Taxe d’habitation, des élus locaux veulent que rien ne change

Taxe d’habitation, des élus locaux veulent que rien ne change

Droite et gauche quand elles sont au gouvernement lancent des appels aux élus locaux pour réduire la dépense publique. Les mêmes aujourd’hui, rentrés dans leurs instances locales, ne veulent  entendre parler d’économies et rechignent sur la mesure phare d’Emmanuel Macron, promise pendant la campagne électorale, de supprimer la taxe d’habitation. En prime, nombre d’entre eux se complaisent dans l’organisation actuelle juxtaposant cinq niveaux de compétences. Leur cris d’alarme: « il est urgent de ne rien changer, nous sommes très bien ainsi ».

Ils sont très généreux ces élus locaux avec l’argent des contribuables. Excepté ceux qui ont dirigé des entreprises et savent comment faire pour ne pas jeter l’argent par la fenêtre. Car, avec des allures de gens sérieux, la main sur le cœur il savent chanter le refrain « Nous sommes au service des populations, nous travaillons dans l’intérêt général ». Taratata, le discours est le même depuis 30 ans, les contribuables n’en peuvent plus de se voir prélever 54% de leur revenu, avec les nombreux impôts, taxes diverses et variées. François Baroin, aujourd’hui président de l’association des maires de France, lance des cris d’orfraie contre le projet du gouvernement sur la suppression de la taxe d’habitation, oubliant au passage que le candidat qu’il a soutenu jusqu’au bout, François Fillon, préconisait une potion encore plus difficile à avaler. A l’époque, défendant son champion, il trouvait nécessaire les mesures drastiques et était prêt à les assumer comme probable 1er ministre. Le maire de Troyes, s’en souvient-il, a aussi été ministre du budget de Nicolas Sarkozy. Qu’a-t-il fait pour la France et pour les collectivités territoriales?

Dépenses locales souvent non maitrisées

Ils sont nombreux les maires qui se sont lancés dans des dépenses pharaoniques par le passé récent. En matière d’équipements notamment. La frénésie de salles polyvalentes, entre autres, dans les petites et moyennes communes. Des locaux dont il faut chercher les utilisations réelles sur les 12 mois de l’année. Cela se solde souvent par des repas de mariage et des expositions picturales…Beaucoup d’argent pour des besoins limités. Les taxes d’habitation et foncières explosent allègrement sans que personne, dans la population, puisse ou ose demander des explications. S’ensuivent les constructions de rond-points dont certains ne se justifient que très petitement. Des frénésies dépensières dont il est temps que l’État et les collectivités prennent conscience rapidement de la nécessité de les stopper. S’ajoutent les nombreux doublons inutiles entres Régions, départements, intercommunalités, métropoles et communes.  Chaque niveau fait du tourisme, de la culture, du transport, du développement économique, etc. Est-ce bien nécessaire et rationnel? Gestions coûteuses s’il en est.

Le Président maintient sa réforme et fait des propositions

Le Premier ministre ce matin et le Président de la République cet après-midi, lors de la conférence des territoires qui s’est tenue au sénat, ont développé la politique envisagée pour les territoires. D’abord, le maintien de la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables est maintenue. Elle se fera par tranche de 30% à partir de 2018. Le Président Macron a proposé, ce qui n’était pas attendu, un mécanisme plus juste de la fiscalité locale qui sera mis en place avec le concours des élus des territoires. Il entend, en même temps, avec le pacte girondin, réduire le nombre d’élus qui seront mieux rémunérés et auront davantage de liberté d’action. Réduction également du  nombre de collectivités avec des fusions de communes et probablement de départements. Accélération de la mise en place du haut débit en affectant une part importante du plan d’investissement. La ligne directrice, pour le Président de la République est de « repenser en profondeurs l’interaction entre l’État et les Collectivités Territoriales ».

Une douloureuse de 13 milliards

Emmanuel Macron l’avait annoncé au cours de la campagne, les collectivités seront invitées à réduire leurs dépenses à hauteur de 10 milliards sur les 5 ans. En réalité, ce seront 13 milliards qui devront être économisés. En compensation, le Président propose de ne pas leur supprimer les dotations globales de fonctionnements (DGF), mesure pratiquée par le gouvernement précédent. Mais prévient que celles qui ne joueront pas le jeu seront réajustées l’année d’après, c’est-à-dire qu’elles se verront supprimer la DGF, tout ou partie.

 

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Comments

  1. José Alcala Author 21 juillet, 2017, 11:06

    @ Denis
    Je crois avoir compris que la baisse du nombre d’élus locaux n’est pas liée à la réalisation d’économies. Tout comme la réduction du nombre de parlementaires. C’est d’abord une question d’efficacité. Le gouvernement précédent avait, dans sa réforme des conseils départementaux, divisé par deux le nombre de cantons, mais avec deux conseillers généraux par canton. A quoi bon? Pourquoi 600 000 élus sur l’ensemble du territoire? Cela fait un élu pour 123 habitants, alors que la moyenne européenne est de un élu pour 460 habitants. La fusion de communes réduira substantiellement le nombre d’élus.

  2. Denis 21 juillet, 2017, 08:56

    350000 à 400000 élus sont des bénévoles. Si on en supprimer une grande partie, cela signifie que nous devrons recouvrir à des salariés supplémentaires. Je ne vois pas où est l’économie dans cette mesure. Pour la taxe d’habitation, je suis assez d’accord avec la proposition du Président, même s’il nous offre un beau tour de passe-passe financier.

  3. Jean-Philippe 18 juillet, 2017, 19:24

    J’applaudis à ces mesures, le gâchis a assez duré. J’entends des maires et des responsables de partis se plaindre que ces économies drastiques imposées par Emmanuel Macron vont les mettre à plat, qu’il ne pourront plus investir ni assumer les charges indispensables au bon fonctionnement de leur ville, ou département. Et bien qu’ils se rassurent, s’ils ne savent pas faire en dépensant mieux, dans trois ans des équipes municipales et départementales de La République en Marche viendront les remplacer avec des propositions de projets mieux adaptés et beaucoup moins coûteux pour les contribuables.

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