SNCF, un État dans l’État

SNCF, un État dans l’État

Quarante ans de grèves à répétition, des pannes comme s’il en pleuvait, des voyageurs largués à leur triste sort, TGV érigé en prince du développement ferroviaire, des lignes classiques et secondaires dignes de pays du tiers monde. La liste est longue sur l’incurie de la SNCF. Pour couronner le tout, l’État nommait à sa tête, il y a 9 ans, un président dépassé par les évènements, incapable de faire face aux situations les plus délicates. Guillaume Pépy va s’en aller après la plus grande casse, ferroviaire, du siècle.

Pourquoi le gouvernement de l’époque avait nommé à la présidence de la SNCF celui qui n’était que son piètre directeur de la communication? Comment peut-on passer d’une responsabilité limité à celle du devenir de la grande entreprise d’État? Du passé, faisons table rase. Après Sarkozy et Hollande, il était temps de passer à autre chose….

TGV, gabegie et tralala

Mais, Monsieur Pépy n’est pas le seul responsable de la situation industrielle de la SNCF. Avant lui, les divers gouvernements n’avaient rien vu de la détérioration lancinante de l’entreprise. Tous étaient fascinés par l’aventure technologique du TGV. En région, élus et hommes politiques importants voulaient que le monument roulant passa dans leur ville et territoire. Symbole de technologie avancée et de réussite sociale, le TGV avait la priorité absolue. Des millions d’euros étaient consentis, de part et d’autre. Au total, sur les 30 milliards d’euros investis, 40% l’ont été pour les seules lignes à Grande Vitesse, ce qui représente 12 milliards pour seulement 2% des passagers…..au diable l’avarice!

Des politiques sourds et aveugles

Au fil du temps et de milliers de kilomètres parcourus, la facture s’alourdissait à vue d’œil. Au même moment, le réseau secondaire et les grandes lignes classiques, vieillissaient, se détérioraient et personne pour alerter de la gabegie. Aujourd’hui, la réalité éclate au visage de Monsieur Pépy, de l’État, des hommes politiques et surtout des passagers qui n’y sont pour rien.

Tout remettre sur rails

Cela fait, ainsi, 30 ans que le réseau classique est délaissé au profit de la « danseuse TGV ». Il est temps d’arrêter ce « bal des vampires », pour remettre de l’ordre dans la boutique SNCF. Le gouvernement Macron semble décidé à stopper l’hémorragie financière et technique et remettre les trains sur rails. Il s’apprête à lancer un grand programme de rénovation des matériels roulants, des voies, de l’électrification, des ouvrages d’art et des connections numériques responsables de récentes pannes des plus coûteuses. Au total, la facture va dépasser les 45 milliards d’euros sur 15 ans.

Réseau ferré français, la grande concentration parisienne

Au-delà de la situation actuelle, qui perdure depuis le milieu des années 80, une autre donnée vient alourdir l’organisation du réseau SNCF. Lors des pannes récentes, affectant plusieurs gares parisiennes, un constat accablant a été fait. L’on a vu des milliers de voyageurs entassés dans les halls de ces gares. Beaucoup étaient en transit, venant du nord, de l’Est et de l’Ouest du pays, pour se rendre vers le sud de la France, ou ailleurs. Ce passage obligatoire par la Capitale ne peut qu’engendrer ce type de situation. Cette concentration de terminus et de départs, dans les seules gares parisiennes, est un cas unique en Europe et dans le monde.

 

Categories: France

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