Éditorial. Deux mots sur les affaires du moment

Éditorial. Deux mots sur les affaires du moment

Le président de l’Assemblée Nationale mis en examen et le maire de Levallois-Perret en prison. Les politiques se déchainent et défendent leurs collègues aux prises avec la justice. Et pour cause, tous les courants politiques sont, ou ont été, dans la nasse. L’esprit de corps prédomine. C’est là tout le problème.

Faut-il ou non s’offusquer des actions judiciaires qui frappent les politiques? Chacun a sa réponse. Toutefois, un un moment donné il faut savoir ce que l’on veut. Un élu important, entend-on souvent, se doit d’être exemplaire sur tous les plans. Maintenant, reste à connaitre la vérité vraie de ce qui lui est reproché. C’est le rôle et le métier de la justice, avec ses enquêtes et ses auditions, souvent longues et contradictoires. Nombre d’élus, de niveau national, réussissent à passer à travers les mails du filet, certains sont relaxés parce que innocents in fine et d’autres doivent rendre des comptes, parce que réellement coupables.

Rien n’est tranché pour Richard Ferrand, le président de l’Assemblée. Sa mise en examen n’est en aucun cas l’antichambre d’une condamnation. Toutefois les juges estiment qu’il y a matière à enquêter plus profondément. Alors, qu’il reste en place sur son Perchoir de l”Assemblée n’est pas une anomalie. Une question seulement: “pourquoi, avait-il démissionné de son poste de ministre un mois après sa nomination, lorsque cette affaire des Mutuelles de Bretagne était sortie et alors qu’il n’y avait eu aucune mise en examen? C’est tout. Pour la suite, attendons le décision de justice.

Pour Patrick Balkany, c’est plus complexe. Les affaires le talonnent depuis des années. Le fisc, cet empêcheur de frauder en rond, ne lâche pas le morceau. Fort du résultat de ses enquêtes, il réussit, quand même, à mettre la main sur ses résidences secondaires le temps de réunir toutes les preuves de culpabilité. Une première étape a été franchie hier. Ce n’est qu’une étape, car l’appel interjeté par son avocat portera ses fruits pour de longs mois, voire années. Le détenu de Levallois-Perret sortira dans les deux mois. Il sera, de nouveau, candidat à sa succession aux prochaines municipales de mars 2020 et réélu maire, sous toute vraisemblance. Ses électeurs l’attendent. Ils recevront, de nouveau, les “petites friandises” de fin d’années. Pour finir, le couple Balkany avoue avoir fauté en n’ayant pas déclaré ses revenus au fisc, mais se dédouane en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’argent public. Sauf que l’impôt redevable est de fait de l’argent public. Ce petit détournement de vérité fait, apparemment, son effet. Enfin, le détenu Balkany n’est pas un détenu comme les autres. Il bénéficie d’une cellule, où il est seul, dans le quartier VIP de la prison de la Santé. C’est vrai, un élu de haut rang n’est pas un citoyen ordinaire….

Photo: image d’illustration

Categories: France

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