Eure, polémique collèges

Eure, polémique collèges

Le plan d’urgence pour les collèges de l’Eure, lancé par le Département, prévoit la suppression, pure et simple, de deux établissements, en juillet 2018. Il s’agit des collèges Pablo Neruda d’Évreux et Pierre Mendes-France de Val-de-Reuil (voir article précédent). Une décision attaquée par l’opposition de gauche du conseil départemental, mais aussi et surtout par Marc-Antoine Jamet, le maire de Val-de-Reuil. Après avoir manifesté son désaccord sur la décision, il entend le faire savoir plus fortement  lundi prochain, au moment où se tiendra la séance plénière du conseil départemental. Le président vient de lui répondre, via un communiqué, sur un ton des plus énergiques.

Deux tempéraments; deux visions diamétralement opposées de la politique;  deux approches, inconciliables, de la gestion des deniers publics.

Sébastien Lecornu, président, “Les Républicains” du conseil départemental de l’Eure, vient de prendre la décision de fermer deux collèges du départements: Pablo Neruda d’Evreux et Pierre Mendes-France de Val-de-Reuil. Les raisons sont de trois ordres, 1) souci sanitaire et de sécurité lié à la structure des bâtiments, 2) établissements en sous-effectifs, 3) nécessité impérative d’opérer à des économies.

Pour Monsieur Lecornu, “ces bâtiments, en cas d’incendie, sont des pièges mortels pour tous ceux qui y travaillent, personnels et collégiens…c’est donc une priorité absolue pour la majorité départementale.” Ailleurs, dans le département, il existe aussi des collèges de type “Pailleron”. Il seront abattus et reconstruits. Pablo Néruda à Evreux et Pierre-Mendes-France à Val-de-Reuil, lesquels seraient bourrés d’amiante, mais ne comportent pas de structures métalliques comme les “Pailleron”, ne seront pas reconstruits. Les collégiens seront répartis dans des collèges proches géographiquement. Et Sébastien Lecornu de poursuivre, “Tant pis si cette décision ne fait pas l’unanimité, la sécurité des élèves n’est pas négociable”. Il rappelle, pour conforter sa décision, que Jean-Louis Destans, son prédécesseur, avait fait le même constat mais devant la fronde de ses amis socialistes, il avait reculé et laissé la situation en l’état. Ce que réfute, aujourd’hui, l’intéressé.

De son côté, Marc-Antoine Jamet, le maire de Val-de-Reuil, conteste cette “décision injuste, inepte, irréfléchie et irresponsable”. Selon lui, le collège de Pacy-sur-Eure et d’autres dans le département, sont construits avec les mêmes matériaux et Monsieur Lecornu ne les ferme pas. Monsieur Jamet y voit une volonté délibérée de nuire, “décision sans doute improvisée un soir de banquet sur le coin d’une table des primaires de l’ex-UMP…comportement digne du sapeur Camembert….absence de jugeote, de jugement et de justice…etc.

Un politique qui assume

Oui, Monsieur Lecornu fait de la politique, comme Monsieur Jamet en fait, ou essaye d’en faire. Au cours des campagnes électorales des municipales et des départementales, il avait fait des promesses et précisé ses choix. Le suffrages universel lui a donné raison. En même temps il sait que la critique sera présente et assume. C’est peut-être ce positionnement qui le rend populaire. Sur l’affaire des collèges, il a pris ses responasblités. Les manifestations qui s’annoncent devant le conseil départemental, lundi prochain, ne risquent pas de le troubler, fort de sa légitimité. Sébastien Lecornu fait de la politique, il s’est installé dans le paysage pour un contrat à durée indéterminée.

 

 

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