Canicule et panique

Canicule et panique

Discours de panique, déclarations intempestives, alerte générale, informations en boucle. Un vrai pataquès. La canicule, telle qu’elle est évoquée par les médias et les politiques, est assimilée à une sorte de fin du monde. C’est trop, vraiment trop. Il convient de rester calme et d’informer au plus près de la réalité, sans éternelles répétitions.

D’accord, l’État doit faire le nécessaire pour protéger les populations, surtout parmi les plus fragiles. Il le fait: enfants, personnes âgées, établissements de santé, notamment les EHPAD. Des précautions sanitaires doivent être prises pour éviter le pire. Cela peut se réaliser fermement et calmement. Aussi, il convient de cesser la surinformation qui débouche sur le stupide. Depuis 48h, le pays est en proie à la panique. Celles-ci est orchestrée par des médias prêts à tout pour monter en épingle des situations tout à fait maitrisables.

Le défilé du parlé pour ne rien dire

De quoi s’agit-il. D’une période de haute chaleur comme il s’en présente certaines années. On le dit et répété, ces chaleurs peuvent atteindre et mettre à mal des personnes fragiles. Les autorités y font face et communiquent très bien dans les services concernés. Alors laissons-les travailler. Pour les autres, la situation est, au pire pénible et dans le meilleurs des cas, supportable. A-t-on besoin d’un jeune ministre qui vient expliquer à la télévision “il faut se protéger en buvant de l’eau et surtout ne pas s’exposer au soleil”. Si par un climat à ce niveau de chaleur, d’aucuns poussaient le besoin d’aller sous le soleil, alors ils ont un problème d’un tout autre ordre. Ou cette députée de la majorité affirmant que le sport intense n’est pas recommandé actuellement, tel le football sur un stade vers 15h ou une partie de tennis sur un court à la même heure. L’on se demande comment devenir députée si l’on s’abstenait de dispenser de tels conseils.

Ratages

Ces épisodes de grande chaleur, contrairement aux affirmations des spécialistes de la spécialité, ne sont pas exceptionnels. La mémoire et les archives prouvent le contraire. Les commentateurs oublient, dans leurs grandes envolées lyriques, la réalité sur les étés torrides. L’année 2003 revient en boucle, parce que la canicule avait provoquée le décès de 17 000 personnes en France. Cette année-là, Jacques Chirac et Madame étaient en vacances au Canada. C’est le ministre de la Santé de l’époque qui avait géré la situation, mais plutôt mal. Jean-François Mattéi, car c’était lui, avait eu un train de retard. Sa veille sanitaire s’avérait catastrophique. L’exact contraire de Madame Buzyn aujourd’hui. La ministre a raison de se préoccuper de la situation, mais le fait en direction des professionnels de santé. Il convient, aussi, de préciser qu’en 2003 parmi les personnes décédées, beaucoup étaient en situation de très mauvaise santé. La canicule n’avait fait qu’accélérer le processus.

1976, la “grande année” absente des mémoires

D’autres séquences caniculaires ont traversé les années de manière plus ou moins conséquentes. 1976 fut une “grande année” en la matière, dans le mauvais sens du terme. Mais les commentateurs n’ont pas la mémoire qui remonte jusque là. Voyons:

1976. Dès le mois d’avril le soleil se montre généreux et chaud. Un début de sécheresse s’installe. Les agriculteurs s’alarment. Les précipitations se font rares. Le mois de mai est l’un des plus beaux depuis la fin de la seconde mondiale. Ce sont les météorologues de Météo-France qui l’affirment. Et la pluie se fait toujours attendre. Les températures grimpent à 26 et 27°. En juin, la situation devient sérieuse. La pluie abandonne le terrain et les températures continuent de grimper. Vers le 15 du mois le thermomètre affiche 31°. La deuxième quinzaine devient bouillonnante et le lundi 28 juin c’est du 41° à Louviers, autant dire dans l’Eure. Ailleurs, les chiffres fluctuent entre 34 et 42°. Juillet passe avec une légère baisse, 30-32°. En août une trombe d’eau s’abat pendant 15 minutes…..La situation redevient normale, eau et température, vers la fin août, mais la sécheresse continue. Autour du 10 septembre les pluies retombent.

Les français ont fait face. Ils ont eu très très chaud. Durant cette période l’eau minérale a manqué, mais pas les douches. Les tuyaux d’arrosage ont été largement utilisés, pour se rafraichir surtout, malgré l’interdit des préfectures. Depuis 1976, il n’y a jamais eu un été caniculaire et une sécheresse aussi longs…..

C’est comment ailleurs

Pour les habitués des vacances en Espagne, Italie et Grèce, la chaleur est une constante. Les pays du sud et de l’Est européen maitrisent les grosses chaleurs. Ils savent se protéger et travailler en conséquence.

Actuellement, Madrid est à 41° et l’Andalousie, très étendue, oscille entre 37 et 43° Idem en Italie du Sud. La Grèce a plus de chance dans les températures ressenties, grâce aux vents tourbillonnants chauds mais agréables quand même.

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Comments

  1. laulau274 27 juin, 2019, 07:52

    et oui, en France, c’est bla bla, on parle beaucoup, par contre on agit peu !
    “un pet de travers” disaient nos grands mères , la canicule est gérée pareil que les 4cm de neige ou verglas qui paralysent l ile de france en hiver, pendant plusieurs jours.
    certains pays eux ,ont l habitude, froid ou chaud, canada ou grèce, et on devrait plutot s inspirer de leurs techniques, a fortiori si les écologistes ont raison, càd que ces évènements vont devenir plus fréquents à l’avenir

  2. GATEAU MH 25 juin, 2019, 17:10

    Bravo Jose pour cette mise au point plus que pertinente.
    Mh GATEAU

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