Télévision. Le CSA serait-il une structure de type soviétique?

Télévision. Le CSA serait-il une structure de type soviétique?

Le groupe TF1 va devoir fermer sa chaine d’information, LCI. Ce seront 247 salariés, techniciens et journalistes, qui iront au tapis. Ainsi en a décidé le CSA en refusant à la chaine de s’intégrer dans le bouquet gratuit de la TNT. La raison officielle: ne pas déstabiliser économiquement la concurrence, c’est-à-dire les deux autres chaines tout-info, BFM-TV et i-télé. Drôle de pays qui laisse une instance de régulation se mêler de d’économie alors que tel n’est pas son rôle. L’on pensait que la libre concurrence ne pouvait que stimuler, précisément, l’économie et l’offre télévisuelle. Le CSA ne devrait-il pas regarder, comme son contrat l’y oblige, le contenu des programmes et jouer son rôle d’arbitre au lieu de décider de l’économie de sociétés privées. L’ex régime soviétique n’agissait-il pas de même?. Photo: Olivier Schrameck, président du CSA

Le PDG du groupe TF1, Nonce Paolini, n’en revient pas. L’homme est plutôt discret, il ne s’exprime que très rarement. Sur sa chaine, TF1, il n’a pas vociféré. Simplement exprimé son étonnement, “en vertu de quoi le CSA interdit la concurrence?“. Tout est dit en une phrase. Eh oui, qu’est-ce cette structure d’Etat, aussi respectable qu’elle soit, qui intervient dans le débat économique? Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel n’est pas dans son rôle. La télévision est un divertissement, un outil d’information et un marché. L’équilibre de l’ensemble est basé sur la liberté de produire et d’émettre. Cet équilibre se réalise aussi par la présence d’un service public fort et de sociétés privées. L’offre de programmes est ainsi dans les pays démocratiques. L’économie c’est l’affaire d’entrepreneurs et non d’une structure d’Etat comme le CSA. Ainsi, pour, sois-disant, protéger la survie économique de la concurrence, le CSA prend le risque de voir disparaitre une partie d’un groupe audiovisuel et d’ajouter, dans la foulée, 250 salariés  sur la liste des chômeurs. La libre concurrence voudrait que si une chaine tout-info était de trop dans le paysage audiovisuel, c’est aux téléspectateurs d’en décider et non à Monsieur Schrameck, le président du CSA et quelque-uns de ses membres, par ailleurs ex-journalistes de chaines concurrentes du groupe TF1.

Si la Cour de Justice Européenne était sollicitée…?

Crédit photo, CSA

Categories: France

Comments

  1. vaccin 1 août, 2014, 09:35

    je pense à tous ces magasins d’habits qu’on a créé un peu partout et qui vivotent péniblement… après tout les patrons sont rois…

  2. José Alcala 30 juillet, 2014, 20:25

    @ vaccin
    Oui, actuellement LCI est sur un bouquet payant, mais probablement que les abonnés manquent. Ce qui fait que les annonceurs publicitaires ne doivent pas se précipiter pour acheter des espaces. Donc perdant-perdant pour LCI. Si la chaine passait sur la TNT gratuite, il y aurait beaucoup plus de téléspectateurs, donc une cible plus importante pour les annonceurs qui achèteraient davantage d’espace et c’est du gagnant-gagnant pour la chaine.

  3. vaccin 30 juillet, 2014, 19:07

    LCI chaine payante a des difficultés financières… et elle veut être gratuite ? Qui va payer maintenant ?

  4. vaccin 30 juillet, 2014, 16:25

    cette histoire est curieuse : la chaine LCI (payante) n’a pas assez d’argent pour continuer à émettre donc il faut qu’elle soit gratuite ??

  5. Zébulon 30 juillet, 2014, 15:28

    La question est excellente : pourquoi le CSA prend cette décision qui n’est pas de son ressort ? Il faut peut-être fouiller un peu plus en profondeur. En effet les grands groupes de presse audiovisuels qu’ils soient publics, privés sont dirigés par des groupes financiers avec à leur tête des hommes qui sont d’orientation politique connue de tous. Alors refuser que LCI entre autre deviennent gratuite sur la TNT ne serait-ce pas une sanction vers un des grands patrons amis de l’ancien président de la république en la personne de Martin Bouygues entre autre sans oublier le patron de TF1 Nonce Paolini . Il ne faut pas non plus omettre les groupes LAGARDERE, VIVENDI. Cette décision paraît être une sanction politique pour éviter que des grands trusts financiers français ayant une appartenance politique opposée au gouvernement actuel, puisse détenir une main mise majoritaire sur les médias audiovisuels avec leurs multitudes de chaînes gratuites, payants, sur la TNT, le câble, les satellites etc. Alors faut-il en déduire aussi que trop de chaînes d’informations en continue tue l’information ? Est-ce de l’information ou de la communication ? Le débat est loin d’être clos avec tous les recours possibles avec la Cour Européenne des droits de l’homme ! “La guerre” des chaînes de télé déchaîne des réactions en chaîne : espérons que tout n’implosera pas car dans toute cette bataille le jeu des possibles licenciements des personnels est lancé mais n’est ce pas aussi une façon très vicieuse de limiter les charges sociales de ces entreprises en mettant leur menace à exécution? La concurrence est rude avec en plus le multimédia sur les PC, la téléphonie portable, les tablettes, etc. L’enjeu financier est énorme, les actionnaires veulent amortir leurs investissements avec des enjeux politiques importants pour certains ! Bienvenue dans le monde des bisounours !!!

  6. pipole 30 juillet, 2014, 12:23

    c’est TF1 qui est visé!

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