Val-de-Reuil. Fermeture du collège Mendès-France, les maires se rebiffent

Val-de-Reuil. Fermeture du collège Mendès-France, les maires se rebiffent

La décision de la majorité départementale (conseil départemental de l’Eure), Les Républicains-UDI, de fermer le collège Pierre Mendès-France de Val-de-Reuil, ne passe pas chez les maires et élus des communes voisines, concernées. Ils l’ont manifesté, hier, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au siège de la CASE. Rare unanimité, rassemblant tous les maires de gauche, de droite et du centre, contre un projet décidé, exclusivement, sur des arguments comptables en 2016 par le Président du département de l’époque, Sébastien Lecornu. Son successeur, Pascal Lehongre, campe sur la même ligne, appuyé par le préfet de l’Eure qui retourné sa veste entretemps, sur le sujet. Reportage vidéo de 6’30.

En 2016, Sébastien Lecornu, alors Président du département, décide de fermer plusieurs collèges de l’Eure, dont Pierre Mendès-France à Val-de-Reuil. Les arguments avancés par « le plus jeune président de département », ont pu attiré l’attention, mais être le « plus jeune » peut aussi revêtir une connotation d’inexpérimenté? La question a largement atteint l’esprit d’élus de terrain, gestionnaires des deniers publics et confrontés à des réalités  que seule une certaine expérience peut fournir des réponses adaptées. Ainsi, pour l’ancien président, le collège Pierre Mendès-France, construit dans les années 70 pour une capacité de 650 élèves et qui n’en accueille que 256, est une situation intenable. S’ajoute, selon le communiqué de presse de l’époque, qu’il s’agirait d’une construction « Pailleron », c’est-à-dire bourré d’amiante à tous les étages et dont le coût des travaux de déflocage serait trop élevé. Alors, faire d’une pierre deux coups est la seule solution: puisque l’amiante menace la santé des enfants et que l’établissement n’accueille que la moitié des effectifs, fermons l’ensemble et on n’en parle plus.

Réalités et fausses informations

Seulement voilà, il y a eu comme une erreur de cible: le collège n’a jamais été une construction « Pailleron » et l’existence d’amiante n’est pas supérieure à la moyenne des établissements traditionnels et ne présente aucun risque sanitaire dès l’instant où la matière reste inerte, c’est-à-dire sans manipulation. Le département avait fait, ensuite, marche arrière sur cet élément.

Restait la sous-fréquentation de l’établissement. Pour Monsieur Lecornu, dont le réflexe de rationalisation des moyens serait la preuve d’une bonne gestion, il est anormal qu’un collège pouvant accueillir 650 élèves, n’en héberge que 256. Alors, la dispersion des 250 collégiens dans divers autres établissements, voilà qui est intelligent. C’est là que le bât blesse. En effet, pour les élus et les personnels enseignants, c’est purement fantaisiste. La mécanique de comptabilité au 1er degré n’est qu’un trompe-l’œil, la réalité est plus complexe. C’est ce que les maires, hier, ont fait savoir lors de leur conférence de presse.

Le 7 novembre dernier, Pascal Lehongre, successeur de Sébastien Lecornu et la majorité départementale, composée d’élus « Les Républicains et UDI, a voté le principe de la nouvelle carte scolaire avec la fermeture du collège Mendès-France.

Gauche, centre et droite, ensemble

Ce sont 36 maires, toutes tendance confondues, qui montent au créneau. La Communauté d’Agglo avait voté, à l’unanimité, le 1er juin dernier, une motion demandant un moratoire de deux ans sur la décision de fermeture du collège, afin de tenir compte de l’augmentation de la population au sein de l’Agglo et des nouvelles orientations gouvernementales en matière d’éducation, ainsi que la refonte globale de la carte scolaire. En dépit de cette motion, les maires n’ont pas été entendus. Hier, à Louviers, ils ont mis les points sur les i.

des faits et des questions

Ainsi, l’Agglo Seine-Eure compte sept collèges, d’une capacité moyenne de 600 élèves avec un taux de remplissage de  77%, tout comme comme les classes primaires rurales du département et les élus de poser la question: viendrait-il à l’idée de fermer une école sur 5 ou 6, au prétexte que les classes ne sont pas remplies à 100%?

Ensuite, le territoire Seine-Eure et le premier pôle économique du département. Ses entreprises génèrent 53% de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises de l’Eure avec créations de nombreux emplois…Situation qui attire de nouveaux venus?

La traduction est claire: fermer un collège qui ne fait pas le plein d’élèves, c’est ne pas tenir compte de paramètres éminemment importants au plan économique, démographique, éducatif et culturel. C’est avoir une vision déformée de la réalité des territoires, c’est privilégier le réflexe politicien au détriment de la vraie vie.

L’écologie, chère au Secrétaire d’État, en prend un coup

Et puis il est un élément qui contredit la position de Sébastien Lecornu, c’est l’aspect purement écologique. Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition Écologique et Solidaire, l’ancien président du département ne peut ignorer que la fermeture du collège Mendès-France de Val-de-Reuil et la dispersion des élèves vers d’autres collèges situés à 10 ou 15km, ainsi qu’un chassé-croisé d’élèves sur 4 ou 5 collèges sur le territoire, engendreraient, mécaniquement, 35 000 km de plus chaque année, soit plus de 20% avec l’acquisition de 9 bus supplémentaires qui s’ajouteraient aux 15 existants et la consommation accrue de carburant. Coût total + 300 000 € annuels. Pour la pollution ce n’est pas formidable non plus avec l’émission de 6 tonnes supplémentaires de CO2. S’ajoutent le surplus de km des véhicules des parents, qui conduiraient leurs enfants pour des raisons d’horaires décalés.

Ambiguïté dans l’attitude du préfet

Après avoir déclaré à des élus que le collège Mendès-France ne fermerait pas, le préfet mange son chapeau en décidant du contraire. Pourquoi? Nul ne le saura.

 

 

 

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Comments

  1. ZANKER Ludovic 15 novembre, 2017, 13:13

    Je ne veux pas être dans la caricature, ni dans la démagogie! Mais entre nous, que ce soit le maire de Louviers, monsieur Priollaud ou encore le président de la CASE, monsieur Bernard Leroy, ils savaient tous les deux que le collège fermerait, à l’époque ils étaient aussi du coté de l’ancien président du département de l’Eure, monsieur Sébastien Lecornu.

    Nous le savons tous, que cette mobilisation et cette photo sont juste de façade, personnes dans les communes de droite ne veulent des enfants de la ville de Val de Reuil, pour un principe du à son passé!
    J’en suis le témoin, et je peux vous informer que le président du département de l’Eure a été informé de cette mobilisation, selon une source sure que j’ai, il reste sur sa position de fermer le collège Pierre Mendes France.
    Le Préfet en général ne doit pas prendre parti d’une position politique, il doit être neutre, mais il en a été ainsi dans ce sens, après tout le Préfet de l’Eure est un homme de droite!

    Maintenant, je peux vous dire que sur le terrain à Val de Reuil, nos jeunes, nos professeurs, ainsi les élus de la ville et des communes voisines de gauche sont pret à en découdre avec monsieur Lehongre Pascal, pour démontrer que l’établissement à de l’avenir et viable en soi.

    Ludovic Zanker

  2. Paule Gervois 15 novembre, 2017, 10:33

    Reportage édifiant ! Toute l aberration de cette décision est exposée .
    Des chiffres du secteur
    : LOUVIERS 20 000 habitants = 3 collèges publics + un collège privé
    Le VAUDREUIL : 3000 habitants = 1 collège
    VAL DE REUIL : 15 000 habitants = 2 collèges et demain un seul collège .
    Sachant que le LYCÉE M BLOCH situé sur la commune de Val de Reuil accuille les eleves du collège P Mendès France .
    Sachant que des structures sportives importantes de Val de Reuil contribuent à l ‘épanouissement des élèves du collège P Mendès France .
    Presence d ‘ un IPAD et du CFAIE pour accueillir des enfants dans un cursus different .
    Tous les éléments sont réunis pour favoriser l ‘épanouissement et l ‘ intégration des enfants dans le secteur de Val de Reuil .
    Cette fermeture ne correspond pas à l ‘ orientation politique du Président de la République en matière d ‘enseignement et d ‘épanouissement de l ‘enfant .

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