Autoroutes. Scandale des tarifs, gauche et droite associées


Autoroutes FranceLes augmentations perpétuelles des tarifs de péages des autoroutes françaises, deviennent une véritable frénésie. Les français n'ont pas le choix. Ils paient. Les groupes industriels, propriétaires, se frottent les mains. Ils détiennent la plus formidable vache à lait de tous les temps, grâce à l'incurie des politiques, gauche et droite confondues, bradeurs du patrimoine national.

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Les concessions autoroutières sont de véritables Eldorado pour les nouveaux propriétaires. Les panneaux d'affichage aux entrées des péages se transforment en caisses enregistreuses. Les chiffres tournent. Des tarifs qui explosent sur l'ensemble des 8 000 km de ruban autoroutier. + 17%, en moyenne, sur les 5 dernières années. Le budget déplacement explose, qu'il soit professionnel, personnel quotidien, ou vacancier. et, il n'y a aucune raison pour que cela s'arrête. Le gouvernement fait les gros yeux aux sociétés d'autoroutes pour tenter de freiner leurs ardeurs caissières. Très impressionnant. Les prix sont libres en France. Peut-être, les groupes concéderont-ils une pose de 6 mois….?

A qui la faute?

Gauche et droite devraient faire profil bas au lieu de se renvoyer la patate chaude. C'est entre 1997 et 2002 que le gouvernement Jospin a mis le doigt dans l'engrenage de l'ouverture du capital aux groupes privés. Globalement il avait cédé 30%. Les gouvernements Raffarin et Villepin, entre 2002 et 2007, finalisaient la vente totale des concessions d'autoroute. Aujourd'hui l'Etat n'a plus rien, sinon quelques tronçons non concédés de l'ordre de 1500 km.

La privatistion a été une grossière erreur

Même les champions de l'ultra libéralisme sont très discrets sur le sujet. A l'instar des grands services, régaliens, de l'Etat, les transports devaient le rester dans l'intérêt du pays et des usagers. Une privatisation ne peut s'engager que dans les secteurs concurrentiels libres et non faussés, selon les termes arrêtés par l'Europe. Or, pour les autoroutes la concurrence n'existe pas de fait, sur le principe rapport qualité/prix. Pour aller de Paris à Strasbourg, par exemple, dans une configuration autoroutière, alliant rapidité et sécurité, il n'existe qu'une seule autoroute sur ce trajet. L'automobiliste n'a donc pas le choix. Le jeu est faussé depuis le départ. Les frénétiques de l'Europe actuelle se taisent. Ils ont encouragé et organisé le bradage par mimétisme du système américain.

L'intérêt du public n'est plus un souci

D'autres part, les groupes privés, propriétaires des autoroutes, n'ont qu'une logique: la rentabilité. Ils doivent d'abord assurer les retombées sonnantes e trébuchantes de leurs actionnaires. Ainsi ils ne sont nullement sensibilisés par les investissements nécessaires au développement des infrastructures d'avenir, rôle que l'Etat devait assumer selon la législation.

Les groupes propriétaires

Ils sont 15 à se répatir l'immense gâteau, organisés en sociétés d'autoroutes rassemblées dans 4 groupes essentiels: Effage, ASF, Bouygues, Vinci. Les sociétés d'autoroutes: ESCOTA, COFIROUTE, ARCOUR, APPR, AREA, ADELAC, CEVM, SANEF, A'lienor, SAPN, ALICORNE, SFTRF, ATB, ALIS. Certaines ne gèrent que de petits tronçons, d'autres de plus gros morceaux.

Dominique de Villepin avait finalisé la vente totale pour récupérer 15 milliards d'euros, il n'en récupéra que 13. Un trésor de guerre qui a largement fondu dans les méandres des dettes de l'Etat.

Les exemples européens

Les médias nationaux aiment bien faire des comparaisons avec d'autres pays européens, quand ces derniers ne sont, disent-ils, pas mieux lotis. Ainsi, ils citent l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. Des comparaisons alambiquées. En Allemagne, la quasi totalité des autoroutes est gratuite. En Espagne la configuration est différente. Il y a une vingtaine d'années, les gouvernements espagnols avaient fait le choix du doublement des principales routes nationales, les transformant en 4 voix, appelées "autovias". Cela avait pour logique de sécuriser l'essentiel du réseau routier classique en le laissant gratuit. La construction d'autoroutes (autopistas) devenait complémentaire et limitée. Aujourd'hui l'Espagne possède un vaste réseau routier à 4 voix totalisant 10 000 km, un réseau de nationales relativement réduit et un ensemble autoroutier payant d'environ 3 000 km, seulement. Voir photos cartes. cliquer dessus pour agrandir.
Carte Espagne routes autoroutes

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Comments

  1. Sylvia Mackert 5 août, 2013, 14:17

    Ma famille a fait le trajet Strasbourg – Louviers sur l’autoroute, péage 42 Euros pour venir et 42 Euros pour repartir, 84 Euros au total pour rendre visite à la famille en France. Tous les touristes ne sont pas riches pour autant. Cela peut donc nuire au tourisme d’afficher des prix élevés.
    Ceci-dit on a le droit de rouler plus vite sur l’auto-route que sur les autres routes et c’est cela qui fait que les personnes qui veulent faire un long trajet au plus vite sont prêts à payer aussi. Simplement par principe et en pensant au bien commun, j’ai du mal à penser que les auto-routes soient privés et que le bénéfice aille à des actionnaires. L’état aurait-il suffisamment d’argent pour entretenir un réseau gratuit ? L’Allemagne le fait, mais la France gère autrement son budget il me semble. Pouvoir circuler librement et gratuitement sur toutes les routes de France est-ce un droit ? Malheureusement le droit de péage existe depuis longtemps et cela a été réinventé dans certaines régions ne serait-ce que pour passer un pont ou un aqueduc auparavant gratuit pour faire rentrer de l’argent pour l’entretien du site ou financement de la construction

  2. phileace 26 juillet, 2013, 17:46

    Le dernier scandale en date, c’est celui de l’A63 qui traverse les Landes. Les autoroutes en France ont toujours du avoir une alternative routière équivalente, elles ne devaient jamais se trouver en situation de monopole.
    Or dans les Landes l’ex nationale 10 a été aménagée en autoroute payante, et il n’y a pas d’autre alternative entre Bordeaux et Bayonne, sauf à prendre des routes départementales fort pittoresques par ailleurs, mais qui vont rallonger le trajet en distance et surtout en temps de façon considérable.
    Le scandale n’a pas soulevé les médias ni beaucoup les automobilistes……
    Depuis 50 ans au moins la voiture est une vache à lait fiscale de l’Etat, pourquoi se gêner?

  3. Paule 26 juillet, 2013, 11:08

    Pour mémoire ,un seul député était monté à la tribune pour s’opposer à la privatisation des autoroutes .L’état se privait d’une manne dont nous aurions grand besoin !!
    Pourquoi n’a – t- il pas été entendu ?

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