Vernon, Sébastien s’interroge sur Lecornu

Vernon, Sébastien s’interroge sur Lecornu

Editorial

Le président du conseil départemental de l’Eure et premier adjoint au maire de Vernon, vit des instants difficiles.  Celui qui faisait de la communication un vecteur essentiel dans son parcours politique s’est inscrit aux abonnés absents et reste invisible. Tiraillé entre la position, nouvelle, de son mentor, Bruno Le Maire engagé aujourd’hui dans La République En Marche d’Emmanuel Macron, et sa propre situation de secrétaire départemental Les Républicains et patron du département avec une majorité LR-UDI, Sébastien Lecornu se fait face à lui-même et décide de ne pas décider du franchissement de la ligne avant le second tour des législatives.

Sébastien s’interroge s’il doit, ou non, quitter Bruno Le Maire et en même temps n’imagine pas porter un coup fatal à l’amitié et la fidélité, vertus primordiales que l’on ne saurait sacrifier pour des intérêts politiciens.

Lecornu, précisément, c’est l’homme politique, doué, intelligent, adroit. Son parcours, depuis 2014, est un sans faute. Plus loin, plus haut, sont des objectifs qu’il s’est assigné. Rester chez Les Républicains serait pour lui le meilleur moyen de poursuivre son chemin, sans heurt.

Sébastien, s’il franchit le pas de la République En Marche,  sait que les lendemains seront difficiles. Certains, dans l’association Générations Vernon, l’attendent au virage. En premier lieu le petit groupe adepte de Sens Commun, puis les plus durs chez Les Républicains du groupe majoritaire au conseil municipal. Au département, même réaction. A ceux-là, il pourrait répondre que sans Bruno Le Maire ils n’auraient jamais gagner leurs sièges au conseil départemental, à la Région et dans de nombreuses villes du département.

Lecornu hésite à inviter la presse pour une explication franche. Une explication qu’il doit, quand même, à ses électeurs et à l’ensemble des citoyens du département et de la ville de Vernon. C’est peut-être l’erreur qu’il commet. Il pense que  la précipitation serait contreproductive et qu’il convient de ne pas casser la dynamique d’union. Pourtant, le contexte compliqué mérite d’être décortiqué, expliqué et assumé.

Bruno Le Maire a brouillé les cartes

Bruno Le Maire est devenu ministre d’Emmanuel Macron. Le Président est un homme de gauche sans n’avoir jamais été socialiste. Le chef du gouvernement, Edouard Philippe, est un homme de droite, soutien d’Alain Juppé. La nomination du député de l’Eure au ministère de l’Économie a entrainé son exclusion du parti Les Républicains. Le surlendemain, La République En Marche l’investit dans sa circonscription de l’Eure, avec consigne de soutenir les candidats de La République En Marche. Par conséquent, officiellement, Bruno Le Maire soutient Fabien Gouttefarde dans la 2ème circonscription et non Jean-Paul Legendre candidat LR-UDI;  Marie Tamarelle dans la 3ème circonscription et non Pierre Bibet LR-UDI; Bruno Questel dans la 4ème circonscription et non François-Xavier Priollaud LR-UDI et Claire O’Petit dans la 5ème circonscription et non Alexandre Rassaërt LR-UDI. Alors, naturellement, Sébastien hésite et Lecornu se gratte la tête. Comment sortir de l’ornière? Faire le dos rond ou anticiper la décision, qui sera prise après le 18 juin, à savoir rester fidèle à Bruno Le Maire et sauter dans le train de La République En Marche. C’est l’option, in fine, que choisiront Sébastien et Lecornu, parce qu’en définitive, ils ne font qu’un.

 

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Comments

  1. Zébulon 27 mai, 2017, 18:00

    Ah, Sébastien :Sébastien fut un militaire romain. Converti au christianisme il est l’un des martyrs romains les plus célèbres. Il était officier dans l’armée et chrétien. Lorsque ce fut découvert il fut lié à un arbre et transpercé de flèches par ses propres soldats, tué par bastonnade. Les flèches en politique il en a reçu et il va encore en recevoir. Quant à la bastonnade serait-ce une défaite électorale donnée par ses « amis »politiques ? Lecornu nom de famille très rare, dérivé de corne, sobriquet qui avait en ancien français le sens de sot mais en ce qui le concerne cela est loin d’être le cas alors qui de Sébastien et de Lecornu aura le dernier mot ?

  2. Ben Oït 26 mai, 2017, 18:49

    Monsieur Alcala Bravo pour cette belle analyse..Lecornu est un très bon orateur, Sébastien aime les médias, Lecornu est très dynamique, Sébastien est omniprésent, Lecornu aime le pouvoir, Sébastien veut être partout, Lecornu est extrêmement ambitieux, Sébastien veut plaire, Lecornu est un champion de la communication, Sébastien s’est planté lors des primaires de la droite (comme conseiller de Le Maire), Lecornu sait rebondir, Sébastien s’interroge, Lecornu est en ce moment plus discret. Sébastien Lecornu aime ce qui brille, quitte à se contredire!

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