pourquoi.

Le revirement de François Fillon, à propos du Front National, est à la fois un calcul politique et une stupidité dont se rendent parfois coupables certains hommes politiques de premier rang. En condamnant, tout de go, le fameux ni-ni (ni FN, ni PS) l'ancien Premier ministre renie sa culture politique d'homme de droite de tradition gaullienne. Cette nouvelle posture s'inscrit, manifestement, dans une future course à l'Elysée de 2017. François Fillon s'est investi de cette mission pour son propre compte et frappe fort en prenant tous les candidats potentiels de vitesse. Ainsi, après avoir été un adversaire des plus acharnés du Front National, il appelle aujourd'hui à " voter pour le moins sectaire", lors des municipales de 2014, en cas de duel PS-FN. Par cette sortie, François Fillon fait un clin d'oeil à Marine Le Pen et espère un retour de la monnaie, à la présidentielle. A savoir, si au second tour il était opposé à François Hollande, le Front National saurait choisir "le moins sectaire", c'est-à-dire François Fillon soi-même. Sauf que sa proposition ressort davantage de la vulgate que de l'esprit éclairé. Comment, en effet, déterminer et doser le niveau de sectarisme du candidat FN et du PS. Sur quels critères? Et que faire si les deux candidats sont tous deux, ou sectaires ou non sectaires. Quel choix, alors?

Candidature banalisée

A l'UMP, nombreux sont ceux qui rejettent la proposition de l'ancien maire de Sablé, dans la Sarthe. Sa candidature, face à celles qui émergeront dans les mois à venir, semble bien fragile. Le plus critique, ouvertement, a été Alain Juppé. Le maire de Bordeaux, précisément, pourrait surprendre…un jour prochain.

 

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Comments

  1. Henri Clément 16 septembre, 2013, 19:06

    Voilà bien un non-évènement dans un non-parti. Et si calcul il y a il est au plus biliaire.
    Stricto sensu, le sectarisme se manifeste par l’exclusion d’autrui du groupe auquel on appartient. En matière de concurrence démocratique partisane, qui exclu qui d’entre le PS ou le FN ?
    La réponse est claire : le PS comme l’UMP excluent les frontistes au nom d’un front pseudo-républicain fictif et inopérant, et le FN lui, rassemble allègrement de gauche à droite.
    Difficile de dire le FN sectaire.
    Conclusion : François Fillon aimerait être un gaulliste sincère, concédons-lui, mais se trouve bridé dans un parti européiste atlantiste.
    Il se sait débordé par le FN précisément sur le terrain du gaullisme. L’actualité internationale syrienne l’a encore prouvé.
    D’où ce mot de “sectaire” qui n’est qu’un lapsus trahissant sa propre frustration, et exprimant le sectarisme à son en-contre de son propre parti.
    Une question émerge alors : à quelle secte réelle pense t-il plus profondément ? Mais là faut passer à l’arrière cuisine. Un sujet pour l’excellent Zemour çà.
    Bref, à mon sens, il n’y a pas plus de gaulliste à l’UMP que de trotskiste au FN.

  2. Duval Roger 16 septembre, 2013, 13:33

    l’un ou l’autre j’irai aux urnes y compris pour Bruno L, mais mon préféré sera François B

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