Municipales Eure, l’éternel débat sur la désertification des centres-villes

Municipales Eure, l’éternel débat sur la désertification des centres-villes

Tous les six ans, depuis une vingtaine d’années, c’est le même questionnement. Les candidats s’interpellent et débattent sur l’épineux sujet de la désertification des centres commerçants et des stationnements toujours plus payants. Les maires sortants se font étriller et les challengers ont tous des solutions qui ne s’appliquent que très rarement. Et si, tout simplement, les réponses étaient ailleurs et ne dépendaient du tout de leur bon-vouloir, dans un sens ou dans l’autre? Revue des troupes.

Vu et entendu sur des chaines TV locales, régionales, débats publics, échanges Facebook et sur les marchés. “Le maire se représente mais il a laissé son centre-ville se vider de commerces, avec son stationnement payant qui ne permet plus de stationner le temps nécessaire, alors les gens vont dans grandes surfaces parce que le stationnement y est gratuit…”….”Si le centre-ville se vide c’est parce que lui et ses prédécesseurs ont accepté des constructions d’hypermarchés et autres grandes surfaces….ils sont responsables de la fermeture des petits commerces de centre-ville. Moi, je ferai autrement..…etc etc. Ces divers candidats qui se présentent pour prendre la place, qu’ils soient de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs, en font leur choux gras, “Si je suis élu, le stationnement sera gratuit. Ainsi les clients pourront se garer tranquillement et n’iront pas dans les grandes surfaces.… Un autre surenchérit: ” Moi, j’obligerai les bailleurs de ces locaux commerciaux à pratiquer des loyers raisonnables, ou je ferai racheter les locaux pour inciter des commerçants à s’installer pour des loyers modiques” et ainsi de suite…..

La réalité est-elle ailleurs et plus simple?

Oui, sans conteste. L’avènement des grandes surfaces et ensuite des hyper date de la fin des années 60, début 70. Une époque où le stationnement, dans le centre-ville, était gratuit. Les voitures, de plus, étaient moins nombreuses. S’ajoute, que l’alimentation était l’exclusivité des épiceries qui se comptaient par dizaines dans nombre de petites et villes moyennes. C’était un véritable marché, florissant. Ce qui n’échappa pas à des professionnels de la vente, des banques et autres investisseurs. L’Amérique du nord montra le chemin, quelques années auparavant. Au fil des ans, ces pros du commerce se montraient agressifs en côtoyant des élus qui avaient la main sur les permis de construire. “les mauvaise langues” expliquaient qu’il se négociait “un juste retour économique” pour des édiles signataires. Allons bon! Les maires, dès cet instant, n’étaient pas avares de délivrances de permis de construire et lorgnaient, évidemment, sur les taxes professionnelles. Peut-ont, aujourd’hui, le leur reprocher?( pour ceux qui restaient dans la légalité) Évidemment, parfois, lorsqu’on met la main dans l’engrenage tout le bras y passe. Aujourd’hui, c’est plus que le bras qui a été broyé par ces usines à cash, lesquelles profitent de l’opportunité pour contrôler et imposer les prix. (Exemple de constat, ces-jours ci: un poivron de taille moyenne vendu dans une grande surface, 0,95€. Son coût moyen réel, est de 0,35€). Roulez jeunesse! Alors, où est la solution pour redynamiser et animer les centres-villes? Certainement pas en distribuant des subsides aux commerçants pour les inciter à résister au grand désastre économique qu’ils subissent. Les maires sortants ne sont pas responsables directs de ce tsunami. Les futurs, pas plus mais devraient s’abstenir de promettre des recettes erronées. Le stationnement gratuit ne résoudra que très partiellement la situation. La solution n’est pas pour demain, ce qui n’empêche nullement d’établir la chaine des responsabilités. Une sorte de cercle vicieux, très vicieux. En réalité, qui a voulu et mis en place le système au nom de la sacro-sainte idéologie ultra libérale, prônée à l’époque par les anti gaullistes viscéraux, toujours prêts à singer tout ce qui venait d’outre Atlantique, sinon ces mêmes ultras? (On le voit aujourd’hui avec l’affaire du coronavirus parti de Chine, laquelle, par voix de conséquences, a bloqué une grande partie de l’économie et qui frappe le monde entier, dont l’Europe et la France. L’origine ultra libérale des économies occidentales, n’est plus à démontrer).

Tout le reste est du même acabit

Outre les centres-villes qui se meurent, les candidats évoquent volontiers la sécurité. Dans l’Eure les chiffres sont mauvais partout. Les maires sortants sont très discrets sur la question, sauf quand les taux étaient en baisse. Subitement, ils n’ont plus rien à dire. Pourquoi? Parce que la sécurité, intrinsèquement, n’est pas de leur ressort direct. Les maires ne peuvent qu’alerter et contribuer à aider les services de police (nationale). Ils peuvent émettre des souhaits et avoir, parfois, des exigences, mais en aucun cas être les bras séculiers contre la délinquance. Ils ne diligentent que la police municipale, dont les agents sont des salariés communaux. Celle-ci a la charge du stationnement et de l’ordre civil dans la rue, mais n’a pas de mission de police judiciaire et de maintien de l’ordre. Ces agents municipaux peuvent, en outre, alerter la police nationale en cas situation périlleuse. C’est un vrai sujet, où les maires ne peuvent que s’en émouvoir auprès du représentant de l’État, dans le département. Ensuite, si les moyens financiers et de personnels disponibles le permettent, des actions ponctuelles peuvent être déclencher. Mais pour l’essentiel…!!??

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