Vitesse, le gouvernement maintient son projet

Vitesse, le gouvernement maintient son projet

En 1972, la France comptait 18 000 morts sur les routes. Il en fut ainsi pendant plus de 15 ans. Le nombre de victimes s’échelonnait entre 14 000 et 18 000, auquel il fallait ajouter les dizaines de milliers de blessés graves et de handicapés à vie. Un coût faramineux en terme de catastrophe humaine, avec des familles plongées dans la souffrance permanente lorsqu’elles n’étaient pas entièrement décimées. Voici pourquoi, la mesure du gouvernement de descendre la vitesse de 10 km/h sur les départementales (ex-nationales) sera productive malgré les critiques des champions et défenseurs de la vitesse.

Au fil du temps, l’amélioration technologique des véhicules, de l’état des routes, de la lutte contre l’alcoolisme, de la réduction de la vitesse et la campagne offensive de Jacques Chirac, à partir de 2002, ont considérablement réduit le nombre de morts. Mais depuis 5 ans, les mauvais chiffres repartent à la hausse, pour redescendre légèrement et remonter encore plus fortement. Le yoyo semble se poursuivre et chaque année le solde est de plus de 20 morts supplémentaires, selon les années. Le constat fait réagir le gouvernement qui ne se satisfait pas d’une fatalité. Des études d’experts de l’accidentalité routière font ressortir que le passage de 90 à 80 km/h sur le réseau routier nationale aura pour résultat la réduction du nombre de morts. Autour d’une trentaine de victimes de moins chaque année et évidemment d’autres mesures d’accompagnement devront être mises en place pour atteindre le seuil de moins de 1 000 à 1 500 morts par an, à terme.

Que traduit la limitation à 80 km/h ?

L’étude est explicite et claire pour tout le monde, sur cet angle: deux véhicules roulant à 90 km/h se heurtent en face-à-face. C’est une pression de 180 km/h. Selon des exemples multiples, archivés dans les rayonnages des services de police et gendarmerie, ce type de collision provoque la mort d’un ou plusieurs occupants des véhicules, selon le type et le poids du véhicule. La même collision avec deux véhicules lancés à 80 km/h, ce qui donne une pression de 160 km/h, les chances d’échapper à la mort augmentent de 50%….

les adeptes de la « défenses des territoires…car on a besoin de rouler plus vite sinon on s’endort« … voient en la mesure gouvernementale la volonté « d’emmerder les français ». Ces personnes, toujours en avance sur leur temps, n’osent voir qu’il vaut mieux, sans doute, « emmerder les français » que les laisser s’entretuer.

Réduction de la vitesse, mais pas seulement.

L’efficacité ne peut s’envisager avec une seule mesure. Lever le pied n’est suffisant. Il est nécessaire, aussi, de rompre avec l’alcool au volant, la drogue, le téléphone portable. L’addition de l’ensemble reste la vraie solution pour réduire le nombre de morts et de blessés graves. Rien de déshonorant à approuver, explicitement, un gouvernement, sur une mesure non politicienne et humaine.

Crédit photo: objectifgard.com

 

 

Categories: France

Comments

  1. Pascal Demoriane 9 mars, 2018, 20:27

    Ah l’argument des « données scientifiques » !

    Pour ma part j’ai renoncé définitivement à être pour ou contre, à approuver ou désapprouver quoi que ce soit dès lors qu’on ne me demande pas mon avis dans le cadre d’un engagement co-responsable bilatéral concret. Manière euphémisée de dire, comme de plus en plus de français, que le contrat démocratique est définitivement rompu… le système du véhicule politique n’est plus fiable.

    En l’espèce ce qui n’est pas été vu dans l’article, et qui justifie cette position distanciée, c’est que si un automobiliste « doit rester maître de son véhicule », être en rétroaction systémique permanente, façon d’assumer son engagement et sa responsabilité sous peine de vies ou de morts, il n’aura échappé qu’aux naïfs qu’on jamais vu un décideur politique se tuer ou souffrir de ses décisions au volant du véhicule étatico-politico-administratif national, ni indemniser qui que ce soit de ses infractions. Au contraire, il semblerait qu’en la matière l’accident soit une règle de conduite, concurrentielle et efficiente.

    D’où la question à Monsieur Mary : à quelles sanctions ou retour de responsabilité s’engage le gouvernement par cette mesure.
    La réponse est simple : Aucune. Où est le contrat ? Le système politico-étatique est conçu depuis ses origines pour que la collectivité soit a priori à la fois la victime et le coupable, justifiant par un génial syllogisme à la fois la légitimité et l’irresponsabilité gouvernementale. Dès lors parler d’appréciation scientifique d’une mesure, d’une décision sur cette base systémique sans rétro-action me semble spécieux.

  2. Mary Jean-claude 8 mars, 2018, 23:21

    Mr Alcala, je partage totalement votre point de vue. Les données scientifiques sont là pour prouver que la vitesse est un facteur important de mortalité sur la route. Il est d’ailleurs désolant d’entendre ces braves conducteurs invoquer n’importe quoi pour râler à cette occasion comme une entrave à la liberté individuelle et à les entendre ce serait quasiment une mesure de type soviétique ou l’invocation du mauvais état des routes comme cause première de mortalité alors que celle-ci est une raison de plus pour ralentir .

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