Eure, le département adopte et prend position

Eure, le département adopte et prend position

Après la manifestation de lundi matin, qui a bloqué la session plénière, le conseil départemental a pu reprendre le cours normal de ses travaux. Parmi les dossiers inscrits à l’ordre du jour, le Plan Pluriannuel d’investissements des collèges; la réorientation du RSA; l’examen du projet ferroviaire Eole/LNPN et le contournement Est de Rouen qui implique nombre de territoires (lire article suivant). Sur l’ensemble, c’est toujours une affaire de gros sous, d’organisation et de concrétisations sur le moyen et long terme.

Le PPI, dont le dossier a mis le feu aux poudres, a été adopté par une large majorité de droite et du centre, dans laquelle se sont retrouvés plusieurs élus de gauche, non socialistes et communistes. Ainsi, Bruno Questel (ex-conseiller PS passé au PRG)  et Gaby Lefèbvre son binôme; Catherine Meulien et Jean-Rémi Ermont (non socialistes) et Micheline Paris, binôme de Jean-Pierre Flambard qui s’est abstenu. Se sont abstenus aussi, Alfred Recours (PS) et son binôme Laurence Cléret.

Ont voté contre: André Oger, Serge Masson, Francis Courel, Janick Léger, Jean-jacques Coquelet, Gaëtan Levître et Maryannick Deshayes.

Le PPI c’est 172,5 Millions d’euros, pour 9 collèges reconstruits, 5 collèges restructurés et étendus, 2 collèges fermés et un collège dont le sort sera décidé en 2018. (Voir détails dans l’article du 17 juin “Eure, affaire de collèges”.)

Relookage du Revenu de Solidarité Active (RSA)

Lors de cette session plénière, la commission chargée de faire l’évaluation de la politique du RSA dans l’Eure, a rendu ses conclusions sur un dispositif décrié par la nouvelle majorité. En clair, Sébastien Lecornu avait estimé, dès sa prise de fonction, début avril 2015, que l’attribution du RSA n’est pas pertinente et qu’il fallait redistribuer les cartes, s’agissant, notamment, de bénéficiaires non identifiés qui peuvent y prétendre, tandis que d’autres pourraient ne pas y avoir droit. Autrement dit: il y a des tricheurs et des lésés. La commission révèle surtout “l’insuffisance du volet insertion et d’accompagnement vers l’emploi, d’une partie des bénéficiaires. Ainsi, 12 mesures sont proposées pour remettre le A d’activité au cœur du dispositif.”

80 millions d’Euros en 2016

Le président Lecornu recommande: ” Fondamentalement, et je l’ai toujours dit, la philosophie du revenu minimum d’insertion (RMI) devenu aujourd’hui revenu de solidarité active (RSA), est bonne. Cependant, il faut aujourd’hui avoir le courage d’en faire le constat : le RSA ne réussit pas, comme il devrait le faire, à favoriser l’insertion ». Et d’apporter des précisions chiffrées: Le RSA c’est 80 millions d’euros en 2016. C’est une ligne budgétaire très lourde pour le Département, selon le président “ Raison pour laquelle, au-delà des enjeux de financement de cette allocation, il faut mesurer, sans parti pris, l’efficacité du dispositif”.

La Commission idoine, présidée par Jean-Paul Legendre et composée de conseillers départementaux de la majorité et de l’opposition, a travaillé sur l’évaluation des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement des bénéficiaires du RSA, dans l’Eure, qui sont 17 838. La commission propose 12 mesures pour améliorer l’efficacité du RSA dans l’Eure:

1-     Améliorer l’outil d’entretien en ouverture des droits et mieux profiler les compétences des bénéficiaires
 2-     Mieux former les acteurs de l’accompagnement
 3-     Intensifier l’accompagnement des 25-34 ans, les plus à même de trouver rapidement un emploi en entreprise
 4-     Expérimenter pendant un an une nouvelle forme d’organisation misant sur une orientation fine des demandeurs
 5-     Renforcer l’offre d’orientation avec des temps de travail spécifiques pour les publics les plus éloignés de l’emploi
 6-     Contractualiser avec Pôle Emploi pour augmenter le nombre d’accompagnements renforcés (d’ici 2017)
 7-     Mobiliser le tissu économique eurois sur cette problématique
 8-     Activer les relais sociaux locaux pour éviter que les bénéficiaires du RSA ne s’enfoncent durablement dans le dispositif
 9-     Faire entrer les plus jeunes bénéficiaires volontaires dans le monde associatif sportif
 10-  Améliorer le pilotage des actions RSA (création de plusieurs postes clés)
 11-  Mettre en place un comité des usagers du RSA pour écouter les besoins et mesurer l’efficacité des mesures nouvelles mises en œuvre
 12-  Signer des conventions d’objectifs clairs et chiffrés avec les structures d’insertion.

A suivre la LNPN et le contournement Est de Rouen. Deux dossiers qui font couler beaucoup d’encre.

 

 

 

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Comments

  1. Henri Clément 22 juin, 2016, 16:53

    RSA :
    Toutes personnes ayant œuvré dans les divers métiers relatifs à l’accompagnement à l’emploi reconnaîtra en ces 12 points une litanie resservie en ritournelle qui sert essentiellement à justifier des postes du côtés des évaluateurs d’efficacité.
    Pas question de changer de méthodes ni de modèle, de redistribuer les rôles autour d’un projet novateur..

    En pratique il n’est pas rares de voir 12 acteurs sociaux pour encadrer un cas individuel, mais on en conclura qu’il est donc urgent d’en embaucher un 13e pour “améliorer le pilotage (point 10)” du millefeuille partenarial.

    Quand aux comités citoyens relayés par les UTAS (point 11), je préfère ne pas en parler pour ne pas tirer sur des ambulanciers en désoeuvres – en quête de bonnes oeuvres…

    Quand on appartient à un (des) parti(s) qui ont fait les mauvais choix d’orientation économiques et sociaux depuis 30 ans, qu’on découvre le poids de ses contradictions, on fait des évaluations et des beaux programmes pour cacher qu’il y a une quasi-industrie bureaucratique de la misère subventionnée qui, elle, prospère sur fond de clientélisme politique.
    Il faudrait beaucoup de courage politique pour y remédier, mais le courage n’est pas couramment observé comme un effet majeur des démocraties !
    Difficile dès lors de solliciter celui des allocataires. paupérisés.

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