Paris, pourquoi Macron choisira Griveaux

Paris, pourquoi Macron choisira Griveaux

Bien sûr, tout n’est jamais gravé dans le marbre. Mais force est de constater que le candidat Benjamin Griveaux, à la mairie de Paris, tient la corde face à Cédric Villani, le mathématicien de LREM. Nul besoin d’être un grand analyste de la vie politique pour comprendre que le choix, probable, du Président n’est pas lié à une quelconque compétence en matière de gestion communale, mais à d’autres considérations…moins avouables.

Les deux candidats, parmi les cinq en lice, sont crédités de 25% dans les sondages. A 9 mois de l’échéance, cela n’a pas une grande importance. Seulement un instant T. Sur place, à Paris, les bruits en circulation font état d’une préférence des militants et sympathisants LREM pour l’ancien Secrétaire d’État. Tandis que les électeurs lambdas seraient davantage mobilisés pour Cédric Villani. La Commission Nationale d’Investiture (CNI) doit se prononcer prochainement. La question se pose sur son indépendance, d’autant que Emmanuel Macron doit rencontrer ses membres prochainement. Pour leur dire quoi?

Villani, une tête pleine avant tout

Les chances de Cédric Villani, en ce qui concerne les électeurs parisiens, seraient réelles. L’homme apparait comme sympathique, compétent et semble avoir une idée précise sur son projet pour Paris. Il a été un soutien sans faille à Emmanuel Macron, très tôt, dans la campagne présidentielle de 2017. Cependant, il semble que ses qualités reconnues ne priment pas in fine.

Griveaux, “Marcheur” de la première heure

Il ne faut pas sous-estimer Benjamin Griveaux. Il a des qualités. Ancien membre du PS, il rejoint Macron dès la première heure. Le risque était grand. Il a cru au destin de l’ancien ministre des Finances du Président Hollande. Ce n’était pas une évidence. Le Président sait reconnaitre cela. Il ne peut rien refuser aux premiers marcheurs. Griveaux est de ceux-là. Mais, en filigrane, d’autres éléments plus consistants amènent Emmanuel Macron a ne pas hésiter et recommander à la CNI de choisir l’homme de la situation.

Paris vaut bien une messe

Cette messe c’est Griveaux. Le Président de la République veut s’assurer que la gestion de Paris ne lui échappe sur aucun point. Paris est une spécificité. Tenir Paris, politiquement, c’est éviter toute sorte de résistance “d’amis” plus ou moins sûrs; c’est diligenter, depuis l’Élysée, des projets importants pour la Capitale. Le maire de Paris est un personnage incontournable dans la hiérarchie du pouvoir. Il peut être une épine dans le pieds pour un Président hostile. Valéry Giscard d’Estaing l’avait bien pressenti en 1977, qu’il désigna Michel d’Ornano, ami très proche, à la candidature de la première élection municipale depuis 1871 avec Jules Ferry. Hélas, VGE n’avait pas anticipé l’estocade de Chirac qui ramassa la mise avec son grand chelem des 20 arrondissements sur 20.

Donc, ce risque Emmanuel Macron ne veut pas le prendre. Avec Benjamin Griveaux à la mairie de Paris, il serait le commandant en chef de la Capitale

Alors, c’est vrai, un grain de sable peut enrayer la machine Macron-Griveaux. Anne Hidalgo n’a pas perdu d’avance et d’autres candidatures peuvent émerger. Les surprises, aujourd’hui, ne sont plus exceptionnelles.

Mise à jour ce vendredi 5 juillet

Nouveauté. Une tribune de l’ancien député-maire du Havre et ancien ministre chiraquien, dans le Figaro, appelle à la candidature de Édouard Philippe. Explicitement, Antoine Ruffenacht expose sa crainte de voir Anne Hidalgo reconduite parce que le candidat LREM, Benjamin Griveaux, ne ferait pas le poids. Pour mémoire — il faut en avoir, car ça remonte — le même Antoine Rufenacht expliquait dans les années 80 que Chirac ne pourrait, un jour, devenir Président de la République. C’était l’époque où le maire du Havre n’était pas très chiraquien. Il le devint plus tard lorsque Chirac le démentait. En 2002, Rufenacht était nommé directeur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac…… Pour Paris, il se peut qu’il ait raison. Mais comment les électeurs réagirait à cette acrobatie électorale? Édouard Philippe s’avère être un bon Premier ministre. Alors pourquoi le faire déménager de Matignon deux ans avant l’échéance ?

Categories: Eure

Write a Comment