Vernon, la frappe au portefeuille

Vernon, la frappe au portefeuille

C’est une petite histoire de tous les jours, du quotidien que la presse locale n’évoque jamais parce que trop banale. Banale, certes, mais ô combien violente selon la personne touchée. La relater semble désuet. Et bien, allons-y pour le désuet qui fait réfléchir, contrairement aux inaugurations de chrysanthèmes et autres opérations de communication.

Gaston et Honorine (pseudonymes pour respecter la discrétion) forment un couple depuis 65 ans, vernonnais de toujours. Elle, n’a que peu travaillé et lui a été employé dans une grande entreprise vernonnaise durant 41 ans, définitivement fermée en 1998. La  longue maladie surgit au tournant des année 80. La retraite est faible: 1 200€ pour les deux.

La semaine dernière, Gaston emmène sa femme à l’hôpital de Vernon. Elle doit passer un scanner. Le rendez-vous est fixé à 11h. Gaston tourne un moment autour de l’hôpital pour trouver une place de stationnement, si possible gratuite. Difficile. Enfin, rue Louis Hébert, en face de l’hôpital, il réussit sa manœuvre de stationnement. Dans le souci de ne pas gêner la circulation, Gaston choisit de monter ses roues avant et arrière gauche sur le trottoir…..

Moins d’un heure plus tard, le couple regagne sa voiture. Coup de massue. Sur le pare-brise, un avis de contravention….

Gaston et Honorine apprendront que le montant s’élève à 135 euros. Décret du 4 juillet 2017 au journal officiel, sanctionnant le « stationnement très gênant », auparavant passible de 35 euros. Le couple retraité bénéficie d’une gratification. Si le montant est acquitté dans les 15 jours, ce sera 90 euros. Honorine et Gaston sont abasourdis. Ils sont certains que leur véhicule, rue Louis Hébert, avec deux roues sur le trottoir, ne gênait aucunement. Mais la règle reste la règle et s’applique à tout le monde. Honorine écrit une lettre au maire de Vernon pour lui expliquer la situation. La réponse, laconique, ne fait aucun doute sur le résultat. Le maire dit vouloir en parler à la police municipale « qui fournira une réponse par courrier« . La police municipale ne pourra rien, car la gestion de la circulation relève de l’autorité d’une entreprise privée qui agit par délégation. « Pas de cadeaux », pourrait être la devise.

Pour Gaston et Honorine, 90 euros c’est une semaine de nourriture, de chauffage et d’éclairage. Mais la loi c’est la loi et comme disait Pierre Desproges en son temps « Les pauvres on s’en branle, ils n’avaient qu’à être riches ». Un 4ème degré qui n’a pas pris une ride.

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Comments

  1. Cauchois 21 mai, 2018, 13:55

    J’ai fait cela aussi. Pour gêner le moins possible. Et j’y ai eu droit aussi à l’amende. J’ai toujours, depuis 40 / 50 ans, connu cette pratique. Depuis qu’on ne peut plus se garer au plus près de l’hôpitaL Maintenant les soins c’est Evreux ou Mantes .

  2. LOUIS 21 mai, 2018, 11:55

    Bonjour Monsieur Alcala, cher ami,
    très content que vous ayez pris en compte cela et par ce témoignage qui est horrible pour ce couple !!
    Et voila ce qui arrive quand on donne ou on vend une ville à un groupe privé. On a vendu Vernon à Vinci. C’est la réalité !!!

  3. HACHET 20 mai, 2018, 21:29

    Loin d’être désuet, il s’agit d’un exemple bien concret de la vie difficile que nous vivons.

    Toujours le fossé entre les beaux discours et la réalité du quotidien des Françaises et des Français.

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