Partis politiques, le plan de LREM

Partis politiques, le plan de LREM

Il serait incongru de reprocher à un parti politique, récemment créé, de réussir son implantation nationale. C’est vrai, rien ne laissait présager que la République En Marche allait mener une telle opération éclair, rasant au passage le paysage politique traditionnel, gauche-droite. LREM ne s’arrêtera pas dans sa Marche de conquête, mais à LR et au PS on ne compte pas rester les bras ballants .

Personne n’avait vu venir le fabuleux hold-up. Sa préparation avait débuté en 2016 sans que personne n’y prête attention et surtout pas le Parti Socialiste et Les Républicains. Dans son coin, Emmanuel Macron tissait sa petite toile, bien à l’abri…..La suite, on la connait.

Sacré coup de filet

La phase Gilets Jaunes tracassait grandement, et La République En Marche et son concepteur. Emmanuel Macron pensait y mettre fin en reculant sur un certain nombre de décisions. 11 milliards furent, ainsi, concédés. Pour autant, le Président ne perdit pas un pouce de terrain sur son socle électoral de 2017. Les élections européennes révélait cette heureuse surprise. Même si LREM se positionne à moins d’un point derrière la liste du Rassemblement National, Emmanuel Macron n’en sort pas du tout affaibli. En réalité, être devant ou derrière ne change en rien la situation. Le Président de la République obtient davantage qu’il n’y parait — il devient le véritable maitre des horloges sur le court et moyen terme — Rien ne permet de dire s’il a travaillé, ou non, à imposer le duel LREM-RN, n’empêche qu’il devient une réalité. Une heureuse réalité car, sauf en cas d’accident majeur, il va pouvoir mener les réformes inscrites dès le départ. Et personne ne pourra l’en empêcher. Surtout pas les partis politiques traditionnels, battus à plate couture. Il leur faudra, si tout va bien, plusieurs années pour reconquérir l’électorat perdu. Il est permis de penser qu’ils ne pourront revenir dans moins d’un an, pour les municipales.

Le prochain combat électoral, c’est pour bientôt

Précisément, des municipales Emmanuel Macron en attend beaucoup. Il s’agit pour lui et LREM de prendre le maximum de villes aux sortants PS et LR. Tout le monde planche sur le sujet. Le choc va être rude. Pour la majorité, les listes du Rassemblement National seront une aubaine. Une évidence qui fait trembler les partis, car dans l’hypothèse où le RN serait en tête au premier tour, les électeurs de gauche s’abstiendront ou devront voter la liste LREM. Idem dans une configuration de triangulaire. Si les listes LR ou de gauche se maintiennent nul doute que LREM l’emportera. Piège suprême, car comment la gauche pourrait prendre la responsabilité de laisser gagner une liste RN ?

Qui gagne les municipales, gagne le Sénat

LREM vise, évidemment, la majorité sénatoriale, car elle pèse, pour beaucoup, sur l’éventualité d’une réforme institutionnelle. Ce sont les élus locaux — grands électeurs — qui élisent les sénateurs. Gérard Larcher, l’actuel président, avait prévenu le Président Macron — pas question de réformer le millefeuille territorial au détriment du Sénat, ou de réduire le nombre de sénateurs — ou alors, à minima —. Aussi pour LREM l’occasion est trop belle de faire partir Gérard Larcher et d’installer une nouvelle majorité au Sénat aux couleurs macronistes.

L’invitation à la grande danse du ventre

Hier, nombre d’élus LREM ont lancé un appel aux élus LR, — rejoignez-nous et vous pourrez conserver vos sièges de maires — . Le grand débauchage a commencé. Des parlementaires LREM ont reçu pour mission d’organiser des “danses du ventre” locales pour attirer dans leurs filets des élus de tous bords. S’ils franchissent le pas, ils auront l’investiture LREM. Sinon, des listes labellisées “Macron” se mettront en place. A bon entendeur...

En Normandie, Hervé Morin visé

Le président de la région Normandie a eu la “mauvaise idée” de soutenir la liste LR de François-Xavier Bellamy, aux européennes. Déjà visé, Hervé Morin pourrait être victime des “forces spéciales” de LREM. Elles sont à la recherche du bon candidat pour les prochaines régionales de 2021. Un élu normand de LREM ajoute “sauf s’il nous rejoint avant les municipales“. Autrement dit, pour LREM, Hervé Morin serait une girouette facile à capturer. Tout de même, si Morin a changé de camp en 2007 lorsqu’il avait déserté l’UDF de Bayrou pour rejoindre Sarkozy, rien ne prouve qu’il fera de même 12 ans après, dans l’autre sens retrouvant, ainsi, François Bayrou. Mais, un nom circule pour prendre la Normandie, en 2021. Rien ne serait décidé à ce jour, mais l’idée fait son chemin: Sébastien Lecornu. Ce serait pour lui une garantie de longévité. En 2021, il restera au gouvernement un an à faire. Ensuite, toutes les options sont permises..Et par les temps qui courent…. ??!!

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