Vernon-Sixties, Gérard Fournet s’en est allé

Vernon-Sixties, Gérard Fournet s’en est allé

Les vernonnais septuagénaires, sexagénaires et plus jeunes encore doivent se souvenir du groupe rock, Les Senders, qui les fit danser dans les années 60, la décennie de toutes les folies musicales. Les Beatles et autres Rollings Stone, en passant, en France, par les Chats Sauvages, les Chaussettes Noires et tous les autres, nombreux, sont entrés dans l’histoire. En Normandie c’était les Senders. Quatre puis cinq garçons, tous vernonnais, faisaient parler d’eux dans la région mais aussi à Paris. Le chef du groupe, Gérard Fournet, est décédé en Provence en novembre dernier. Photo: Gérard Fournet au milieu.

Gérard Fournet avait dirigé le groupe pendant 6 ans, de 1962 à 1968. Les Senders s’étaient fait un nom dans la Région, mais pas seulement. Pendant 3 années ils sillonnent la France pour des spectacles rock, et à Paris, au Bus Palladium. A Vernon, c’était au grand hôtel du Strasbourg place d’Evreux, aujourd’hui disparu et au Circus Bar avenue Montgomery, qu’ils faisaient danser de nombreux aficionados du département et de la Région. Le groupe faisait salle comble chaque samedi soir et dimanche après-midi. Les Senders sont pris en charge par un impresario, ce qui leur permis d’enregistrer plusieurs 45 tours avec un succès commercial des plus estimables…

Ces amis, réunis par la musique, se séparaient en 1968 après les évènements du mois de mai. Ils partaient pour d’autres aventures professionnelles aux quatre coins du pays. Un seul resta vernonnais, Gérad Soullier, jusqu’à son décès en 1994. Il n’avait que 48 ans. En novembre dernier c’est Gérard Fournet qui tirait sa révérence terrassé par un infarctus, à l’âge de 72 ans. Aujourd’hui,  Albert Martinez, Jean-Louis Sannier, Manuel Giner, Roland Dann et Henry Wéber doivent ressentir une profonde tristesse, dans le souvenir d’une jeunesse qu’ils avaient si bien remplie.

Un site qui évoque l’histoire des Senders, cliquer dessus:  http://45vinylvidivici.net/ajout/RAJOUT/CAMELEONRECORDS/CAMELEONsenders.htm

Le parcours de Gérard Fournet, par lui-même. Texte écrit dans les années 2000

Pour être complet, nous commençons par un résumé de l’histoire des Senders (je vais devoir parler de moi, Veuillez m’en excuser et croire que ce n’est pas facile mais je vais tout faire pour ne pas tomber dans de la prétention inutile). Pour faire court, le mieux est de résumer par années. Donc :

-1949 Gérard Fournet (c’est moi) commence des études de violon.

-1954 (comme vous pouvez le constater, je speed) Parmi toutes ces choses qu’un enfant de dix ans ignore, la langue anglaise m’attire de plus en plus,Pourquoi ? Probablement parce-que je suis normand.

-1956 Grâce à un excellent professeur, mais aussi le violon qui m’a donné une très bonne oreille musicale, j’entre de plain-pied dans la langue anglaise avec une prononciation qui convient au dit professeur. Donc « I try to speak english ».

-1957 Contact avec des hawaiiens venus de la base d’Evreux et je fais la connaissance de George , et je suis très loin de m’imaginer qu’il est mon futur beau-frère.Je passe du tout nouveau anglais à l’américain.

-1958 Hawaii devient le cinquantième état des states et , peu de temps après, George, mon beau-frère, Je plonge à fond dans la culture américaine, Lors d’une soirée, un des copains de George vient avec une guitare électrique, C’est le choc, Après les disques de Chuck Berry, Gene Vincent, Elvis Presley, etc, j’entends cet instument puissant qui est la clé de tout le rock’nd roll, Sans rien en dire, je décide d’apprendre au plus vite à jouer de la guitare(bon courage) et, dans la foulée, de faire un groupe (alors là c’est de la folie).

-1959 Un soir, dans ma chambre, j’écoute Elvis chantant Return to sender, ce qui me donne une idée : mon groupe s’appellera Les Senders, c’est à dire les expéditeurs (de musique bien sûr) Merci Elvis.

-1960 Je saigne sur un semblant de guitare électrique bon marché et je rencontre des tas de problèmes pour soutirer une musique convenable de ce diabolique instrument de torture.

-1961 Les accordéonistes commencent à savoir qu’il y a là un jeune qui sait gratter la guitare mais surtout lire une partition et des accords chiffrés, Je n’vous dis pas la galère,mon matériel était impresionnant : toujours la même super guitare (il me semble me souvenir que c’était une Lucky 7) avec,pour ampli, un vieux gros poste de radio que j’avais bricolé. Je cassais au moins une corde par bal mais j’avais du stock.

-1962 Les choses commencent à se mettre en place : j’ai trouvé quatre copains qui veulent bien jouer dans mon groupe, Résumons-nous,les Senders sont cinq : un chanteur, trois guitares et une batterie, Bien…  maintenant les engagements deviennent possibles.

-1963 On bricole – Je prends conscience qu’il faudra innover, rien de rien n’est prêt pour faire jouer des rockers où que ce soit.

-1964 Par le soutient infaillible de M. Montourcy et de son Démocrate vernonnais, mais aussi grâce à des tenanciers d’établissements qui me font confiance et acceptent le risque d’organiser des matinées et soirées dansantes avec des jeunes, une petite notoriété s’installe dans la région, Mais les premières tuiles arrivent : -départ du guitariste solliste pour continuer ses études supérieures, -départ du chanteur pour,,,, l’armée, Pour remplacer le chanteur,je prends le poste, Ma voix est nettement moins belle que la sienne mais je chante juste, c’est déjà ça, Pour la guitare solo, je recrute Albert, Les Senders ne sont plus que quatre et le resteront jusqu’à la fin.

-1965 L’année des cheveux longs, tout ça ! Le groupe évolue et prend de l’assurance.

-1966 L’année des matinées soirées chargées, au Donjon à Gisors puis au Strasbourg à Vernon, Le batteur est, lui aussi, frappé de service militaire, Je recrute Manuel qui se révèlera un excellent batteur.

-1967 Engagements à Etretat, fin 66 début 67, tous les soirs, puis été 67, tournée nationale, s v p, avec impressario et tout et tout, Septembre, retour à Vernon avec des aller-retours sur Paris pour des passages en discothèque ou des contrats en banlieues.

-1968 Mes compères musiciens ne semblent plus vouloir aller plus loin dans ce show-business à la française, donc je tire la prise et migre dans le midi, pour, à mon tour, suivre des études supérieures de musique, évidemment.

Fin de l’histoire, En espérant ne pas avoir été trop long, A bientôt.

Gérard Fournet (que les enfants appelaient : Monsieur Senders).

Categories: Vernon

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