UMP, Bruno Le Maire candidat

Bruno Le Maire43 ans, député de l'Eure, ancien directeur de Cabinet de Dominique de Villepin et ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire s'inscrit dans la nouvelle génération de la droite néogaulliste. Après la défaite de son camp au printemps dernier et sans renier sa propre participation, il estime nécessaire une rénovation avec des femmes et des hommes nouveaux. Il est candidat à la présidence de l'UMP.

Il s'était lui-même fixé la barre des 1000 parrainages, fin août, pour prétendre concourir officiellement. C'est fait, avec l'interview qu'il a donné au Figaro.

Les raisons de sa candidature à la tête de l'UMP

Bruno Le Maire la justifie, tout d'abord, par un constat. L'UMP a perdu presque tous les pouvoirs en France et doit se préparer à la reconquête des territoires, en 2014. Rien ne sera possible en 2017 sans gagner 2014. Ensuite, il soumet des solutions déclinées en quatre volets: 1) Union poilitique européenne, 2) liberté d'entreprendre, 3) restauration de l'autorité, 4) renouvellement de notre famille politique. Le député de l'Eure dit être soutenu par une trentaine de parlementaires, mais la campagne pour l'élection du président de l'UMP devrait lui permettre de monter en puissance. C'est le sénateur Gérard Cornu qui dirigera sa campagne interne. Bruno Le Maire précise, également, qu'il s'agit d'une démarche collective et non d'une aventure personnelle.

La ligne politique de Bruno Le Maire au plan européen

Très attaché à l'idée d'une Europe forte, en cela il diverge très nettement avec la tradition gaulliste, Bruno Le Maire propose la mise en place d'un gouvernement économique et d'un ministre européen des Finances, ainsi que des institutions plus claires et plus démocratiques.

Sa vision de l'UMP

L'ancien ministre n'est pas favorable à la création de courants au sein de l'UMP, facteurs, selon lui, de divisions. Il prône un Centre hors de l'UMP et indique la nécessité de redonner la parole aux militants, avec possibilité de référendum d'initiative militante.

Sa position sur une éventuelle candidature de Nicolas Sarkozy, en 2017

Pour Bruno Le Maire, c'est l'ancien Président qui doit décider de cette éventualité, mais c'est à l'UMP de définir comment elle choisira son candidat. Dit autrement, Sarkozy fera ce qu'il voudra, mais seul le Parti aura le dernier mot, parce que le choix se fera par une primaire ouverte.

Copé-Fillon, des duettistes trop exposés et trop flous

L'élection du président de l'UMP ne peut se résumer à un duel Copé-Fillon, souligne encore le député de l'Eure. Derrière ce point de vue l'on peut subodorer nombre de raisons. Le fait est que l'actuel Secrétaire Général de l'UMP et l'ancien Premier ministre n'ont pas fait montre de talents exceptionnels au cours de ces cinq derrières années. Ils ont été des collaborateurs fidèles, sans doute, du Président de la République, mais rien qui a suscité l'enthousiame des foules. Jean-François Copé a, surtout, été un acteur télévisuel à la fantastique langue de bois, dont il a fait son oeuvre principale. François Fillon était sur un registre différent. Le provincial dans l'âme, qui a "la Sarthe chevillée au corps" a quitté cette même Sarthe pour se "cheviller" au 5ème arrondissement de Paris. Ancien gaulliste pur et dur, sous l'autorité, d'abord, de Joël Le Theule ancien député et ancien ministre sous De Gaulle, Pompidou et Giscard, puis de Philippe Seguin, chantre du souverainisme social. Cette orientation n'a pas empêché François Fillon de soutenir Edouard Balladur, à la présidentielle de 1995, contre Jacques Chirac. Du souverainisme au libéralisme, c'est un pas que peut franchir François Fillon sans état d'âme….Aussi, la candidature de Bruno Le Maire se comprend facilement. Le député de l'Eure se tient à une ligne claire, nette et précise. Les militants de l'UMP auront le choix dans la clarté.

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Comments

  1. Le PS n'est pas mort 6 septembre, 2012, 21:18

    Un exemple flagrant de “jeunisme” enragé, avez vous lu l’article sur le dauphin lemairien et non lémurien dans le Démocrate de cette semaine.
    Un exemple de langue de bois comme rarement.
    Qu’en pensez vous monsieur Alcala ?

  2. véronique 31 août, 2012, 22:09

    Bonjour
    entre “jeunisme ” avec compétences et “à peine termine ses études et qui présente encore sa carte au mac do pour avoir des menus djeunes “,il y à toute une différence.
    Il faut arrêter ce lynchage automatique des quadra ou cinqua. ..Parceque l expérience n est pas un gros mot et que nous allons être amenés à travailler plus longtemps. ..
    Et le respect des ses aînés est loin d être mal élevé.

  3. Gugus de Saint-Marcel 31 août, 2012, 09:41

    Alex
    On a du mal à comprendre votre commentaire. Qu’est-ce que le jeunisme vient faire là. A 43 ans, Bruno Le Maire ne peut être assimilé au jeunisme. C’est l’âge où Giscard avait été élu président de la république. De plus où est le droit divin? BLM se présente au suffrage des militants. Ce sont eux qui décident, il n’y a pas de droit divin. Vous êtes sûr ne pas être un sous-marin coco?

  4. Alex 29 août, 2012, 16:10

    Le jeunisme très à la mode ces derniers temps, une aberration de plus en politique.
    Je conçois que comme dans tout domaine, une relève et une passation de “pouvoir” soit légitime et nécessaire mais elle va de pair avec l’expérience et donc une période de transition et d’apprentissage.
    Le jeunisme tel qu’on nous le propose voire impose, est plus de l’ordre de l’intronisation de droit divin sans considération pour les uns et les autres.
    Peu importe l’avis des concitoyens,on agit en seigneur et maître et impose un dauphin quel que soit ses compétences, que dis je son incompétence.
    OUI donc à la RELÈVE mais NON AUX DAUPHIN imposés !
    Et c’est un “jeune” qui vous le dit

  5. William 28 août, 2012, 12:20

    Un intérêt de la démarche de B. Le Maire et de ses “concurrents” est la volonté de renouvellement du personnel politique qui est sous-tendu. N. Sarkozy avait commencé, F. Hollande continue … je crois que c’est bon signe.
    J’espère qu’il en ira de même au niveau local.
    Merci madame Picard, messieurs Destans, Gilard, ou Miraux … laissez leur tour à H. Segura, B. Le Maire, S. Lecornu, et autres J. Bourlet.
    Il ne s’agit pas de dire “place aux jeunes” mais que les “anciens” adoptent d’eux-même une position de retrait dans laquelle ils soutiennent de nouvelles idées de leur expérience. C’est comme cela qu’ils pourront continuer de servir la collectivité.
    Les journalistes locaux y arrivent alors pourquoi pas les politiques 😉

  6. MC 26 août, 2012, 13:07

    Personnellement je ne pense pas que Bruno Le Maire parvienne à réunir les 8000 parrainages.
    En réalité je pense que la barrière est tellement haute que seuls Copé et Fillon la passeront. C’est beau le verrouillage.
    Bienvenue à l’UMP.

  7. ericp27 24 août, 2012, 10:24

    je ne suis pas un spécialiste de la droite, mais vouloir un gouvernement économique européen et un ministre des finances européen, ça me parait tout simplement utopique ou irréalisable. faire une monnaie unique a été quasiment un fiasco, trop de divergences et spécificités entre chaque pays européen, on se sent quasiment tous prisonnier des uns des autres, et trouver une ligne de conduite commune à 27 (sur n’importe quel sujet) semble impossible.

  8. José Alcala 20 août, 2012, 19:53

    @ Patrick Robert
    Votre préférence est tout à fait respectable, pour quelqu’un qui a fait le choix de la droite aux élections du printemps dernier. Je me place d’un point de vue, strictement, d’observateur et je me dois de vous faire observer que NKM a déclaré, en octobre 2011, préférer voter pour le PS que pour le FN, en cas de duel entre ces deux partis. Evidemment, une majorité de militants UMP ne l’entend pas de cette oreille et NKM plafonnera à 10% maximum. Elle ne peux présider l’UMP alors que 52% des militants prônent une alliance avec le FN pour les élections de 2014. Bruno Le Maire est davantage sur la ligne ni FN, ni PS. Aucun candidat à la direction de l’UMP ne s’alignera sur une hypothétique alliance avec le FN. Les militants devront plier sur ce sujet.

  9. Patrick ROBERT 20 août, 2012, 19:03

    Il est vrai que Bruno Le Maire a le profil idéal.
    Comme vous le soulignez fort pertinemment Copé pourrait faire un excellent président de la chambre syndicale de la menuiserie mondiale, tant son art de la langue de bois est consommé, quant à Fillon, il fait plutôt penser à ces gens lisses et “propres sur eux” dont on a oublié dans la minute qui suit ce qu’ils viennent de dire.
    J’ai des doutes sur la capacité de Bruno le Maire à fédérer des militants, le personnage est très hautain et “sonne un peu faux” sous ses airs de gendre idéal.
    Ma préférence va à NKM.
    Il faut une jeune femme pour “réveiller” les papys teinturés de ce vieux parti et lui donner, si j’ose dire, une nouvelle vigueur.

  10. Marie C 20 août, 2012, 17:29

    Enfin une bonne nouvelle !
    On a bien besoin de renouvellement, et surtout à droite !
    BLM Président !

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