Alizay, M-REAL vers la fermeture

M-REALM-REAL a annoncé son intention de fermer son usine d'Alizay, dans l'Eure. Le coup est rude après une bataille qui perdure depuis plusieurs années. Jusque la fin, les salariés croyaient que tout était possible encore. Aujourd'hui, seul le pouvoir politique peut taper du poing sur la table, pour éviter le pire.

 

A l'annonce de la mauvaise nouvelle, les salariés ont réagi ce matin par une opération "péage gratuit" sur l'autouroute, à la gare d'Heudebouville. 200 salariés ont laissé passer les automobilistes en distribuant des tracts et des ramettes de papier, produites dans leur usine. C'est le groupe finlandais M-REAL qui a annoncé mardi qu'il engageait le processus de fermeture de l'usine d'Alizay. Le site emploie 330 salariés, auxquels il convient d'ajouter, environ, 230 emplois induits. Une situation est liée à l'échec des négociations avec les deux candidats à la reprise, le thaïlandais Double A et le français Fin'Active. Les salariés, dès l'annonce ont cessé le travail et bloquent l'entrée du site, à l'appel de l'intersyndicale. Cette dernière ne comprend pas les raisons pour lesquelles le groupe finlandais a refusé les deux offres, sérieuses et fiables. (Voir vidéo)

Une médiation doit avoir lieu prochainement entre les différentes parties. Cette réunion est prévue lundi prochain, précise Jean-Yves Lemahieu, le délégué CGT.

Le groupe finlandais avait mis en vente, début mai, l'usine d'Alizay, selon lui "en difficulté dans le cadre d'un vaste plan de restructuration européen visant à transformer M-REAL , quin fabrique différentes sortes de papiers et de la pâte, en une "société dédiée au carton d'emballage". Ce n'est pas l'avis de l'intersynsicale, voir vidéo.

Le ministre de l'Industie, Eric Besson, a affirmé hier qu'il n'était "pas question d'en rester là" face à la décision du groupe finlandais de fermer vson usine d'Alizay, après l'échec des négociations avec les repreneurs candidats. La préfète de l'Eure dit vouloir prendre dans les heures qui viennent une initiative de médiation entre les différentes parties. Médiation à laquelle participera Bruno Le Maire, le ministre de l'Agriculture, qui est aussi élu de l'Eure.

Reste à savoir ce que le politique peut faire de concret. Réponse très prochainement.

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Comments

  1. Arnaud LEVITRE 24 octobre, 2011, 19:32

    Je crois qu’il est temps de changer les règles du jeu. Une entreprise aurait la liberté de fermer malgré des repreneurs capables de racheter ? Tout cela n’a que trop duré ! Il faut dès à présent légiférer et interdire les licenciements boursiers ! Réquisitionner une entreprise de type M-real est un devoir qui permettrait aussi de redonner aux politiques leur fonction principale : intervenir à l’avantage de l’intérêt général et reprendre la main sur les gangsters de la finance. Faut-il encore s’en donner les moyens et faire preuve de courage politique. Cordialement !

  2. Zébulon 23 octobre, 2011, 11:17

    N’oubliez pas dans cette affaire industrielle, comme dans les autres du même style, c’est que vous faites face à un groupe industriel privé et étranger de surcrois. Malgré les lois françaises, le droit du travail, les législations qu’il doit respecter,ce groupe peut faire ce qu’il veut de son entreprise. En l’occurence il a décidé depuis longtemps de prendre la décision qu’il vient de prendre en fermant le site. Seul recours pour les salariés négocier leur prime de départ, leur reclassement, etc. mais avec quel espoir à la sortie ? Il va y avoir des gens qui vont rester au tapis, des emplois indirects touchés, le commerce et surtout les familles en grandes difficultés. Le dernier rendez-vous prévu lundi au ministére n’est purement et simplement qu’une formalité de plus pour faire dire que les pouvoirs politiques ont suivi le dossier jusqu’au bout, qu’ils ont tapé du poing sur la table.Face à eux il y a un groupe qui débite des paroles qui n’engagent que ceux qui les entendent !Il en est de même pour les élus locaux, régionaux qui n’ont aucun pouvoir en la matière excepté celui d’envoyer des lettres, d’être aux côtés des salariés lors des manifestations, de signer des pétitions,d’alerter le pouvoir en place mais qui n’apporteront pas la solutions miracle sinon pourquoi tout ce temps perdu !
    Je souhaite bien du courage aux représentants élus, aux syndicalistes et aux personnels du site qui se battent pour faire vivre leur entreprise, sauvegarder l’emploi dans une société où malheureusement seul les cotations en bourse, les dividendes des actionnaires comptent. Le groupe n’a plus qu’à fermer les yeux et les oreilles sans omettre qu’il attend surement avec impatience d’ouvrir une autre usine dans un pays où la main d’oeuvre est bon marché en présentant ses excuses aux salariés français qui subissent la conjoncure et la crise économique mondiale:facile non !

  3. Poil à gratter 22 octobre, 2011, 20:45

    M-real est un cas d’école : va-t-on advitam aeternam accepter que le monde de la finance dicte sa loi sur la vie industrielle ? Il va être intéressant à gauche, de part les élections qui se dessinent d’apporter des éléments de réponses concrètes à ce sujet. Aujourd’hui le parti socialiste détient les départements, les régions, le sénat et demain peut-être la majorité au gouvernement et la place du chef : que vont-ils proposer pour en finir avec cette gangrène ? Va-t-il y avoir des réunions publiques de toute la gauche en ce sens sur notre département ?

  4. Richard Jacquet 21 octobre, 2011, 09:16

    La décision finlandaise est en effet inadmissible et doit être dénoncée par tous les relais possibles comme le fait Caméra Diagonale.
    Plus nous avancons sur ce dossier et plus nous avons la conviction que M Real n’a jamais souhaité vendre le site.
    Des arrangements au plus haut sommet de la finance européenne dictent les choix qui sont aujourd’hui subi par les salariés. Il s’agit pour eux de s’assurer que le marché ne produise pas plus que nécessaire et au passage que le marché leur soit réservé. M Real, verrait donc d’un mauvais oeil l’arrivée d’un nouveau concurent sur ce marché tendu !
    Voilà ce que nous devons dénoncer. Voilà ce dont nos politiques doivent s’emparer pour qu’une fois de plus l’emploi ne trinque pas au bénéfice de la finance. Le chomâge explose dans notre région et aussi à Pont de l’Arche mais que faire quand des décisions syniques, des accords invraisemblables sont pris dans les hauteurs des buildings des centres d’affaire. Quoi qu’il en soit, nous nous battrons jusqu’au bout pour faire entendre aux dirigeants de M Real que tout n’est pas possible et que le site d’Alizay doit vivre avec tous ses emplois. Les repreneurs potentiels le disent. Redémarer Alizay et en faire un site rentable sera difficile mais c’est possible.

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