Vitesse, pourquoi le Premier ministre a raison

Vitesse, pourquoi le Premier ministre a raison

Ce n’est facile, par les temps qui courent, d’estimer que Édouard Philippe fait le choix de la raison contre celui des égoïsmes et des habitudes déraisonnables. Oui, la vitesse tue. Elle tue beaucoup trop encore, même si elle n’est pas la seule responsable du nombre de morts.

Ceux qui s’estiment floués par la mesure du Premier ministre, n’ont, probablement, jamais eus de familiers morts sur la route. Si c’était le cas ils se rangeraient du côté de la raison et non du confort personnel. Il ne s’agit de stigmatiser ceux qui s’y opposent, mais seulement de les inviter à essayer, pour leur propre compte, de réduire de 10 km/h leurs déplacements sur les routes départementales, (anciennes nationales débaptisées) et d’attendre le 1er juillet 2020 pour tirer les premiers enseignements, sérieux, de la mesure.

L’illusion de la belle ligne droite

Pour étayer leur théorie sur la nécessité de revenir aux 90 km/h, les opposants au projet gouvernemental — notamment certains maires et beaucoup d’automobilistes — avancent, en exemple, les belles lignes droites, de leur territoire, sur lesquelles « on se traine à 80 km/h ». Grossière erreur si l’on prend le temps d’étudier le phénomène constaté par les services de la sécurité et prévention routière. Il est précisé, chiffres à l’appui et étude au cas par cas, que les lignes droites à double sens, sans rail de sécurité séparant les voies, sont autant meurtrières que les autres. Le constat est sans appel: la ligne droite permet, croit-ils, de téléphoner, envoyer des sms, changer de station radio etc..sans danger puisque la visibilité est parfaite. C’est sans compter sur les moments d’inattention pour des motifs d’évasion et de rêvasserie. Le petit coup de volant sur la gauche et le véhicule s’écarte d’un mètre ou deux. Le face-à-face est irrémédiable. A 90 km/h par véhicule ce qui constitue un impact à 180 km/h, la mort s’abat indubitablement sur un ou plusieurs passagers. A la vitesse de 80 km/h, soit un impact de 160 km/h, la probabilité de mourir est réduite de 50%. Mais, l’illusion de la belle ligne droite, a, semble-t-il, la vie dure. L’idéal, si l’État pouvait s’en donner les moyens, serait l’installation d’un rail de séparation sur toutes les routes françaises, nationales et départementales.

Présidents de départements

D’aucuns et en premiers lieu les intéressés, préconisent que les présidents de conseils départementaux décident de la vitesse sur leurs routes. Mais en quoi un président de conseil départemental serait un meilleur spécialiste que les professionnels de la sécurité routière? De plus, imaginons des touristes français et étrangers sillonnant les routes françaises, avec ces différences de vitesse? Un bon moyen pour s’y perdre et, ainsi, de mal respecter les règles de circulation.

Le Premier ministre pourrait leur octroyer cette responsabilité, néanmoins. L’on saura alors à qui s’adresser dans l’hypothèse de catastrophe. Édouard Philippe le leur a fait comprendre. C’est bien.

L’auteur de ces lignes a été, en 1990, concerné par le sujet. 7h du matin sur une route du centre de la France. Une ligne droite, puis une courbe. Le conducteur d’en face s’endort et percute de plein fouet celui qui roulait tranquillement. Le constat de gendarmerie indiquait une vitesse excessive du véhicule percuteur. Deux morts. L’un était un familier.

Categories: Eure, France

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