Violences, les ultras mènent la danse

Violences, les ultras mènent la danse

Éditorial

Ceux qui ont saccagé, frappé, incendié, pillé savent ce qu’ils ont commis. Connaissent le prix qu’ils encourent et sont prêts à recommencer. Nul ne peut, sous aucun prétexte, les soutenir, tant leurs violences sont inacceptables. Le pouvoir en place ne sait apporter de réponses fortes. Comment faire face à cette situation folle en évitant le pire, c’est toute la question.

Tout a été dit sur ces samedis de casses. La 18ème édition a été l’une des plus violentes. Les images, à elles seules, valent tous les discours. Alors quoi, où est le début de solution en dehors du grand débat national, qui n’apportera que des réponses intermédiaires, avec peu de souffle et d’estomac ? La réponse est chez ceux qui détiennent le pouvoir.

Rappelons, quand même, au passage, d’autres violences tout autant inacceptables. Celles qui font moins de bruit, lancinantes, durables, qui frappent des millions de français (et d’autres ailleurs). Celles du quotidien, quasiment invisibles parce que intégrées au paysage. Celles dont les chaines d’infos continues ne parlent guère car peu rentables au plan de l’audience. Celles qui font honte et que l’on cache, en partie, Celles qui ne font pas recette, qui n’intéressent que relativement peu les gens de pouvoir.

.Mais oui, comment parler de nos mal logés, de ces femmes mères de famille qui ne bouclent pas le mois ? Que faire pour ceux qui vivent avec moins de 1 300 €, somme qui part en fumée avec les charges fixes et où le budget nourriture atteint péniblement 150 € ? Comment résoudre la problématique des prix des loyers qui atteignent le tiers voire les 50% du revenu. Comment aider ceux qui ne peuvent partir quelques jours à la neige pour respirer un peu d’air pur ? Où sont les mesures dignes et humaines envers les personnes âgées, celles du 4ème âge parquées dans certains mouroirs ? Que faire pour nos infirmières sous-payées, de nos services publics dépouillés et rayés de la carte en certains endroits du territoire ? Que faire, que faire, que faire ? La liste n’est pas exhaustive. Voilà une autre violence qui détruit une partie non négligeable de notre société. Il faut combattre les casseurs des Champs-Élysées, mais aussi les casseurs sociétaux.

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Comments

  1. Pascal Demoriane 18 mars, 2019, 11:27

    S’agissant de la violence et de la casse, comme aux échecs, le pouvoir s’est mis dans la fourchette imposée de deux mauvais choix : soit il en est complice, co-organisateur indirect, soit il est incompétent. La résultante mécanique annoncée, c’est de conclure « le deux mon général », parce que cela revient statutairement au même. L’Etat ne peut faillir 18 semaines durant sans se délégitimer.

    Cette conclusion gagne jusqu’aux policiers parce que l’amalgame casseurs – manifestants ne prend pas et la pirouette du « complotisme » n’est que poussière sous le tapis. Le dernier fait en date, la casse de la bijouterie Bulgari, aux Champs Elysée, est accablant pour le pouvoir : un « travail de professionnel » opportuniste hautement prévisible, aussi gros qu’un éléphant en conseil des ministres.

    Le problème est que cette auto-décrédibilisation, qui trouve son pendant au plan économique et social, va entrainer la fin du régime, l’érosion de l’état de droit, la dérive autoritaire, la rupture du contrat social… politiquement, cela s’appelle un régime d’extrême-droite. Et encore, c’est faire lui faire honneur que d’employer ce terme. Beaucoup d’intellectuels (Begaudaud, Branco, Todd, Onfray, Castelnau…) le dépeigne comme une mafia de classe inculte, infantile, irresponsable, droguée par les privilèges de l’entre-soi, truffée d’aventuriers et d’émissaires douteux.
    Régime en marche ? non, régime en marge, çà oui !

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