Éléments de langage et d’attitude

Éléments de langage et d’attitude

Éditorial

Les encagoulés attaquent à la peinture des cars du FN, François Fillon tente une diversion avec un discours qu’on ne lui connaissait pas, Marine Le Pen refuse une invitation de la police, François Bayrou critiqué parce qu’il n’est pas candidat, et des responsables Les Républicains récitant leur liste d’éléments de langage. Du jamais vu dans une campagne présidentielle. En réalité, la panique atteint les partis de gouvernement qui n’intègrent toujours pas leur responsabilité dans les affaires de la France depuis 50 ans.

D’abord, Madame Le Pen et les cadres du Front National ont raison de se plaindre de l’attaque, à la peinture, de cars transportant des militants au meeting à Nantes. Cette affaire d’attaque de cars est mise sur le compte de “gauchistes” s’opposant à la venue du FN. Pourquoi le terme gauchiste est-il utilisé? Ni le NPA ni Lutte Ouvrière n’emploient la force pour manifester. Les assaillants étaient encagoulés et ce n’est une habitude vestimentaire des partis d’extrême-gauche? Alors, quel groupe à agi à visages dissimulés?………..

Par ailleurs, il eut été plus simple que Madame Le Pen ait répondu à la convocation de la police, elle qui défend l’action de cette même police.

Du côté de François Fillon, la communication est inexistante, ou inadaptée à la situation. Ses principaux lieutenants circulent avec dans la poche une liste de phrases préfabriquées qu’ils distillent comme des robots, devant les micros et caméras. L’artifice ne trompe pas et c’est le candidat qui est tenu pour responsable des messages surannés. S’ajoutent des attaques sulfureuses qui sonnent faux dans la bouche d’un responsable politique habituellement plus raffiné dans ses propos. “Climat de quasi guerre civile” martèle-t-il. L’on voit que François Fillon n’a pas idée de ce qu’est une guerre civile. Et, sans aller jusque là, se souvient-il, au moins, de décembre 2005 lorsque les banlieues s’enflammaient, au sens propre et figuré, tous les soirs et pendant un mois? Le ministre de l’Intérieur s’appelait Nicolas Sarkozy.

Enfin, le spectacle le plus surnaturel a été offert ce matin à Meaux. François Fillon rend visite à Jean-François Copé. Qui ne se souvient de leur guerre à propos de la présidence de l’UMP? Invectives, noms d’oiseaux. Déjà, François Fillon lançait “On ne va pas se laisser voler notre victoire”, visant le maire de Meaux accusé de bourrage d’urnes….

Voilà ce qui détruit François Fillon, au-delà de son affaire personnelle de présumés emplois fictifs. Voilà pourquoi il reste inaudible, voilà pourquoi la victoire finale pourrait lui échapper. François Fillon, depuis sa nette victoire à la primaire le 27 novembre 2016, a tout fait à l’envers. “Le PenelopeGate”, pouvait être mieux gérer s’il avait su parler rapidement et laisser s’exprimer l’ensemble des protagonistes familiaux. Au lieu de cela, il s’est enlisé sur tous les fronts. Finalement, il est seul responsable cet accablement. Dommage, l’homme pouvait faire beaucoup mieux.

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Comments

  1. PIMALULU 1 mars, 2017, 16:13

    @JoséAlcala
    Le feuilleton accélère et un clou chasse l’autre.
    A peine votre éditorial du 28 février est-il en ligne, que F. Fillon, menacé d’une mise en examen le 15 mars prochain, en remet une couche, et ne parle plus de vol d’une victoire qu’il cru un jour acquise, mais carrément d’un assassinat !
    De qui ? Mais de la démocratie bien sûr. Le juge est un assassin…

  2. GeeBee 1 mars, 2017, 04:25

    Vivons nous dans le même monde ?

    François Fillon à une perception bien étrange de la réalité. Même si par empathie, je suis disposé à lui trouver une bonne excuse voire plusieurs, ce n’est pas une raison pour balancer “en argumentum ad personam” un gros mot qui fait indiscutablement partie des éléments de langage de l’ E.D. depuis belle lurette. Mais il n’y a rien d’étonnant car après tout, l’ancien taulier avait donné l’exemple lors de son petit séjour – mais c’est du passé tout ça .

    Pourquoi ce candidat n’a t-il pas tourné le dos à la politique à papa ? Peut être à cause de son auditoire ? A moins que cette méthode ne lui vienne se sa conseillère en communication – voir l’article de CD https://cameradiagonale.fr/communication-star-de-francois-fillon/ : ” Il fallait trouver une formule ‘choc’ pour l’occasion : ” Vasy françoué lâche donc une grosse bouse pour glaner quelques voix à c’t’heure”.

    Mais mazette, que ces élections sont épiques, angoissantes, passionnantes, les mots me manquent. Avouez que ce n’est pas facile de résumer en un mot une situation nouvelle qui bouscule notre train-train d’électeurs mais aussi celui de nos sondeurs et pourquoi journalistes qui comme nous tous s’ interrogeons finalement sur notre destin. Pas de chance, le temps se gâte et c’est un peu la panique à bord du paquebot France (Né au Havre oblige), panique pour les politiques au point de réduire leur vocabulaire à des formules, panique pour le peuple, tout au moins 75% de la masse électorale (j’espère ) et enfin panique à gauche comme à droite.

    Voilà, FF à posé le tapis rouge qui manquait sur boulevard du maréchal.

  3. Henri Clément 28 février, 2017, 16:12

    Je ne suis pas soutien de M. Fillon, tant s’en faut, ni de personne dans cette élection d’ailleurs, mais bon, dire qu’il est “seul responsable cet accablement” ne grandit pas celui qui hurle avec les loups, pardon de vous le dire. Le problème n’est pas sa gestion habile ou pas du “penelopeGate”, mais la raison profonde de la survenue d’une telle affaire comme recours fallacieux dans un processus sensé être démocratique et des institutions sensées consacrer la séparation des pouvoirs.
    On ne peut mêler consultation électorale décisive et traitement judiciaire sans sortir du champs républicain… pour tomber dans les logiques mafieuses au plus haut niveau de l’état.

    Il en va de même de la compréhension des commandos anti-FN de Nantes, actes néo-fascistes s’il en est : la question n’est pas de savoir si le mot “gauchiste” est ou non adéquat. Il est évident qu’aucune organisation politique ne va s’en revendiquer. D’ailleurs, on se fiche de savoir qui sont, individuellement, ces nervis. Il est par contre évident objectivement aisé de constater qui les laisse faire et pourquoi, comme dans l’artificielle affaire Théo. Ce n’est pas moi qui désigne le coupable, c’est juste la loi : qui est garant de l’ordre ? et donc acteur majeur du désordre ?

    Ces actes de déstabilisation sont des pièces d’un puzzle qui ne demandent qu’à être recomposé, à chacun de s’y employer sans céder aux apparences.
    Marine Le Pen a posé une vraie question à Nantes : la justice est-elle un pouvoir ou une autorité ? Voilà un débat de fond. Partant de là quel est le rôle des juges et de la police ? Quel jeu antidémocratique leur font-on jouer ? Pourquoi Fillon parle t-il de “guerre civile” ?

    Evidement si on veut voter macron, pas besoin de débat, au diable Montesquieu et tutti quanti, la colonisation comme l’art français, allons-y gaiement dans la grande braderie… et les petites épiceries électorales.
    CQFD, voilà le puzzle presque reconstitué.

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