Télévision, le mélange du Privé et du Public

Capture d’écran 2011-10-29 à 19.21.42Nouvelle rubrique autour de la Télévison et des Médias. Les coulisses de ces lieux où l'on décide, choisi et met en scène. Pour ce premier sujet, la polémique sur le choix, par Nicolas Sarkozy, des deux journalistes qui l'ont interviewé, jeudi soir, conjointement sur la plus grande Chaine privé et la plus importante, publique et une Société de production du "Groupe Lagardère Active".

Protestations de syndicats de France Télévisions et critiques acerbes des médias écrits, à propos de l'intervention télévisée du Président de la République. Deux décisions très commentées, à la base. En premier lieu le choix du système de production. "Comment, arguent les syndicats, France Télévisions peut accepter l'intervention d'une société de production privée, en l'occurence la société Maximale Production du groupe Lagardère Active, pour réaliser l'interview de Nicolas Sarkozy? Il convient, avant de s'emballer, d'expliquer les choses au plan du droit et de la réglementation en cours. La télé publique, depuis la loi d'Août 1974, appliquée au 1er janvier 1975, a recours aux sociétés de production, privées. Une situation, née de cette loi, qui mettait fin au monopole de l'ORTF, lequel produisait à 100% l'ensemble de ses programmes, via la Société Française de Production. Cette dernière resta dans le giron du public durant plusieurs années encore, pour être vendue ensuite au groupe Bollorée. Ainsi, aujourd'hui, l'ensemble des chaines du service public ne produit plus ses programmes à 100% en interne, excepté l'information. L'exemple de France 5 est très révélateur de la situation. Cette chaine n'emploie que des salariés administratifs. Toutes les émissions sont produites par des sociétés privées. France 5 n'est que le commanditaire et responsable d'une grille de programmes. France2 et France3 emploient toujours des professionnels de la télévision, mais pour les programmes d'information: journaux télévisés, magazines, plateaux de débats. Pour le reste, ces chaines conservent la maitrise de la grille et sont producteurs ou coproducteurs de téléfilms, séries, émissions de variétés, documentaires, mais la fabrication est sous-traitée. Alors, ce qui s'est passé à propos de l'interview de Nicolas Sarkozy est simple. TF1, chaine privée et France2, chaine publique, ont décidé de diffuser l'émission. Il fallait donc s'accorder sur celle qui assurerait la production. D'un commun accord, le choix a été de la confier à une société extérieure, qu'elles connaissent bien, les chaines conservant la maitrise d'oeuvre et la diffusion simultannée. Il n'y a aucune anomalie dans le principe. La question peut se poser davantage sur le choix de la Société. Ce fut Maximal Production qui travaille pour les deux chaines, à la demande. TF1, sur de multiples projets de fictions, documentaires et divers magazines et France Télévisions également. L'excellente émission d'Yves Calvi, C' dans l'air, sur France5 est produite par Maximal Production sous la direction de Jérôme Bellay. C'est vrai, elle appartient au groupe Lagardère. Mais si les chaines, publiques et privées travaillent avec le groupe, c'est parce qu'elle doivent y trouver des intérêts économiques et qualitatifs. La seule réserve qui aurait pu être faite, est le choix par le Président de la République, des deux journalistes. Effectivement, ce n'est pas à un politique de choisir son intervieweur. Il faut s'en émouvoir. Ceci précisé, Calvi a questionné le Président sans langue de bois et Pernaut n'a pas disqualifié la profession.

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