Presse. Le quotidien Paris-Normandie dans la tourmente

PN

Le journal devrait déposer le bilan la semaine prochaine, selon une source syndicale, lors d'un Comité d'Entreprise extraordinaire. Le tribunal de commerce du Havre devrait, ensuite, statuer sur l'avenir du titre. Une bien mauvaise nouvelle pour le pluralisme de l'information.

 

 

Paris-Normandie est une institution. Le journal avait été créé en 1944 par le Conseil de la Résistance pour remplacer "Le Journal de Rouen" jugé collaborationniste pendant l'occupation. Pierre-René Wolf est désigné Directeur Général par les 36 membres de la Résistance qui libérèrent le journal. Le titre deviendra une référence dans l'information régionale durant les 25 premières années. Ses nombreuses éditions, couvrant une partie de la Basse-Normandie, à Caen et s'étendant sur l'ensemble de la Seine-Maritime et l'Eure, jusqu'au mantois, lui permettait jusqu'à 200 000 tirages quotidiens. C'est au début des années 70 que Paris-Normandie connut ses premiers déboires. Restructurations et rachat du journal par le groupe Hersant. Tout change. L'édition de Caen est supprimée et le nombre des rédactions locales est réduit. La rédaction de Rouen comptait soixante journalistes, parmi lesquels de fameux professionnels. Des "plumes", selon l'expression consacrée. L'on peut citer de mémoire, Philippe Huet, Pierre Joly, Pierre labigne, Maurice Morrisset, José Mouret, Jehan Le Povremoyne, Daniel Fleury, Marc Lecarpentier, Marianne Evrard, Roger Balavoine, Franz-Olivier Giesbert,  François Bruant (ex-footballeur professionnel du FCR), Annie Guilbert,  Claude Masson, Philippe Leprêttre, Marc Lesueur, Jean-Pierre Carpentier, Yvon Hetch, Pierre Lepape, Marie Malone…etc.

Le journal traverse de mauvaises périodes. Le lectorat s'effrite. Paris-Normandie n'est pas le seul à subir la crise de la presse écrite, mais en province il est le plus touché. Aujourd'hui, seulement 114 journalistes couvrent la Haute-Normandie (dont une dizaine pour l'Eure). Un effectif divisé par trois, depuis la grande période. Les ventes sont passées de 180 000 à 55 000 en trente ans. L'argent manque et les 365 salariés, au total, sont dans l'inquiétude. La dernière restructuration date de 2005. Dans l'Eure, les rédactions de Pont-Audemer, les Andelys et Verneuil-sur-Avre, sont fermées, ainsi que l'édition de Mantes. Ne subsistent plus que les bureaux de Vernon, Louviers, Evreux et Bernay.

Le Groupe Hersant Média (GHM) renégocie, actuellement, avec les banques une dette de 210 millions d'euros. En parallèle, GHM a conclu une alliance avec avec le groupe belge Rossel et constitué une holding qui regroupe les quotidiens français de Rossel: La voix Nord, Nord-Eclair et le Courrier Picard, avec les quotidiens du Groupe Hersant, l'Union, L'Est-Eclair, Libération Champagne, Nice-Matin, Var-Matin, La Provence. Cependant, le pôle normand de Hersant, c'est-à-dire Paris-Normandie n'est pas inclus dans l'accord. Il faut attendre le début de la semaine prochaine pour connaitre le sort du quotidien haut-normand.

 

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Comments

  1. zébulon 22 février, 2012, 15:48

    Il est vrai que l’arrivée d’Internet, des télé sur le net, de l’info en continu, des gratuits, des recettes publicitaires qui diminuent et surtout l’électorat qui a changé, sont des facteurs qui ont eu des répercution sur le journal. On le lit plus le journal comme il y a 20 ans, de plus 330 euros par an et par édition car si vous voulez être informé sur toute la région il y a 9 éditions différentes avec en commun quelques pages régionales, nationales, internationales. Je pense que les propriétaires auraient pu devancer les problèmes en réduisant le nombre d’éditions par deux (ROUEN LE HAVRE EVREUX) avec la rubrique nécrologique qui est la plus regardée dans le lectorat le plus âgé commune à tous. Il est vrai que l’annonce d’un concours de belote, d’une animation ou autre d’un village n’intéresse que peu de lecteurs. Il est navrant que l’on en arrive à ce stade. On a l’impression que tout est déjà préparé depuis des années de façon à mettre cela sur la crise, l’évolution technologique etc. UN JOURNAL QUI MEURT C’EST UN PILIER DE L’INFOPRMATION, DU PLURALISME QUI S’ECROULENT. J’espère qu’une solution sera trouvée et qu’il n’y aura pas trop de casse sociale pour des gens qui se sont battus pour faire vivre leur journal.

  2. Amor 22 février, 2012, 11:57

    C’est une nouvelle qui si elle s’avère exacte est triste et regrettable pour la presse locale et régionale. Pouvons nous y voir une nouvelle fois le symptôme d’un abandon de la presse papier au profit de la presse internet de la part des lecteurs.
    Ce n’est pas le seul exemple de quotidien contraint de stopper le tirage.
    Je souhaite à tous les salariés du Paris Normandie mais aussi à nous qu’une issue favorable sera trouvée.

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