Éditorial. Les chantres de l’hyper-libéralisme en rabattent

Éditorial. Les chantres de l’hyper-libéralisme en rabattent

Il a fallu cette pandémie, mortelle, pour que les sociétés occidentales prennent la mesure de leur immense erreur à vouloir tout diligenter par l’argent, le pouvoir, la marchandisation et le chacun-pour-soi. En France, l’État, tant vilipendé par ces chantres de l’hyper-libéralisme, reprend des couleurs. Celles qui ont toujours été les siennes: la défense de ses concitoyens en toutes circonstances. Ainsi, lorsque la panique, le désastre et la mort prennent le dessus, l’État bouscule les habitudes en intervenant “quel qu’en soit le prix”. Ceux qui ont la charge ce cet État se montrent, enfin, responsables. De même, les thuriféraires de l’économie mondialisée, de l’Europe faible, bavarde et inefficace, se rendent compte de leur immense paralysie devant un gigantesque drame mondial. Ainsi, toujours en France, des milliards se débloquent. Des milliards que l’État va attribuer pour venir en aide aux entreprises et aux salariés en difficultés. Le ministre parle même de pourvoir à des nationalisations “si besoin était“. Ce même ministre qui voulait tout privatiser quand il servait un autre gouvernement. L’on se souvient de Pôle Emploi qui était dans le collimateur. Le voilà maintenant faire un 180° et c’est tant mieux. De même, ces commentateurs patentés au libéralisme extrême qui surinaient le pays en vantant les hauts mérites du “marché”, de la “libre concurrence” et de “l’actionnariat”. Le cynisme à tous les étages. Tous se rendent compte de la nécessité d’une plus juste régulation dans le monde de l’économie.

Enfin et pour rester dans la même lignée. En France, chacun a pu constater l’état catastrophique de nos hôpitaux et de la médecine de ville. Les moyens ne sont pas à la hauteur des espérances. Où sont les responsables qui aujourd’hui et par le passé ont laissé péricliter la situation? Vont-ils cesser, enfin, d’ânonner que l’hôpital est en déficit? Il n’y a pas de déficit, il y a un coût devant lequel il convient de mettre un financement pérenne. Ce n’est pas la même chose.

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