Libéral, libéralisme, libéraux

Libéral, libéralisme, libéraux

Projet libéral, le libéralisme et les libéraux. Ces trois termes deviennent l’Alpha et l’Oméga de la politique française. Ils sont employés, d’un côté, comme des vertus et de l’autre comme injures. Pour les uns, le libéralisme est un impératif économique et bien plus. Pour d’autres, un asservissement nouveau. La réalité diffère. Effectivement, le libéralisme n’est pas l’exclusivité d’un camp. Il n’est pas une idéologie. Seulement une direction économique et sociétale choisie selon les circonstances du moment. Il peut être défendu et pratiqué autant par la gauche que par la droite.

Dans les années 60, 70 et 80, l’échiquier politique français était divisé en quatre groupes distincts, de gauche et de droite: le Parti Communiste Français, le Parti Socialiste, l’Union pour la Démocratie Française et l’Union des Démocrates pour La République, devenue en janvier 1976 le Rassemblement Pour la République. PCF, PS, UDF et RPR. Dans ces quatre camps il y avait deux partis d’ordre, le PCF et l’UDR. L’un de gauche et l’autre de droite. Les deux autres, l’un de gauche et l’autre de droite, aussi, le PS et l’UDF étaient deux partis libéraux. Cette configuration faisait dire à Jean-Marie Le Pen, qui commençait à grimper dans les années 80, “la bande des quatre”, par référence aux quatre dirigeants chinois, arrêtés après la mort de Mao Sedong.

Le Parti communiste était un parti d’ordre, attaché à un État fort, très favorable aux nationalisations, au développement des services publics et au contrôle des prix. Il prônait la redistribution en taxant davantage les plus riches pour favoriser les plus pauvres. Enfin, le PCF s’opposait farouchement à une Europe Fédérale.

Le Parti Socialiste était sur une autre ligne: dérégulation du marché, réduction les nationalisations et ouverture d’entreprises publiques à l’actionnariat privé. Le PS était favorable à la liberté des prix et à une Europe fédéraliste.

L’UDF était proche de son partenaire RPR sur les questions économiques, telle la liberté d’entreprendre et une ouverture sur le monde de la concurrence. Également, beaucoup plus sensible sur les questions sociales. Le parti a toujours été favorable à une Europe fédérale.

L’UDR-RPR a été l’héritier du gaullisme, antilibéral et étatique. Très attaché à la notion de Nation, contre toute forme de fédéralisme, le Parti s’opposait farouchement aux européistes de gauche et de droite. Il était pour un État régalien fort, très sensible aux ordonnances de 1945, héritage gaullien auquel il ne fallait pas toucher. Le parti a ensuite quelque peu évolué avec Jacques Chirac qui l’a maintenu, malgré tout, dans sa ligne originelle. Ensuite, Nicolas Sarkozy, avec l’UMP et “Les Républicains”, l’a, partiellement dépouillé de son héritage gaullien.

On le voit, le libéralisme n’est nullement synonyme de droite ou de gauche. Il est une notion qui s’appuie spécifiquement sur des données sociétales que gauche et droite peuvent prendre à leur compte sans dénaturer leur positionnement respectif, sur l’échiquier politique.

Personnalités politiques, les plus connues, de gauche et de droite, pro et antilibérales

Antilibéraux souverainistes: Nicolas Dupont-Aignan, Henri Guaino, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Frédéric Poisson, Marine Le Pen…

Libéraux de gauche, européistes: Daniel Cohn-Bendit, Manuel Vals, Pierre Larrouturou….

Libéraux de droite, européistes: Jean-Pierre Raffarin, Bruno Le Maire, Jean-François Copé…

Le derrière entre deux chaises: Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé….

Categories: France

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