Les claquettes de Jean-Louis Borloo

Claquettes Il a reculé. Jean-Louis Borloo n'est plus candidat à la présidentielle. A la télévision, ce soir, il a invoqué une dynamique insuffisante des partis centristes. Discours diamétralement opposé à celui qu'il tenait depuis neuf mois.

Depuis des semaines et des mois, il martelait la nécessité d'une nouvelle offre politique. La sienne, bien sûr. A ceux qui ne croyaient pas en sa candidature, il répondait qu'ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Ils ont vu. Ils ont vu un épateur de galerie se dégonfler, telle une baudruche, en deux temps trois mouvements. La défaite de la droite au Sénat serait l'élément qui l'a fait réfléchir, disent des commentateurs parisiens. Possible, mais alors cela prouverait sa grande fragilité psychologique et son inconstance politique. Borloo serait donc parti bille en tête, au début de cette année, pour en découdre avec Nicolas Sarkozy qui ne l'avait pas nommer Premier Ministre, à l'automne dernier. Enfant gâté qui n'a pas supporté l'ingratitude du Président et a préféré sortir du gouvernement. Séquence connue dans le genre "Retenez-moi ou je fais un malheur". Ainsi, pendant neuf mois, l'ancien ministre s'est adonné à un numéro de claquettes qui a retenu l'attention des caméras. La France a retenu son souffle en le voyant expliquer l'impérieuse nécessité de tourner la page d'une UMP, décidément trop hégémonique et pas suffisamment humaniste. Un discours qui pouvait, somme toute, tenir la distance dans une période de crise profonde et de désarroi. Hélas, Jean-Louis Borloo n'a pas tenu, lui, cette distance. La tempête du Sénat l'a couché définitivement. Heureusement qu'il n'avait pas les commandes au moment de la crise financière de l'automne 2008…..

Le Centre est de nouveau dans l'embarras. Il veut montrer son indépendance et une candidature à la présidentielle est le moyen de marquer la différence. Hervé Morin, le président du Nouveau Centre était en concurrence avec Borloo. Maintenant il va pouvoir se lancer, mais le fera-t-il? C'est probable pendant quelques mois, puis la pression de l'Elysée va se faire sentir chaque semaine davantage. Les divers groupuscules centristes voulaient se fédérer mais chacun n'avait de cesse de flinguer l'autre. Guerre des égos. Depuis le printemps, tous les indicateurs sont au rouge pour Nicolas Sarkozy et le gouvernement. La logique de Borloo prenait tout son sens. "Une autre offre politique" devenait d'actualité. Mais non, l'ancien ministre estime, alors, que "la dynamique centriste est insuffisante". Il déclare forfait avant le combat. Jean-Louis Borloo n'a toujours pas compris que l'appétit vient en mangeant et qu'une campagne électorale est faite pour dynamiser.
Les "Centre" vont rentrer dans le rang et au bercail, une main devant une main derrière. Hervé Morin veut, à défaut d'une victoire élyséenne, un groupe parmementaire d'une centaine de députés, pour "peser face à l'UMP". S'il passe à l'acte, l'UMP investira des candidats contre ceux étiquetés "Nouveau Centre", partout en France. Aussi les vélléités du député de l'Eure pourraient ne pas passer l'hiver.

L'UMP se réjouit de la décision de Jean-Louis Borloo, en soulignant son "courage" et sa "clairvoyance" et lui propose de rejoindre la future équipe de Campagne de Nicolas Sarkozy. Félicitations bien méritées pour ce travail d'artiste.

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