L’Agglo Seine-Eure croise le fer avec la SAPN

L’Agglo Seine-Eure croise le fer avec la SAPN

Les sociétés d’autoroutes vivent des jours prospères avec l’argent qui coule à flots. Une manne ponctionnée sur les usagers qui subissent des augmentations de péages, à répétitions, avec un cynisme inouï de la part des dirigeants de la SAPN. Ce qui s’apparente à un racket légal impacte l’économie des territoires et aussi la sécurité des automobilistes. Une réunion s’est tenue à la préfecture de l’Eure avec des élus, les représentants de l’Etat et des dirigeants de la Société des Autoroutes Paris-Normandie. La CASE évoque des enjeux importants avec les trois échangeurs qui posent problèmes, d’abord de sécurité, puis de tarification et enfin de logique économique. Interviews vidéo du président de la CASE et des 3 maires concernés, à l’issue de leur conférence de presse.

Des tarifs qui s’envolent

Autour de la table lors de la réunion à la préfecture, les invités d’honneurs sont des dirigeants de la SAPN et de la SANEF, la maison mère. Autour d’eux, le préfet de l’Eure René Bidal, le représentant du ministère de l’Ecologie, le président de la Communauté d’Agglomération Seine-Eure Bernard Leroy et le président du conseil général Jean-Louis Destans. L’ordre du jour est précis. Il se décline en trois volets distincts, mais complémentaires. Le plus sensible, celui qui touche le plus grand nombre, relève des tarifs de péages: augmentations à répétitions avec des montants de plus en plus prohibitifs, à telle enseigne que les usagers évitent certains péages  pour emprunter la D6015 (ex RN 15), ce qui engendre des kilomètres de bouchons estimés à plus d’une heure trente d’attente. Pour un seul tronçon d’environ 8 km, Incarville-Criquebeuf-sur-Seine, par exemple, il en en coûte 2,10 €. La SAPN estime ce tarif  logique et l’explique par le manque d’usagers, donc permettant de couvrir les coûts d’exploitation, le passage doit donc être plus cher. Une logique qui ne tient pas, rétorque Bernard Leroy. Le président de l’Agglo pense, au contraire, que si le péage était de 1 € environ il serait beaucoup fréquenté, la SAPN équilibrerait son exploitation et l’échangeur de Criquebeuf ne serait pas bloqué durant des heures, matin et soir….La SAPN rappelle, insidieusement, que les usagers abonnés bénéficient déjà d’un tarif préférentiel. Certes, mais c’est le conseil général qui finance cet avantage domicile-travail, dans certains cas. Pour une majorité d’usagers, c’est le plein tarif.

Sécurité zéro à l’échangeur de Criquebeuf sur Seine

Une étude avait été réalisée en 2007. La SAPN devait régler ce point noir saturé et mal dessiné à la base. Depuis cette époque l’étude est restée dans les placards et la SAPN n’a pas bougé le petit doigt préférant le pourrissement de la situation. Aujourd’hui, les responsables locaux exigent des actes et à priori ils ne semblent vouloir se laisser dépouiller de leurs prérogatives.

Heubebouville, un échangeur à sens unique est une aberration

C’est le territoire de l’axe de la vallée de la Seine le plus fourni en matière d’implantations industrielles avec ses Ecoparcs 1, 2, 3 et bientôt 4. Or, l’échangeur qui jouxte ces implantations, est à sens unique. Seuls les véhicules et poids lourds venant de Paris peuvent sortir et entrer et non ceux qui empruntent le sens Rouen-Paris. Une lourde anomalie que veut résoudre le président de la CASE “Il faut un échangeur complet, dans les deux sens et sur ce point nous avons insisté fortement pour que la SAPN investisse dans cet ouvrage opérationnel dans l’intérêt économique du territoire. Il est vrai que la société d’autoroute est assaillie de demandes sur l’ensemble de son réseau. Le MEDDE  (Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie) incite la collectivité à participer financièrement à l’étude du projet pour qu’il soit pris en considération. C’est ce qu’a rappelé la SAPN lors de la réunion. Une telle étude coûterait environ 100 000 €. Bernard Leroy a dit chiche aux représentants de la société. Ce sera 50 000 € pour chaque partie. Cette étude sera menée sur les trois échangeurs en référence à leurs particularités. Il faudra bien, ensuite, passer aux actes. “C’est le bon moment a conclu Bernard Leroy et nous sommes déterminés à faire bouger les choses”.

 

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