Un long débat pour de courts instants de vérité

Un long débat pour de courts instants de vérité

Depuis des jours et des semaines, commentateurs, politologues, observateurs, y allaient de leur savoir et leur expertise à propos du premier débat télévisé mettant face à face les cinq principaux candidats à la présidentielle. Nous devions voir un François Fillon “au-dessus de la mêlée et solide” et un Emmanuel Macron “sans expérience de débatteur, et fragile”. Le candidat de En Marche était considéré comme celui qui avait “le plus à perdre”. Résultat des courses: les deux sondages réalisés auprès d’un panel de téléspectateurs ayant regardé la totalité de l’émission, placent Emmanuel Macron en tête sur la crédibilité du projet et sa stature présidentielle. Naturellement, cela ne préjuge pas d’une victoire annoncée du candidat de En Marche, mais, au moins, le place désormais comme un candidat au même niveau que les autres. En cela, le débat d’hier soir lui a été bénéfique.

Il résulte que les mêmes exégètes, après la longue soirée, dénoncent un débat qui n’a rien appris de nouveau des programmes de chaque candidat. Évidemment, puisque les projets ont été exposés individuellement bien avant ce premier débat. C’est pourquoi, du contenu n’ont été retenues que les passes d’armes, montées en épingle et qui d’évidence constituent, malheureusement, la substance forte du débat..D’ailleurs, ce matin, sur l’ensemble des médias ces “puntchlines” passent en boucle.

Difficile d’être précis pour les candidats avec une organisation de débat qui ne leur a permis de s’exprimer, en temps cumulé, que durant 50 minutes chacun. Il est impossible, en moins d’une heure, d’exposer, de manière précise, l’ensemble des thèmes arrêtés par la chaine de télévision; de permettre un vrai échange entre candidats avec questions et réponses précises et étayées. Tous, dans leur registre, ont été intéressants compte tenu du contexte. L’on peut déplorer que le chapitre “affaires” ait été évacué rapidement. Cela n’a pas permis à François Fillon de mieux se faire comprendre au fond et à Marine Le Pen sur son attitude à ne pas répondre à la justice.

 

Photo: capture d’écran

 

 

 

Categories: France

Comments

  1. Henri Clément 21 mars, 2017, 16:36

    Ayant cédé à l’instant à visionner ce “cirque” conventionnel, je n’y ai compté que trois candidats-présidents, pas cinq, et deux figurants décalés en récitations poussives de phrases creuses.
    François Fillon incarnant avec aisance mais sans conviction la “stature présidentielle”, valorisant par contraste les deux figures politiques substantielles, de plus en plus dynamiques et convergentes, que sont M.Mélenchon et Marine Le Pen.
    C’est sur la politique étrangère que ce trio m’a paru le plus en rupture avec le statu quo ante.

    Faut-il parler des deux autres ? je ne crois pas.
    M. Hamollande et M. Macrollande, m’ont semblé faire la paire d’Hollandouille de facture d’origine garantie : l’expression “vide sidéral” lancée par Marine Le Pen et largement reprise sur les réseaux en dit assez sur eux.

    Ce format télévisuel fait figure d’un Nième débat de primaire, pseudo-évènement dont ont survend le favori la veille et le pseudo-vainqueur le lendemain, sondage en main, avec la fiabilité que l’on sait.
    L’élection ne se joue plus dans le mainstream, n’est-ce pas plutôt le mainstream qui tente de se maintenir par l’élection.
    M. Dupont Aignan, a eu raison de râler pour ne pas en être, mais n’a rien à regretter.

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