18 juin

18 juin

Tout au long de l’année, à diverses dates du calendrier, le nom de De Gaulle revient telle des pages de l’histoire du pays qui se tournent dans un mouvement perpétuel. C’est ainsi. Aucun autre pays dans le monde n’a cette hombre gigantesque projetée en statue du Commandeur.

Avec l’appel de Londres, le 18 juin 1940, le destin de la France et de l’Europe changea…30 ans plus, avec son retour au pouvoir, le Général De Gaulle écrivait ses “Mémoires d’Espoir” en 7 chapitres, sur Les Institutions, l’Outre-Mer, l’Algérie, l’Économie, l’Europe, Le Monde et, le Chef de l’État. Un message d’une justesse et exactitude hors du commun et toujours avec un demi siècle d’avance. Voici ce qu’il écrivait à propos de l’Économie… Extrait:

La politique et l’Économie sont liées l’une à l’autre comme le sont l’action et la vie. Si l’œuvre nationale que j’entreprends exige l’adhésion des esprits, elle implique évidemment que le pays en ait les moyens, le fonctionnements. Ce qu’il gagne grâce à ses ressources et à son travail; ce que, sur ce revenu total, il prélève par ses budgets, soit pour financer le fonctionnement de l’État qui le conduit, l’administre, lui rends la justice, le fait instruire, le défend, soit pour entretenir et développer par des investissements les instruments de son activité, soit pour assister ses enfants dans les épreuves que l’évolution fait subir à la condition humaine; Et, par conséquent, ce qu’il pèse par rapport aux autres, quelles sont les bases sur lesquelles se fonde nécessairement la puissance, l’influence, la grandeur, aussi bien que ce degré relatif de bien-être et de sécurité pour un peuple, ici-bas, on est convenu d’appeler le bonheur.

Cela fut vrai de tout temps. Ce l’est aujourd’hui plus que jamais, par ce que tout individu est constamment en proie au désir de posséder les biens nouveaux créés par l’époque moderne; par ce qu’il sait qu’à cet égard son sort dépend d’une manière directe de ce qui se passe globalement et de ce qui se décide au sommet ; parce que la rapidité et l’étendue de l’information font que chaque homme comme et chaque peuple peuvent à tout instant comparer ce qu’ils ont relativement à leurs semblables. Aussi est-ce là l’objet principal des préoccupations Publiques. Il n’y a pas de gouvernement qui tienne en dehors de ces réalités. L’efficacité et l’ambition de la politique sont conjugués avec la force et l’espérance de l’économie.

Je le sais — Et pour cause! — Aussi bien que quiconque. Car, au lendemain de la libération, J’ai pu, grâce a de grandes réformes, détourner le pays du bouleversement mortel dont il était menacé.Car, aujourd’hui, je dois le remettre debout à partir de la situation lamentable ou les partis l’ont mené. Car, pendant dix années, je présiderai, pour ce qu’il est de sa prospérité, de son progrès, de sa monnaie, à une réussite à laquelle équivaut rien de qui eut lieu pour lui depuis plus d’un demi-siècle.

Car, plus tard, je le retiendrai, au dernier moment, de se précipiter au gouffre, alors qu’une campagne unanime est acharnée dirigée contre mon pouvoir partout les milieux de notables, la passivité morbide qui le sais j’y tout à coup, l’abandon de leur devoir car presque tout ceux qui, donc tous les domaines, sont réputées être responsables, l’auront c’est céder à l’anarchie. C’est pourquoi, à la tête de la France, dans le calme où dans l’ouragan, les problèmes économiques et sociaux ne cesseront jamais d’être premier plan de mon activité comme de mes soucis. J’ai consacré une bonne moitié de mon travail, de mes audiences, de mes visites, de mes discours, aussi longtemps que je porterai la charge de la nation. C’est dire, entre parenthèses, à quel point le reproche obstinément adressé à De Gaulle de s’en désintéresser m’a toujours paru dérisoire…..

Charles De Gaulle, Mémoires d’Espoir



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