Thierry Solère, en prison

Thierry Solère, en prison

Non, le député des Hauts-de-Seine n’est pas en prison il a seulement visité celle de Fleury-Mérogis comme il en a le droit en tant que parlementaire, sans en référer à la Chancellerie. De sa visite, il s’est enrichi d’informations qui l’ont mis hors de lui et s’est, ainsi, fendu d’une lettre à l’adresse du Garde des Sceaux. Thierry Solère a constaté que le terroriste et tueur, Salah Abdeslam, des attentats du 13 novembre à Paris, bénéficie de privilèges, tels qu’une double cellule aménagée en salle de sports, pour son confort personnel.  C’en est trop, depuis ce matin Thierry Solère est en alerte maximum. Explications:

C’est très dommageable pour un député de la République censé connaitre les lois de son pays. Thierry Solère croit avoir tiré une sonnette d’alarme alors qu’en réalité il n’a attiré que l’attention sur sa méconnaissance des règles élémentaires et surtout des raisons profondes qui ont amené l’administration pénitentiaire à encadrer, jusqu’au moindre détail, la détention du terroriste. Nous sommes très loin des conclusions qu’en tire le député LR. Monsieur Solère aurait pu, avant de s’embarquer dans une démagogie inutile, prendre conseil auprès de ses collègues députés. Il est certain que Bruno Le Maire, dont il est proche, lui aurait conseillé de s’abstenir d’une idiotie aussi énorme.

D’abord, la pratique du sport dans les prisons est dans la loi. Les détenus, quels qu’ils soient, doivent pratiquer l’exercice physique indispensable à la santé. Dans le cas du terroriste Abdeslam l’explication d’une salle de sport pour lui seul est justifiée par le sort même qui lui est réservé. En effet, l’État, la Justice, la police et surtout les familles des nombreuses victimes veulent un procès. Si les responsables de l’État et de l’administration pénitentiaire l’avaient incarcéré parmi les autres détenus, Abdeslam ne serait, probablement, plus de ce monde. Soit, il se serait suicidé, soit d’autres détenus s’en seraient chargés. Ce n’est pas une affirmation à 100%, mais le risque demeure important. Une hypothèse qu’il fallait écarter au maximum. Alors oui, la surveillance ne pouvait souffrir de légèreté ou de failles. Une cellule et un local de sport dédiés à un seul détenu n’est pas un luxe comme le laisse entendre le député Solère, mais un aménagement spécifique dans l’intérêt général et certainement pas pour ménager la personne du tueur. Le sport est aussi l’un des moyens de maintenir Salah Abdeslam en sécurité. Que peut faire un individu, qui ne tient pas à vivre absolument, s’il était livré à lui-même?. Au bout du bout, ce qui compte est la tenue du procès et les autorités s’en donnent  les moyens.

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Comments

  1. Marc De Lestrin 7 juillet, 2016, 17:57

    Ce que vous expliquez me parait d’une logique implacable. Mais peut-être pourriez-vous demander à ce député combien il coûte chaque mois à la société pour exprimer de telles inepties. C’est une vraie question.

  2. Zébulon 6 juillet, 2016, 10:27

    un quartier d’isolement n’a rien à voir avec les autres condamnés en détention pénitentiaire. Les prisons quatre étoiles n’existent que dans les films et si certains ont une télévision ils la louent avec l’argent de leur cantine comme ils achètent savon, dentifrice, café, enveloppe avec leurs finances. L’administration pénitentiaire a l’obligation de fournir une activité sportive aux détenus entre autre. Les prisons françaises mériteraient à être revues : cellule individuelle, plus plus de moyens techniques de protection, de surveillance, etc. La Cour Européenne condamne la France pour le non respect de certaines règles : reste à trouver les finances pour appliquer les normes en vigueur !

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