Espagne, le retour de la Derecha

RajoyLa droite revient en Espagne. Mariano Rajoy, leader du Parti Populaire (Partido Popular) sera investi Président du Gouvernement, par le Roi, après le résultat des élections législatives qui se déroulent aujourd'hui. Jamais un chef de gouvernement n'aura été aussi rejeté que Jose Luis Rodriguez Zapatero, qui a décidé de jeter l'éponge cinq mois avant la fin du mandat. Cependant, il convient, aussi, de tordre le cou à quelques idées reçues.

Les espagnols portent deux patronymes, celui du père et de la mère. Celui que la presse a baptisé Jose Luis Zapatero est en réalité Jose Luis Rodriguez Zapatero. Et s'il fallait raccourcir un peu, pour aller plus vite, ce devrait être Jose Luis Rodriguez. C'est anecdotique, sans plus. En revanche, d'autres erreurs plus sérieuses entâchent la réalité sur Jose Luis Rodriguez. Son retrait, volontaire, de la présidence du gouvernement n'est pas lié à la situation économique et politique du Pays, mais à sa volonté de ne faire que deux mandats à la tête du gouvernement. Rodriguez Zapatero l'avait annoncé au cour de son premier mandat, entre 2004 et 2008. En revanche, sa décision d'avancer de cinq mois les élections législatives, prévues en mars 2012, est effectivement un choix lié à grande crise que traverse le Pays. C'est vrai, le boum économique de l'Espagne, à partir des années 80, hissa la jeune démocratie parmi les meilleurs élèves de l'Europe. Le chômage qui atteignait les sommets avec presque 30%, fut endigué en très grande partie et se positionnait au milieu des années 90 autour des 11%. Le différenciel, très spectaculaire, fut salué par l'ensemble des partenaires européens. Mais toujours dans ces moments-là, des vautours guettaient l'opportunité. La bulle immobilière était gonflée artificiellement par de riches familles, dont la spéculation financière était leur raison d'être. La crise de 2008 fit exploser le système et mettait des centaines d'entreprises du bâtiment et des millions d'espagnols, en accession à la propriété, sur le pavé. Sans doute Rodriguez Zapatero et Aznar avant lui, n'ont pas su prendre la mesure de la tragédie. Sans doute, espéraient-il un troisième miracle espagnol….Aujourd'hui, de nouveau, 22% de chômeurs défilent dans les Pôles Emplois locaux sans espoir aucun de trouver un travail avant longtemps. La droite de Mariano Rajoy va devoir renforcer l'austérité devant l'état du Pays, dette, croissance défaillante et déficit extérieur. Les électeurs auront ainsi le comparatif.

Ce que laisse Rodriguez Zapatero.

La Catalogne était en prise avec le pouvoir central de Madrid. Le Président du gouvernement, réforme le statut de la Région, pour une paix recouvrée. Il fait face à l'intensification des actions violentes de ETA et sa position s'est avérée payante puisque l'organisation séparatiste basque vient de déposer, définitivement, les armes. En 2004, peu après le retour de la gauche au pouvoir, il rapatrie les troupe engagées dans la guerre d'Irak par Jose Maria Aznar pour faire plaisir à Bush. Rodriguez Zapatero régularise 500 000 clandestins, dont les 2/3 en provenance de Pays d'Amérique du Sud. C'était en 2005, l'époque où les employeurs embauchaient dans le secteur du bâtiment, le tourisme et la restauration. Il fait voter la loi sur le mariage des homosexuels et accentue le dispositif de la Sécuité Sociale. En revanche, il n'a pas réagi devant la crise de 2008, pensant qu'il s'agissait d'un simple orage, passager.

Crédit photo: El Mundo. Mariano Rajoy, prochain Président du gouvernement espagnol.

 

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