Maires, le temps des vaches maigres

Maires, le temps des vaches maigres

L’Association des Maires de France a tenu son 97 ème congrès et élu à sa tête François Baroin, maire de Troyes. Le Premier ministre s’y est rendu et réitéré la volonté du gouvernement de réduire la voilure des dotations de l’Etat aux communes. En marge du congrès 13 000 maires ont manifesté, précisément, contre la réduction de 50 milliards, sur trois ans, des dotations. Beaucoup d’entre eux disent devoir revenir sur la promesse, tenue pendant la campagne des municipales, de ne pas augmenter les impôts locaux. Cela s’apparente à du “faux-cul et compagnie”, car la décision fut prise en 2013, soit un an avant les municipales. Par conséquent, ils savaient.

La séquence est à mettre au registre “des promesses n’engagent que ceux qui les entendent”. Une nouvelle fois des élus foulent aux pieds  la parole donnée. Manuel Valls n’a su rétorquer. Surpris, peut-être, par tant de culot. Le Premier ministre de l’époque était Jean-Marc Ayrault, qui envoyait sa Ministre déléguée chargée de la décentralisation, Anne-Marie Escoffier, dans les départements, pour expliquer aux élus les raisons de cette décision….Elle passait à Louviers en juin 2013 devant un parterre de 430 élus venus l’écouter…

François Baroin, lui aussi a fait semblant, hier, de tomber de sa chaise en rétorquant “Nous n’accepterons pas le transfert de l’impopularité fiscale”. Pour un ancien ministre de l’Economie et Finances rompu à l’exercice ultra difficile de la gestion des deniers de l’Etat, la posture politicienne ne fait pas de doute. Certes, de l’argent en moins pour les communes cela présage d’un serrage de boulons dans un pays habitué, depuis des décennies, à vivre largement au-dessus de ses moyens. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: la dette abyssale, l’économie à plat et des élus qui n’acceptent pas les efforts nécessaires au redressement. Dans la droite ligne du sujet, il faut encore et toujours se poser la question sur la pertinence à conserver 36 000 communes dans le pays. Aujourd’hui, sur des plateaux de télévision les témoignages ont été nombreux. L’un d’eux a été d’une clarté spectaculaire: dans un canton de France, composé de 20 communes, il a été répertorié 15 salles des fêtes. Est-ce bien raisonnable? Eh oui! la manne de l’Etat a aussi, parfois, été jeté par les fenêtres. De cela, les 13 000 maires en colère pourraient méditer.

Par ailleurs, des élus de tous bords, sans doute plus fins que d’autres ont commencé à rationaliser leurs moyens, notamment avec des fusions de leurs communes. Résultat: dépenses réduites et accompagnement financier de l’Etat pendant un laps de temps…L’on pourrait dresser la liste des avantages, nombreux. Dans tous les pays de la zone euro, la réduction du nombre de communes a été engagée il y a plusieurs années. Ces pays comptaient pourtant moins de communes que la France. Aujourd’hui, ils ont atteint un taux de moins 20% de communes contre moins 5% en France..

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