Tournant

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Éditorial

 Les exactions racistes et antisémites d’individus déguisés en gilets jaunes, samedi, au pieds du Sacré-cœur et la tentative de lynchage de trois motards de la police, entachent tous ceux qui travaillent à un mouvement sain et dépourvu de haine et de politique politicienne. Les français s’en rendent compte, majoritairement. Alors pourquoi les ministres Castaner et Griveaux tentent-ils l’amalgame, contrairement au Premier ministre, en faisant croire que ces comportements proviennent de vrais « Gilets »? C’est un mauvais comportement qui surprend de leur part.

Est-on dans l’amorce d’un tournant décisif? Il semble bien que le phénomène « Gilets Jaunes » ne soit pas un mouvement classique tels les défilés syndicaux répétitifs au fil des ans. Genre de séquences théâtrales sur fond social, souvent justifiées, mais qui se terminaient sans réponses abouties de la part des pouvoirs en place. A l’exception de mai-68 qui vit l’augmentation des salaires de 35%. En cette fin d’année 2018, des français de tous âges, de toutes conditions sociales, sans appartenances politiques et avec appartenances politiques, ont réussi l’impensable: faire plier le gouvernement.

Policiers entendus, rapidement

Mieux encore, lorsque les policiers exténués par six samedis, en novembre et décembre, d’un maintien de l’ordre des plus sévères, depuis 50 ans, exigent des augmentations de salaires, ils les l’obtiennent dans les meilleurs délais. L’action des gilets jaunes a été radicale. Quelle centrale syndicale, ou quel syndicat de police a obtenu, dans un passé récent ou plus lointain, une telle augmentation? Assurément, aucun. Les policiers le savent qui au cours des face-à-face avec les gilets jaunes on su faire la différence avec les casseurs, les voyous, les faux gilets jaunes et des gilets jaunes dérapant.

Essoufflement?

Depuis 48 heures, la communication gouvernementale et des médias en général, porte sur l’essoufflement du mouvement gilets jaunes. De moins en moins de monde sur les rond-points et dans Paris le samedi. L’affichage des chiffres tourne en boucle comme pour signifier « la fin de la récréation« . Ministres et médias font semblant de croire que cette baisse de présence physique est la preuve que le mouvement touche à sa fin. La situation est logique, cependant: fêtes de fin d’années, violences à Paris, le froid etc.. Des gilets jaunes aspirent à une trêve tandis que d’autres maintiennent la pression. Le cœur du mouvement reste intact. Il ne s’éteindra pas au moins jusqu’au résultat final de la consultation populaire, qui se tiendra du 15 janvier au 1er mars. Si le gouvernement met en place ce qui ressortira de cette consultation, alors le calme général reviendra et les gilets jaunes remiseront leur tenue dans un placard, mais… à portée de main.

Categories: Eure, France

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