Télévision, Yves Calvi quitte C’ dans l’air

Télévision, Yves Calvi quitte C’ dans l’air

Il anime le rendez-vous quotidien sur France 5, depuis 2001. Plus qu’un programme de débat, l’émission s’articule autour d’un sujet d’actualité décortiqué et analysé par des politologues, journalistes, sociologues et divers représentants de la société civile. Des invités, en principe, détachés de tout militantisme. Yves Calvi en est la cheville ouvrière, qui mène le débat avec un professionnalisme des plus affirmés. Après quinze d’exercice, il quitte le plateau, probablement, avant les premiers symptômes d’usure.

C’est l’un des programmes de France Télévisions des plus appréciés, si l’on tient compte de sa progression constante en terme d’audience. L’émission est produite par Maximal Production, du groupe Lagardère, dirigée par Jérome Bellay. Ce dernier est un ancien rédacteur en chef de France 3 Normandie, à l’époque de l’ORTF,  créateur de France Info et de LCI avant de rejoindre Europe1 du groupe Lagardère. Jérôme Bellay continuera de produire C’ dans l’air sans Yves Calvi.

 Polémiques sur les invités

Elles reviennent épisodiquement, lancées par des politiques, principalement. C’est vrai que des invités ont, carrément, table ouverte dans l’émission. Les critiques portent notamment sur le traitement des sujets. Le producteur est régulièrement accusé de faire la part belle au parti  « Les Républicains ». A bien observer les contenus, c’est faux. Cette impression vient, surtout, du profil du politologue Dominique Reynié, professeur à Science Po, régulièrement invité jusqu’à ce qu’il déclara sa candidature aux élections régionales de décembre 2015, en Midi Pyrénées, pour le compte « Les Républicains ». Depuis cet épisode, Reynié n’intervient plus dans l’émission.

Il est vrai, néanmoins, que Jérôme Bellay a ses têtes. Le phénomène finit par fatiguer les habitués de C’ dans l’air. Ainsi, parmi les figures permanentes de l’émission, l’on peut citer, dans l’ordre, Christophe Barbier, directeur de l’Express; Yves Thréard directeur adjoint de la rédaction du Figaro; Raphaëlle Bacqué, grand reporter au Monde; Claude Weil, rédacteur en chef au Nouvel’Obs; Catherine Nay, éditorialiste à Europe1. Ils sont suivis par Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef à Challenges, Hélène Pilichowski, éditorialiste (cousine de François Hollande); des politologues Roland Cayrol, Pascal Perrineau et Jérôme Sainte-Marie et de l’économiste Elie Cohen. Une brochette quasi permanente dont les éléments se relaient plusieurs fois par semaine, chacun. Ce qui provoque des similitudes dans les analyses, d’une émission à l’autre….

Yves Calvi rejoint, à la rentrée de septembre, la chaine d’information continue, LCI, du groupe TF1. Il animera une tranche d’information et de débat, vers 18h. Rien n’est encore fixé. Le public qui apprécie Yves Calvi et C’ dans l’air, va devoir choisir entre l’animateur, sur une autre chaine, et l’émission qui reste sur France 5.

Pour Yves Calvi c’est un retour sur la chaine du groupe TF1, où il a été journaliste entre 1994 et 1996.

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Comments

  1. Thib 1 juin, 2016, 23:02

    Je ne sais pas si cette émission fait la part belle aux républicains, mais dans les éditorialistes cités, je ne vois pas d’autre courants que celui du libéralisme. Une ou deux remarques aussi :
    Elie Cohen est invité comme économiste et présenté exclusivement comme tel (directeur de recherche au CNRS) mais il est aussi (ou a été) administrateur de grandes entreprises comme Orange, Pages jaunes, Société Générale, ce que l’émission oublie de préciser, c’est dommage, cela permettrait de comprendre mieux ses positions;
    J’ai vu aussi dans cette émission Agnes Verdier Molinié directrice de l’IFRAP (institut Français de Recherche sur les administration et les politiques publiques), reconnue d’utilité publique qui n’est autre qu’un think-tank libéral de plus.
    Bref je trouve que dans cette émission, on présente les choses de manière impartiale et presque scientifique et alors que le courant politique est évident, à la manière de appellation « prix nobel d’économie » qui est en réalité le prix décerné par la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel (sauf qu’on ne le dit pas).
    Le pluralisme des invités est faible, celui des idées y est rare aussi.

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