Vernon, Village de Marques: c’est non

Vernon, Village de Marques: c’est non

Coup de théâtre. Alors que les défenseurs de l’implantation du Village de Marques du groupe MacArthurGlen, à Douains près de Vernon, s’attendaient à une réponse positive de la Cour d’Appel Administrative de Douai, celle-ci a rendu un avis négatif. Un coup de massue pour les élus du territoire et des partenaires du groupe britannique. Le dossier de ce projet date de 2010. Après divers refus de la CNAD et CNAC et plusieurs recours, le groupe avait retrouvé espoir, enfin, en 2015 avec le feu vert de la CNAC, contrarié in fine par un recours des adversaires du projet. Photo: maquette du projet Village de Marques de Miramar en Provence.

Et rebelote, le projet de Village de Marques de nouveau anéanti par des adversaires tenaces. Ils étaient déjà nombreux à l’origine du projet: élus et commerçants d’Evreux et Louviers, Chambre de Commerce et d’Industrie de Rouen, commerçants de Rouen, qui y voyaient une concurrence déloyale. Cette fois, le dossier de défense des commerçants rouennais semble avoir pesé dans la décision de la Cour d’Appel. Les arguments n’ont pas manqué: construction en cours d’un Village de Marques à Honfleur, concurrence avec celui, récent, de Aubergenville dans les Yvelines « Marques Avenue », à 30 minutes de Vernon. Selon les commerçants de Rouen et d’Evreux, cela commençait à faire beaucoup pour leur survie économique.

Le projet MacArthurGlen

La première mouture faisait état d’un ensemble de 20 000 m2 et 120 boutiques, restaurant et brasserie. Le projet a été revu à la baisse avec 16 000 m2 et 90 boutiques. MacArthurGlen promettant 600 emplois, dont une grande partie en CDI.

Élus en colère

La réaction à cette décision est violente, notamment du président du conseil départemental de l’Eure qui écrit  » La justice tranche en faveur du chômage ». Avis totalement opposé des commerçants rouennais, par la voix du vice-président des « Vitrines de Rouen »,  qui déclare  sa satisfaction de cette « bonne nouvelle« . Il la justifie en rappelant la fragilité des commerces de centre-ville, par la concurrence débridée chaque jour plus forte: zones de chalandise de Tourville-la-Rivière, en extension permanente, Centre Commercial de Barentin, pour la périphérique immédiate. C’est l’avis, aussi, du président de l’association Rouen-Shopping qui estime que la destruction d’emplois dans les commerces de centre-ville aurait été supérieure à la création des 600 « supposés » par McArthurGlen.

Concurrence réelle, ou supposée?

Le groupe McArthurGlen s’étonne depuis l’origine du projet, des arguments de ses opposants. Pour le groupe britannique, ce ne sont pas les mêmes produits proposés. Dans son village de Marques, « seules les grandes marques seront proposées, donc il n’y aura aucune concurrence déloyale ». Ce que contestent les commerçants qui estiment que ce type de commerce finit toujours par descendre de gamme et ainsi les concurrencer directement.

De plus, Internet s’est invité dans le concert avec le principe « Ventes privées ». Le succès est au rendez-vous et concurrence fortement, à la fois les commerces traditionnels et les Villages de Marques. A titre d’exemple l’on pourrait citer « Showroomprivé » qui aurait aligné, en 2016, un chiffre d’affaire de 3 milliards d’euros.

La suite….

Le groupe britannique étudie la possibilité d’un recours devant le Conseil d’Etat. « Il lui faut étudier les attendus de la Cour d’Appel, pour savoir sur quels points la loi appuie son jugement et apprécier si l’interprétation qu’elle en fait, est contestable ou non…c’est un travail d’avocat, pointu. In fine c’est MacArthurGlen qui appréciera s’il faut déposer un recours auprès du Conseil d’Etat« , dit un défenseur du projet à Caméra Diagonale. Si cela devait être le cas, une nouvelle décision ne pourrait être prise avant deux ans, environ.

 

 

Categories: Région

Comments

  1. pierrot 1 mars, 2017, 14:48

    je vous invite à lire attentivement cet article et à regarder de près le centre ville de Troyes classé dans les 21 centres villes très désertifiés par Bercy
    https://www.franceculture.fr/societe/des-centres-villes-de-plus-en-plus-deserts

  2. LOUIS 25 février, 2017, 12:35

    Après il ne faut pas s’étonner, que les commerçants, clients qui sont tous des citoyens voyant leurs pouvoirs d’achat baisser , se détourent des urnes ou alors votent extrême.
    Messieurs les Élus de la République cela prouve bien que vous êtes totalement déconnecter de la réalité et que de plus, vous utilisiez de nouveau des deniers publics à des fins d’égos surement !!!

  3. Thibsib 25 février, 2017, 09:23

    Il est dommage que la justification de ce refus soit liée à l’activité rouennaise. La décentralisation fait que nous avons des affrontements de territoire plutôt qu’une collaboration. Fini l’archaïsme sovietoïde de l’Etat centralisateur, place à la modernité de la structure féodale !
    Maintenant, nous vendre un projet de société et « de dynamisme économique » qui consiste à implanter des magasins de vêtements haut de gamme fabriqués à l’autre bout de la Terre, au bord d’une autoroute me parait un peu décalé aujourd’hui.
    Continuer à s’accrocher à ce projet après autant d’échecs me semble relever de l’utopie finalement.
    Nous avons d’autres défis à réaliser, alors pourquoi en pas tenter autre chose sur cette zone ? Il y a l’entreprise Terre Solaire déjà implantée. Pourquoi ne pas proposer autre chose, un site spécialisé dans la construction écologique : panneaux solaires, micro éoliennes, matériaux écolos, architecte spécialiste en habitat partagé, filière bois, toutes les entreprises qui groupées peuvent aider les particuliers et les entreprises à rendre la société moins gourmande en énergie.
    Les projets ne manquent pas quand on essaye autre chose, et l’urgence me semble plus axée sur la transition écologique que sur la nécessité de faire faire aux gens des dizaines de kms pour acheter moins cher des vêtements qui n’ont de valeur que celle de leur étiquette.

  4. François Charmot 24 février, 2017, 17:54

    Ce rejet est une très bonne nouvelle pour les petits commerces de centre-ville, à Vernon, Evreux, Louviers, Pacy-sur-Eure, voire bien au-delà, déjà fortement concurrencés par les hypermarchés, les centres commerciaux (Evreux, Tourville-la-Rivière…) et Internet. Nos centres-villes crèvent. Je ne comprends pas les élus qui défendent avec acharnement ces projets, qui vont à l’encontre des intérêts de leurs villes et de leurs administrés. Et puis il est assez savoureux de voir ce groupe anglais user de tous les recours pour tenter de s’imposer en France, malgré le Brexit !

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