Mercey-La Chapelle-Réanville, le calvaire des habitants

Panneaux C'est une affaire qui n'est pas très connue au-delà du périmètre de petites communes situées autour de l'Ecoparc de Mercey. Seuls et c'est déjà énorme, ses habitants en souffrent au quotidien ou presque. Des odeurs nauséabondes s'abattent sur les villages, pénètrent dans les maisons et empêchent une vie normale. Des gaz qui ne seraient pas nocifs selon les dirigeants du centre de tri des déchets, géré par le SETOM, sauf qu'ils n'ont jamais pu en apporter la preuve formelle, d'où le combat engagé par les habitants qui exigent des explications plus sincères. Le 10 janvier dernier, le SETOM avait convié les habitants dans le but  de recruter des "nez", chargés de renifler les odeurs et les déterminer. Enquête-reportage vidéo, de 10 minutes.

  

Le centre de tri et d'enfouissement ne concerne pas les déchets ménagers. Il traite exclusivement la destruction, puis l'enfouissement de ce que l'on appelle "les monstres" ou les "encombrants". Chacun d'entre nous s'en débarrasse  régulièrement dans l'année: objets divers en toutes matières, bois, fer, plastique, tissus, caoutchouc etc. Il faut plusieurs siècles pour que la nature les absorbent intégralement. En attendant, ils dégagent ces gaz nauséabonds et des lixiviats, produit d'une action conjuguée d'eau de pluie et de fermentation naturelle. Les lixiviats ne peuvent être rejetés en milieu naturel et doivent impérativement être collectés et traités. C'est tout travail du centre de traitement, avec des installations techniques adaptées. La grande interrogation est de savoir si les lixiviats sont récupérés, ou non, à 100%. "Le Collectif Veille Ecologie", association de défense des habitants, en doute fortement. Selon lui, les gaz aux fortes odeurs ne sont pas sains. Des maladies respiratoires et plus graves encore, commenceraient à faire leur oeuvre…

 Voici ce que dit l'un des derniers messages du Collectif Veille Ecologie:

A l'aube du jeudi 27 mars, le village de Mercey est enveloppé par une épaisse couche de gaz.
Les témoignages de personnes vivant à la Chapelle Réanville, St Vincent arrivent plus tard mais confirment : cette nuit, ce matin, odeurs très fortes.
On apprend que depuis 10 ans, à la Chapelle Réanville, ça sent mauvais régulièrement ; bon nombre des habitants de cette commune ne croient plus à une évolution positive. Ce qui ne signifie pas qu'ils se résignent.
Il existe des couloirs d'odeur : à certains endroits, entre la Chapelle, St Just, St Marcel, St Vincent, Mercey, ça sent le gaz ; à d'autres, rien. Tout dépend du vent.
Tout dépend aussi de la qualité du traitement des gaz par le SETOM.

A 8 h, aujourd'hui, le SETOM, alerté, envoie deux agents pour recueillir des témoignages sur Mercey. Les odeurs se sont depuis dissipées, l'air redevient normal…
Parce que l'usine de traitement des gaz a été remise en route ?
Quelle est l'explication de cette fuite gigantesque de gaz cette nuit ?
Quel dysfonctionnement ?
Après concertations ce matin, on se demande si techniquement parlant, la situation est réellement maîtrisée sur le site d'enfouissement de l'Ecoparc de Mercey.

Des courriers (mails) ont été adressés ce matin au Secrétaire général de la Préfecture de l'Eure (avec copie du courrier adressé en janvier au Préfet, demeuré sans réponse) ainsi qu'à des responsables de la DREAL.
Nos courriers signalent les incidents et interrogent de nouveau la qualité de l'environnement, sa préservation, la qualité de l'air, le suivi sanitaire… et le principe de précaution qui ne semble toujours pas pris en compte.

Le collectif a reçu le soutien de Gérard Volpatti et Claude Lacout, conseillers généraux de Vernon.

De son côté, le directeur de la communication du SETOM, se veut rassurant. Dans un courrier en date du 10 mars, il rappelle les procédures mises en place pour veiller à la sécurité "…nous avons en interne des procédures d'astrentes et de communication sur les conditions d'exploitation anormales…."

Les habitants sont déconcertés. Certains songent à quitter le secteur mais les maisons sont-elles vendables, interrogent-ils? D'autres souhaitent continuer le combat pour connaitre le niveau de dangerosité des gaz, des maladies encourues et faire cesser l'extention du site, qui se poursuit. Comment les autorités de l'Etat et les ministères concernés vont-ils être mis au "parfum" de ce qui se passe à Mercey- La Chapelle-Réanville, petite contrée sympathique des Portes de l'Eure. A suivre.

Document du Collectif Veille Ecologie Téléchargement Collectif Veille Ecologie

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Comments

  1. Collectif Veille Eco 17 juin, 2014, 09:51

    Bonjour,
    en réaction à ce reportage, nous signalons que nous avons reçu récemment une réponse du Préfet et que les différents problèmes ont été notifiés.

  2. Dereux 27 avril, 2014, 14:06

    Bonjour
    Membre de la fédération national FNE et je suis attentivement les problématiques déchets
    Je suis surpris de ces odeurs qui d’après des articles de presse ont aussi intoxiqué des salariés du site,
    1ère réaction assez indigné de ce qui se passe et aussi mais quelle est la politique de réduction des déchets dans votre territoire en supprimant ttes les parties fermentescibles des OM,sur le site y a t’il un méthaniseur qui dysfonctionne(cela est habituel malheureusement) cela semble durer depuis des années sans solutions
    et les engagements du Setom ne peuvent se limiter à un jury de Nez, y a t’il eu des dépots de plaintes?

  3. Henri Clément 6 avril, 2014, 10:50

    Un reportage terrifiant. Ecoparc de Mercey : quand j’entends le préfixe “éco” accolé au nom d’un service, d’un dispositif, d’une institution, je me demande d’abord ce que l’on veut cacher.
    En voilà encore un exemple.

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