Régions, le clairon de la réforme Territoriale

Régions futuresHollande le propose et les socialistes écoutent la petite musique sur un sujet où d'autres ne cessent de donner du clairon. Ceux qui hier refusaient toute réforme tendant à réduire l'obésité des Collectivités locales, trouvent aujourd'hui l'impérieuse nécessité de le faire. Toutefois, à y regarder de près, il s'agit d'un bien mince changement. De Gaulle, en 1969, avait proposé la réforme du Sénat conjointe à la régionalisation. L'ensemble avait du sens, mais les élus, de gauche et de la droite giscardienne, y avaient vu une manoeuvre contre leur pouvoir, supposé. En réalité, elle leur en donnait davantage.

C'est parti! 15 Régions au lieu des 22 actuelles. La Haute et la Basse Normandie ne deviendraient qu'une, par exemple. Mince consolation. Deux Normandie, c'est évidemment stupide. C'est un jeune énarque de 27 ans qui avait opéré ce découpage, dans les années 50, à la demande d'un ministre de l'époque. Cela n'aurait jamais dû exister. Alors, s'en réjouir comme étant la victoire de la raison est un tantinet exagéré. La Normandie réunie sera encore trop petite, trop faible pour se toiser avec les Régions allemandes. A travers cet exemple normand, c'est l'ensemble des Régions françaises qu'il faut étudier de beaucoup plus près. Les propositions d'Edouard Balladur, dans les années 90, sont étrangement similaires à celles d'aujourd'hui. La bonne mesure, efficace sur tous les points, n'est-elle pas de concevoir 8 grandes Régions dans lesquelles s'insèreraient des Métropoles et des Communautés d'Agglos aux pouvoirs renforcés? Ce n'est réellement pas une affaire de nombre d'élus, mais d'efficacité avant tout. Actuellement, les Régions, départements, Agglos et communes décident de s'octroyer des compétences à souhait. Et l'on voit les multiples doublons dans les domaines de la Culture, transports, développement économique, écologie etc. C'est de l'argent, mais surtout du temps perdu. La complémentarité Grandes Régions-Métropoles-Agglos, avec une rédéfinion très précise des compétences, aurait des effets immédiats sur la rationnalisation des coûts, la qualité des services et la rapidité d'exécution…..

Seulement, trop d'élus, de tous bords, sont encore scotchés à leur pouvoir, qui n'en est pas en réalité, à leurs caprices d'enfants gâtés et à leurs certitudes d'un autre âge.

D'autres, de gauche et de droite, des modernistes, ont compris la nécessité de tourner la page et de coller aux réalités du moment.

La réforme lancée par François Hollande, disons-le, manque de souffle mais c'est un premier pas. Elle va démarrer petitement. A d'autres, ensuite, de transformer l'essai…..

Autre tâche dans le payasge européen: les 36 000 communes françaises. Pour quoi faire? Oui, fusionner Louviers et Val-de-Reuil serait un acte intelligent. Pourquoi conserver Vernon et Saint-Marcel en deux communes distinctes? Il n'y a aucune coupure géographique entre les deux villes. Pourquoi maintenir, dans l'Eure et ailleurs, des communes de 20 ou 50 habitants?

Toucher à cela serait une déclaration de guerre. Qui osera la déclencher?

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Comments

  1. Henri Clément 23 janvier, 2014, 19:24

    @M.Brennetot
    C’est le problème classique de la représentativité.
    Le conseil d’une entité territoriale doit-il offrir une image représentative des territoires variés, notion qualitative complexe, ou des habitants sur le seul critère qualitatif. Le découpage est sensé faire une synthèse des deux.
    Y parvient-il ?
    Même problème dans les intercommunalités avec le poids relatif de communes : les urbains pèsent (et contribuent) finalement toujours plus que les ruraux… et imposent leur vision. Ce qui n’est pas sans inconvénient.
    Quoi qu’il en soit, les systèmes électoraux biaisent la représentativité par bien d’autres tares !

  2. Philippe Brennetot 23 janvier, 2014, 14:20

    anticonstitutionnelle par anticonstitutionnel *

  3. Philippe Brennetot 23 janvier, 2014, 14:18

    * pardon à tous merci de corriger conseillers régionaux par départementaux Merci

  4. Philippe Brennetot 23 janvier, 2014, 13:58

    LES 43 CANTONS DU DEPARTEMENT DE L’EURE
    J’entends, je lis, j’écoute … voilà que certains se trouvent offusqués sur le remaniement des CANTONS !
    L’utilité du redécoupage des cantons ne doit plus être une question mais tout simplement une évidence.
    Tout d’abord nous pourrions considérer que l’élection des conseillers régionaux n’est pas équitable puisqu’elle n’est pas assise sur une même proportion d’habitants.
    Est-il normal que l’on puisse attribuer 1 siège au conseil départemental à un élu qui représentera un canton de 5000 habitants alors que dans le même temps sur un canton d’un même département 1 siège sera attribué à un canton de 21000 habitants ???
    Sachant qu’1 siège à la même valeur alors que la proportion d’habitants est de 1 pour 4 !!!!
    Dans un suffrage universel direct (tel est le cas pour les cantonales) nous pourrions considérer anticonstitutionnelle le vote du conseil départemental puisque la représentation des élus n’est pas en rapport au nombre d’habitants et donc des électeurs.
    Je vous laisse la liste des cantons de notre département de l’Eure (population 2010) vous y remarquez aisément la disproportion du 1 pour 4 qui rend notre conseil non-avenu.
    Canton des Andelys : 18 404 hab – 3,14 %
    Canton d’Écos : 13 796 hab – 2,35 %
    Canton d’Étrépagny : 11 081 hab – 1,90 %
    Canton de Fleury-sur-Andelle : 17 998 hab – 3,06 %
    Canton de Gaillon : 12 065 hab – 2,05 %
    Canton de Gaillon-Campagne : 14 278 hab – 2,43 %
    Canton de Gisors : 19 451 hab – 3,32 %
    Canton de Louviers-Nord : 14 371 hab – 2,45 %
    Canton de Louviers-Sud : 17 180 hab – 2,93 %
    Canton de Lyons-la-Forêt : 4 494 hab – 0,08 %
    Canton de Pont-de-l’Arche : 15 031 hab – 2,56 %
    Canton de Val-de-Reuil : 20 860 hab – 3,56 %
    Canton d’Amfreville-la-Campagne : 15 235 hab – 2,60 %
    Canton de Beaumesnil : 4 959 hab – 0,08 %
    Canton de Beaumont-le-Roger : 13 187 hab – 2,25 %
    Canton de Bernay-Est : 10 624 hab – 1,81 %
    Canton de Bernay-Ouest : 9 269 hab – 1,58 %
    Canton de Beuzeville : 11 985 hab – 2,04 %
    Canton de Bourgtheroulde-Infreville : 13 496 hab – 2,30 %
    Canton de Brionne : 11 525 hab – 1,96 %
    Canton de Broglie : 6 341 hab – 1,08 %
    Canton de Cormeilles : 5 253 hab – 0,09 %
    Canton de Montfort-sur-Risle : 7 447 hab – 1,27 %
    Canton de Pont-Audemer : 19 287 hab – 3,29 %
    Canton de Quillebeuf-sur-Seine : 6 120 hab – 1,04 %
    Canton de Routot : 15 405 hab – 2,63 %
    Canton de Saint-Georges-du-Vièvre : 4 837 hab – 0,08 %
    Canton de Thiberville : 7 178 hab – 1,22 %
    Canton de Breteuil : 9 715 hab – 1,66 %
    Canton de Conches-en-Ouche : 17 064 hab – 2,91 %
    Canton de Damville : 8 203 hab – 1,40 %
    Canton d’Évreux-Est : 21 099 hab – 3,60 %
    Canton d’Évreux-Nord : 27 340 hab – 4,66 %
    Canton d’Évreux-Ouest : 19 445 hab – 3,32 %
    Canton d’Évreux-Sud : 19 531 hab – 3,33 %
    Canton du Neubourg : 12 344 hab – 2,10 %
    Canton de Nonancourt : 11 654 hab – 1,99 %
    Canton de Pacy-sur-Eure : 16 132 hab – 2,75 %
    Canton de Rugles : 7 813 hab – 1,33 %
    Canton de Saint-André-de-l’Eure : 26 234 hab – 4,47 %
    Canton de Verneuil-sur-Avre : 11 488 hab – 1,96 %
    Canton de Vernon-Nord : 17 889 hab – 3,05 %
    Canton de Vernon-Sud : 19 435 hab – 3,31 %
    * le % exprimé sur la population global du département
    Salutations à Tous
    Philippe BRENNETOT

  5. Clément Henri 17 janvier, 2014, 13:54

    Approche un peu à l’emporte pièce, européisme militant oblige ! Mais le sujet est passionnant.
    Évidement quand on veut dissoudre les états-nations pour généraliser le modèle des landers allemands, les régions semblent trop petites, les communes trop nombreuses, les départements inutiles.
    Bref, le problème c’est que la France est la France, et çà, c’est intolérable !
    Ne faut-il pas distinguer la question des régions (entités artificielles) de celle des communes (réalités historiques).
    Les régions ont été volontairement délimitées au mépris des réalités géographiques, historiques, économiques.
    (Les Communauté d’agglo comme la CAPE aussi d’ailleurs)
    Et leur réduction n’ira pas pour le corriger. Mais précisément plutôt pour briser la délicate cohésion nationale.
    Ceci selon un projet récurrent qui remonte à la révolution. A la clef de l’enjeu térritorial, est la menace de l’enjeu linguistique de la Charte des langues régionales et minoritaires prévue pour achever d’éclater l’unité et l’identité française après son économie.
    Donc, rien d’enthousiasmant ni de “moderne” dans ce projet de réforme.
    La nécéssité des économies budgétaires, de la réduction des services en doublons, de réduire l’inflation de fonctionnaires et de rationalisation du millefeuille est un constat probant.
    Mais qui a géré et profité grassement de cette hypertrophie administrative ?
    Il tout de même ahurissant de vouloir déstructurer un pays au motif de ses propres abus et incompétences.
    Pour ne pas dire de ses propres trahisons.
    Les politiques osent tout, y compris dénoncer leur propres inefficacités pour justifier des réformes !
    Car non, les structures territoriales traditionnelles ne sont pas des archaïsmes perdurants,mais se révèleront à l’avenir beaucoup plus conformes à l’économie post-transition actuelle, aux exigences environnementales, aux circuits économiques futurs, et au développement durable,
    comme aux aspirations sociales émergentes, que le schéma landerisé imposé par l’Union européenne.
    Lequel n’est qu’une mise au norme dirigiste du faux libéralisme mondialiste.
    Evidement cette considération s’appuit sur l’idée que l’économie de croissance est arrivée à son terme, que l’agriculture intensive n’est pas viable, que la ré-industrialisation est vitale,
    la financiarisation de l’economie est toxique, et que l’UE est un échec passager…
    Une vraie vision politique, en fait.
    Penser la territorialité sans penser les échelles des processus vitaux, c’est soigné le cancer par de la chirurgie esthétique.
    Maintenant, oui, Vernon et Saint Marcel gagneraient à être réunies.
    Mais juger les petites communes de France a priori trop nombreuses c’est mépriser la spécificité de la géographie française qui lui vaut d’être un territoire si envié.
    Henri Clément
    Vernon Bleu Marine

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