PS, le retour des coupeurs de têtes


BlochePour qui se prend-il le député socialiste Patrick Bloche pour exiger le départ du PDG de France Télévisions? Ses électeurs l'ont-ils élu pour un remake de 1981, où une petite terreur de l'époque avait exigé les têtes de dirigeants de la télé publique et de journalistes qui n'avaient pas pris le virage de la vague rose. Les vieux démons ont la vie dure, ça promet!

En 1981, après la victoire de François Mitterrand et un raz-de-marée socialiste à l'Assemblée Nationale, le nouveau et frétillant député Paul Quilès lançait à la foule, place de la Bastille, "Il ne suffit pas de dire que des têtes vont tomber. Il faut dire lesquelles et le faire vite". Etaient visés les directeurs des trois chaines de télévision et les journalistes Jean-Pierre Elkkabach, Alain Duhamel et d'autres. Robespierre aux petits pieds, Quilès fait des émules. Trente et un ans après, Patrick Bloche, député de la 7ème circonscription de Paris depuis 1997, en charge du secteur culture-média au Parti Socialiste et membre de la Commission des Affaires culturelles à l'Assemblée Nationale, ne dit pas autre chose. L'homme veut la peau de l'actuel Président de France Télévisions, Rémy Pflimlin. Au fond, Bloche n'a pas grand-chose à reprocher au PDG, lequel préside le groupe audiovisuel avec professionnalisme et sérieux, dans un contexte économique des plus difficiles. Mais Voilà, Monsieur Pflimlin a été nommé, directement, par Nicolas Sarkozy en 2010. Ce n'était pas une bonne idée, il faut en convenir. Aujourd'hui, néanmoins, il serait de bonne augure de le laisser poursuivre jusqu'à la fin de son mandat. Rémy Pflimlin ne rechigne pas à mener la réforme de France Télévisions voulue par le gouvernement. Le contrat, d'objectifs et de moyens, demandé, n'a pas de caractère politicien stricto sensu et les socialistes devraient pouvoir calmer les ardeurs sectaires de leur "Monsieur-média". Ils ont du pain sur la planche, autrement plus important que ces affaires de nominations, y compris dans une entreprise sensible….

Avec Rémy Pflimlin, Jean-Luc Hees Président de Radio-France est aussi sur la sellette.

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Comments

  1. William 11 septembre, 2012, 12:49

    Un certain Lionel J… avait fait en sorte que les grands patrons publics ne valsent plus. Ses successeurs s’y sont tenus jusqu’à ce gouvernement.
    A force de vouloir prendre systématiquement le contrepied de Nicolas Sarkozy sur tous les sujets et toutes les pratiques, ce gouvernement devient aussi brouillon que le précédent mais en sens inverse.
    Le changement … etc.

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