Législatives 2017, la marge de manœuvre des candidats LR

Législatives 2017, la marge de manœuvre des candidats LR

Le printemps sera pourri pour la famille “Les Républicains” et l’été encore davantage. Les députés sortants, comme les nouveaux investis, vont devoir doubler d’imagination pour convaincre les électeurs de porter les suffrages sur leur nom, quel que soit le candidat à la présidentielle, désigné in fine, François Fillon ou un autre. “L’affaire” a écœuré nombre de militants et sympathisants du parti et plus encore, une majorité d’électeurs.

Si François Fillon s’entête, aucun candidat aux législatives ne pourra sillonner sa circonscription sans être interpelé par des électeurs en colère. Le programme proposé, pour une nouvelle majorité de droite, ne pourra être détaillé et défendu. C’est l’affaire Fillon qui occupera les esprits…

Dans l’hypothèse où un candidat de substitution prendrait le relais de François Fillon, cela ne changerait pas de manière forte la problématique. D’abord, quel projet défendrait le nouveau venu, le sien ou celui de François Fillon? Précisément aurait-il le temps de peaufiner un autre projet? C’est très peu probable. Par conséquent, le nouveau candidat n’aurait d’autre choix que le projet de l’ancien Premier ministre. Donc, des élément essentiels retenus par les français: l’augmentation de 2% de la TVA, la suppression de 500 000 fonctionnaires sur 5 ans, la reforme de l’Assurance Maladie avec l’arrêt de divers remboursements réorientés vers les mutuelles, le plafonnement de l’assurance chômage, etc….Somme toute, ce candidat remplaçant devra aussi assumer, parallèlement, les mêmes questions sur le fond de l’affaire.

Marges de manœuvre

Elles sont étroites. Quel discours vont-ils pouvoir tenir à leurs électeurs en dehors d’attaquer le bilan de la gauche, de critiquer Marine Le Pen et Emmanuel Macron? Quel projet de droite, défendu par les divers candidats lors de la primaire, vont-ils mettre en avant? Celui de François Fillon, d’Alain Juppé, ou de Nicolas Sarkozy?

Dans l’Eure

Dans le département, un seul sortant se représente: Bruno Le Maire, dans la 1ère circonscription. Ses chances de réélection sont réelles. Il est l’un des leaders nationaux du parti et sa circonscription est bien ancrée à droite. Une inconnue, cependant: ses électeurs traditionnels lui resteront-ils fidèles malgré “l’affaire”? Pas simple, lorsqu’un sondage récent indique que les électeurs de droite restent fidèles à François Fillon à 52%., alors qu’ils étaient 83% en décembre….Dans la 2ème circonscription, Jean-Paul Legendre va tenter de ravir la circonscription au sortant socialiste et ancien président du conseil général, Jean-Louis Destans. La partie n’est pas gagnée pour le candidat LR, plus fragilisé aujourd’hui avec le problème Fillon, dont il aura à défendre le projet, et un candidat sortant très connu dans le secteur…. La 3ème circonscription, détenue par le centriste Hervé Morin, qui ne se représente pas, c’est l’incertitude totale. Les centristes et les LR ne s’entendent sur le candidat à investir. Hervé Morin soutient François Fillon et espère un geste de la part des amis de Bruno Le Maire…La 4ème circonscription est socialiste depuis 1981, avec une interruption entre 1993 et 1997. C’est le socialiste François Loncle qui la détient avec un certain bonheur. Ce mandat, en cours, devrait être le dernier pour lui, mais le PS n’a, à ce jour,  trouvé de candidat. Les centristes voudraient investir le maire de Louviers, François-Xavier Priollaud, lui aussi soutien de François Fillon, mais “Les Républicains” lorgnent également sur la circonscription et l’entente tarde. La logique de LR est de vouloir s’imposer dans quatre circonscriptions et les amis d’Hervé Morin en revendiquent deux…Enfin, Franck Gilard député de la 5ème circonscription, depuis 2002, a décidé de ne pas se représenter. Après plusieurs mois de réflexion, LR a investi Alexandre Rassaërt, le jeune maire de Gisors. La 5ème circonscription est aussi très à droite et imperdable pour LR, jusqu’à l’affaire Fillon . De plus, c’est vrai que la personnalité de Franck Gilard la mettait à l’abri d’un basculement à gauche…

L’épine dans le pied de chaque candidat

Le point commun pour l’ensemble des candidats, centristes et LR, est qu’ils auront tous, outre les adversaires traditionnels FN et de gauche, une sacrée épine dans le pied qui s’appelle Emmanuel Macron. Dans l’Eure comme ailleurs, ils auront en face d’eux un candidat de “En Marche”…Les législatives 2017 n’auront pas la saveur prévue, pour LR.

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Comments

  1. ericp27 6 février, 2017, 13:41

    et pourtant les primaires ça semblait plutôt bien au départ.
    tous les adhérents sont contents, et on les comprend.
    et puis on se rend vite compte que les perdants ne joueront pas le jeu.
    la preuve, le silence radio de sarkozy et juppé, et le non soutien de valls.
    finalement , les primaires font exploser les partis alors que l’idée de départ me semble bonne : choisir son candidat du 1er tour.
    cela implique donc la conclusion suivante : ces deux grands partis français sont minés par différents courants à l’intérieur, et l’unité n’est qu une façade.
    le scrutin a deux tours va devenir caduque, vive la proportionnelle, les grands partis ne sont plus crédibles ( me voici revenu en 2006 avec f.bayrou)
    j’espère qu à fin avril, il se passera chez nous ce qu il s ‘est passé en autriche, où les grands partis ont pris une claque phénoménale
    et ce n’est pas pour me déplaire

  2. Thibsib 6 février, 2017, 06:08

    Bruno Lemaire n’a t il pas connu ce même genre de problème quand il a été révélé que son épouse Pauline Lemaire, toujours présentée comme femme au foyer et artiste peintre, était rémunérée entre 2700 € et 3200 € par mois, par Bruno Lemaire puis par Guy Lefranc son suppléant ?
    Les montants n’étaient pas aussi indécents que pour Penelope Fillon mais l’embarras provoqué était le même.
    La “valeur travail” en prend quand même un sacré coup !

  3. Henri Clément 5 février, 2017, 21:48

    N’est-ce pas le moment de constater que le jeu des primaires était un jeu de massacre prévisible (avec un peu de bon sens) auquel les politiques, à gauche comme à droite, se sont livrés bêtement. Le résultat est là : les vainqueurs sont ceux qui n’y ont pas participé. Le mythe démocratique en prend un coup, les électeurs qui ont cotisé pour cette mascarade en sont pour leurs frais.

    Fillon n’était pas attendu par « le système » comme candidat, il a donc été déboulonné. Le système, c’est à dire les grands de ce monde, ceux notamment qui possèdent 90 % des médias ou ceux qui n’ont pas l’intention de laisser un politicien français de second rang vaguement gaulliste relativiser même timidement les diktats de l’OTAN, de l’ UE et du mondialisme à l’heure d’une pleine restructuration géo-politique mondiale.
    Fillon n’est pas un homme de ce système, il a commis une imprudence : celle de croire qu’un président de la république peut définir une politique nationale à sa guise…

    Le reste, les emplois fictifs, les accommodements budgétaires familiaux des Fillon, c’est de la pacotille pour occuper les esprits, des queues de cerises.

    Non, ce qui se joue est d’un autre ordre de grandeur, c’est un combat de titans.
    Fillon est déjà remplacé. La messe est dite, le spectacle électoral sera maintenu… pour la forme, animé par le couple Mélanchon-Marine. La vérité est que les deux partis dits « de gouvernement » ne sont plus que des fictions surannées qui ne « font plus le job » attendu. C’est pour les liquider qu’on leur a imposé les primaires… et un candidat ad hoc tout frais moulu.

    Logique. Du moins je vois les choses comme çà.

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