Eure, veillée d’armes pour les candidats aux législatives

Circonscriptions Eure

 

Difficile pour les candidats aux législatives, déclarés ou non, de tirer des plans sur la comète avant le second tour de la présidentielle. Les chances de conserver leur siège, pour les sortants ou d'en conquérir un, pour les nouveaux, restent directement liées à la situation du  dimanche 6 mai 2012. Revue de détails.

 

Si Nicolas Sarkozy est réélu, les sortants UMP ont de très fortes chances de conserver leur circonscription. En l'occurence, il s'agit de Bruno Le Maire dans la 1ère, Jean-Pierre Nicolas dans la 2ème et Franck Gilard dans la 5ème. Cela vaut, également, pour Hervé Morin dans la 3ème. L'ancien ministre de la Défense, président du Nouveau Centre, vient de retirer sa candidature à la présidentielle, pour soutenir Nicolas Sarkozy. L'UMP ne lui opposera de candidat. Enfin, le seul député socialiste de l'Eure, dans la 4ème circonscription, ne risque pas de défaite, quel que soit le cas de figure. La situation serait-elle la même dans l'hypothèse d'une victoire de François Hollande? A priori oui, sauf que ce n'est nullement gravé dans le marbre. Dans la 1ère circonscription, Bruno Le Maire est à l'abri dans les deux hypothèses. Sur l'ensemble des cantons, une majorité d'électeurs lui sont acquis, traditionnellement. La question se pose, en revanche, pour Jean-Pierre Nicolas dans la 2ème. Un candidat de gauche, officiellement déclaré, Jean-Louis Destans, le président du conseil général, pourrait mettre le sortant UMP en difficulté. Sur place, pourtant, la situation diffère des commentaires. En effet, Jean-Pierre Nicolas est reconnu comme un homme de terrain qui travaille beaucoup et les électeurs, toujours nombreux dans les réunions UMP, lui reconnaissent cette capacité. S'ajoute, depuis peu, la volonté, non-affichée à ce jour, de Michel Champredon, le maire d'Evreux, de se présenter aussi. Quel est le sens de cette candidature? Ou bien, le maire d'Evreux pense avoir une réelle chance de passer devant Jean-Louis Destans et de l'emporter, ou, il veut peser sur la fédération socialiste sur une légitimation pour les prochaines municipales de 2014.

La 3ème circonscription se donnera, une nouvelle fois, à Hervé Morin. De 0,5% d'intentions de votes à la présidentielle, l'ancien ami de François Bayrou redorera son blason grâce à un électorat de droite bien ancré dans cette contrée. Le seul risque pour Morin est de voir une candidate écologiste lui ravir des voix l'obligeant à un second tour. Dans la 4ème circonscription, le socialiste François Loncle sera réélu sur toute la longueur et largeur. La droite n'a jamais brillé dans cette circonscription depuis 1981, à l'exception de 1993 lors d'une marée bleue, laquelle s'est achevée avant son terme avec la dissolution de 1997. Hormis cette perenthèse, François Loncle occupe le terrain sans adversité réelle. L'UMP a totalement disparu de la géographie locale depuis la seule mandature gaulliste de 1968-1973 qui avait vu l'élection d'André Delahaye. Depuis longtemps, l'UMP n'y est que résiduelle. Le Nouveau Centre a tenté d'y implanter un collaborateur d'Hervé Morin. Il ira probablement à la bataille en service commandé, pour ne pas dire à l'abattoir.

5ème circonscription, tout est possible

Bien malin serait celui, capable de donner une quelconque tendance dans cette circonscription, complexe.  La droite et la gauche ont alterné depuis 1958. Vingt deux années avec le gaulliste René Tomasini, douze années avec le socialiste Freddy Deschaux-Beaume, quatre ans avec le RPR Jean-Claude Asphe, cinq ans avec la socialiste Catherine Picard et dix ans avec l'UMP Franck Gilard. Particularité, la forte implantation du Front National. Le parti de Jean-Marie Le Pen est à l'origine de la victoire de la socialiste Catherine Picard en 1997, à la défaveur du RPR Jean-Claude Asphe, lors d'une triangulaire. C'est la question posée pour le rendez-vous de juin 2012. De plus, si le FN obtient un score de 12% au premier tour et se maintient, il pourra faire battre le candidat UMP. Mais au bénéfice de quel candidat et c'est la seconde question. A ce jour, aucun candidat PS n'est investit. C'est  un membre de EE-LV qui a été designé par un comité Théodule pour représenter la gauche non communiste. Si les choses restent en l'état, le député sortant sera réélu, à coup sûr, s'agissant de majorité relative. Si en revanche, le Parti socialiste fait entendre raison à son partenaire écolo, l'élection restera très ouverte.

Le Front de Gauche présent

Dans la 4ème circonscription, le Front de Gauche présente Arnaud Levître, le fils du maire d'Alizay. La situation de l'usine M-REAL, entre autres, pourrait être l'occasion pour une partie de l'électorat de gauche de se porter sur son nom, au premier tour. Il en est de même dans la 5ème circonscription avec l'investiture de Jean-Luc Lecomte, maire-adjoint de Vernon. Il remplace Marcel Larmanou, le maire et conseiller général de Gisors, après quatre décennies de présence sur le terrain. A suivre…

Cliquer ici pour voir la géographie des circonscriptions

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Comments

  1. José Alcala 22 février, 2012, 08:43

    @ Tom
    Il y avait une candidature écolo en 2007, mais c’était une candidature de principe. La personne n’a pratiquement pas fait campagne. Cette fois c’est un véritable engagement de Madame Amstrong, qui fera campagne sur le terrain. La situation ne sera pas la même pour Hervé Morin….

  2. Tom 21 février, 2012, 16:47

    En 2007, il y avait également une candidature écologiste : http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/LG2007/027/circons03.html
    Et l’histoire se répète puisqu’il y a également deux candidats socialistes sur la ligne de départ (M. Courel et Mme Mammeri). Plus un candidat Front de gauche (pas de division en vue comme la dernière fois à l’extrême gauche a priori). Cela fait beaucoup à gauche. Donc je pense vraiment que M. Morin est plutôt soulagé.

  3. José Alcala 20 février, 2012, 17:20

    @ Tom
    C’est simple. Hervé Morin a toujours été bien élu dans sa circonscription, soit dès le premier tour, soit au second avec un score très large et cela avec la présence d’un candidat socialiste. Cette fois, une candidate EE-LV sera présente, en plus. Cela aura pour conséquence, probable, une victoire de Morin beaucoup mois large. Ce n’est pas la candidate socialiste, seule, qui le mettra dans cette situation. Demandez à Jean-Louis Destans, il en sait quelque chose…..

  4. Tom 20 février, 2012, 15:51

    “Le seul risque pour Morin est de voir une candidate écologiste lui ravir des voix l’obligeant à un second tour.”
    Je n’ai pas compris cette phrase M. Alcala, ce n’est pas plutôt la candidate socialiste qui pourrait “l’obliger” à un second tour, surtout si le prochain président est de gauche ? Je pense même que M. Morin se réjouit qu’il y ait une candidate écologiste qui marche sur les plates bandes de son adversaire socialiste… Non ?

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