Débat, le même qu’en 1980

Débat, le même qu’en 1980

Extraordinaire. Hier soir les 7 candidats à la primaire de la droite ne s’en sont pas laissé compter par les journalistes. Malgré son organisation préalable avec les responsables de campagne, François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet ont voulu orienter le débat sur des questions de leur choix. Nicolas Sarkozy a manifesté son dégoût du Service Public de télévision après la question de David Pujadas portant sur les prétendues valises de billets que l’homme d’affaires libanais Ziad Takieddine lui aurait apportées de la part du colonel Kadhafi. Bruno Le Maire, lui, s’en est pris à Jean-Pierre Elkkabach qui a osé lui poser une question sur l’échec de sa campagne électorale “Pourquoi ça n’a pas marché?…..Voir vidéo en lien ci-dessous avec, déjà, Jean-Pierre Elkkabach + séquence du débat de jeudi, en dessous

http://www.ina.fr/video/I08014459

L’on a senti une poussée de fièvre à trois jours du premier tour. La question se pose sur la relation entre politiques et journalistes. Les uns pensant que les autres doivent être à disposition et chacun d’estimer qu’il n’a pas de leçons à recevoir de l’autre.

Hier soir, les cibles ont été Jean-Pierre Elkkabach et David Pujadas. Le premier avait connu la même mésaventure dans les années 70 et 80, notamment avec Georges Marchais le leader communiste de l’époque…voir vidéo.

 Sur un plateau de télévision, se sont les journalistes qui mènent le débat et non les politiques qui décident des “bonnes questions”. Lorsque Jean-Pierre Elkkabach demande à Bruno Le Maire pourquoi sa campagne n’a pas fonctionné, le député de l’Eure pouvait répondre normalement car c’était une question normale et légitime. En revanche, le journaliste n’avait pas à lui rétorquer “on verra lundi“. Cette affirmation est inappropriée parce que blessante. De même, Nicolas Sarkozy pouvait répondre à David Pujadas que son accusateur est “un menteur, condamné par la justice“, mais la remise en cause du Service Public (de télévision) est inadéquate. Effectivement, la formulation de la question n’était pas du meilleur goût, pas plus que le bon moment pour la poser. Enfin, François Fillon était, comme les autres, l’invité de France 2 et n’avait pas a choisir le questionnement. D’autant que le conducteur de l’émission était ainsi rédigé. Lorsqu’il était Premier ministre, les journalistes n’allaient à Matignon pour lui expliquer comment il fallait s’y prendre….Donc, chacun chez soi et la chasse sera bien gardée.

Voilà un débat qui ressemble étrangement à ceux des années 80, avec le talent de Georges Marchais en moins.

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