UMP, une grande partie de poker commence

UMP, une grande partie de poker commence

Nicolas Sarkozy est redevenu grand ordonnateur de l’UMP. En ligne de mire, la présidentielle de 2017. Préalablement, plusieurs personnalités se sont portées candidates. D’autres y pensent. D’autres y avaient pensé, dont Laurent Wauquier avant d’y renoncer pour se rallier à Nicolas Sarkozy. Ce dernier choie ses adversaires avant de leur porter l’estocade, à terme. Ils le savent et fourbissent les armes. Entre temps la partie s’est enrichie d’un nouveau partenaire: Bruno Le Maire. Son score à la primaire UMP, de presque 30%, l’autorise à revoir la suite, pour lui, différemment. Ce qui complique l’affaire est qu’il existe une autre partie parallèle, jusque là invisible. Photo illustration, film Casino Royal (James Bond)

L’opposition UMP va être occupée à préparer l’assaut pour la conquête de l’Elysée. Tout est pensé, orchestré et organisé en fonction de cette échéance. Tout est considéré comme si la gauche était définitivement condamnée à quitter le pouvoir pendant de longues années. Au sein de l’UMP, à part les « présidentiables » c’est la course aux postes et en premier lieu à celui de Premier ministre.

Wauquier en représentant de commerce

Il n’a que 39 ans, aime-t-il répéter. Une « qualité » éphémère, mais il ne le sait pas encore. Nourri au biberon centriste lorsqu’il était suppléant de Jacques Barrot, disparu il y a trois jours, Laurent Wauquier a négocié un virage qui le place comme un excellent supplétif de Patrick Buisson et cela aussi il l’ignore pour l’instant. Depuis quelques mois il cherchait la meilleure façon de marcher pour se placer dans le peloton de tête. Nicolas Sarkozy a fleurer le jeune bavard et pour l’apaiser, lui a confié les clés du secrétariat général de l’UMP. Poste honorifique qui ne sert à rien, étant entendu qu’il n’y a qu’un seul chef suprême: Nicolas Sarkozy. « Wauquier de 39 ans » aura tout de même le droit de tirer à vue sur François Fillon, Xavier Bertrand et Alain Juppé, les trois autres candidats à la présidentielle. Pour faire du spectacle gratuit, les grands médias se régalent à l’avance de savoir que Wauquier leur offrira de quoi énerver la classe politique toute entière. Il faudra, aussi, faire confiance à Fillon, Bertrand et Juppé pour lui clouer le bec, cela leur sera relativement facile. Cette télé-réalité là promet!

Nathalie Kosciusko-Morizet en Diva

Elle aussi trépignait d’impatience. Son fait d’arme, le plus important, est d’avoir affronter Anne Hidalgo à Paris. Comme ministre de Nicolas Sarkozy, de l’aveu d’hiérarques de l’UMP, elle n’a pas cassé trois pattes à un canard. Il lui restait le fonctionnement de « moulins à vent » où elle a excellé.  Profil idéal pour occuper la charge de vice-présidente déléguée de l’UMP, autre sucre d’orge consenti par le « Patron ».

Le reste de l’équipe dirigeante

Il y a l’ancien patron de la police, Frédéric Péchenard, nommé au poste de Directeur Général de l’UMP. Il remplace Eric Césari, remercié après l’affaire Bygmalion. Il est un proche de Nicolas Sarkozy. Daniel Fasquelle est le nouveau trésorier national, proche aussi de Sarkozy. Isabelle le Callennec devient Porte-parole du Mouvement. A la commission nationale des investitures, Nicolas Sarkozy a nommé Christian Estrosi, un proche et Hervé Gaymard proche d’Alain Juppé. Hervé Martiton et Eric Woerth entrent au bureau politique. Bernard Accoyer, Brice Hortefeux et Edouard Philippe, maire du Havre et proche de Juppé, sont dans le groupe de réflexion de l’organisation des primaires. Au total, six membres de la nouvelle organisation sont des proches de Nicolas Sarkozy; deux, proches de Fillon et deux, proches de Juppé.

Bruno Le Maire et la part du lion

Deux logiques, deux profils. A ce jour, bien malin serait celui capable de dire pour qui roule le député de l’Eure. Et s’il roulait pour lui? Son score de 30% à la primaire de la semaine dernière, lui permet d’aller plus vite et plus loin que prévu. Difficile de percer le mystère Le Maire. A l’origine, sa candidature est expliquée par le besoin de rassembler et cesser la « guerre des chefs ». L’ancien ministre de l’Agriculture espérait un score de l’ordre de 15 à 20%. La qualité de sa campagne auprès des militants a boosté son image. Il réussit un meilleur score que prévu. Pourtant, d’aucuns attribuent ses 45 000 voix, en partie, aux militants favorables à Xavier Bertrand, François Fillon et Alain Juppé, sorte de vote sanction contre Sarkozy. Il y a de la vérité dans cette analyse, mais Bruno Le Maire est en position de prendre la part du Lion, qui lui revient. Comment? En se portant candidat à la primaire présidentielle, ce qui n’était pas prévu à l’origine. Cette nouveauté change la donne. Il n’y aura plus quatre candidats, mais cinq. Ce sera, dès lors, un premier tour très disputé. Les indicateurs, actuellement, sont favorables à une suprématie de Sarkozy et Juppé. Dans cette hypothèse, Bruno Le Maire compte sur une troisième place, coiffant Fillon et Bertrand lesquels inviteront leurs électeurs à voter Juppé. Le député de l’Eure pourrait, lui, se reporter sur Nicolas Sarkozy. Un accord possible avec l’ancien président de la République avec retour de la monnaie, en forme d’Hôtel Matignon ?!….

L’autre cas de figure

Il se dit volontiers, chez certains élus, que la candidature de Bruno Le Maire, à la présidence de l’UMP, aurait été actée en accord avec Nicolas Sarkozy. Hypothèse un peu tirée par les cheveux étant donné l’incertitude des scores. Après tout, les politiques aiment aussi le poker.

 

Categories: France

Comments

  1. François 12 février, 2015, 23:46

    C’est vrai qu’il y a beaucoup de similitudes entre ce jeu et la politique, bluff et mensonge étant de rigueur…

Write a Comment

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.