Sénatoriales, intox, politiques et médias

Sénatoriales, intox, politiques et médias

Éditorial

Pour de l’intox, c’est de l’intox. Médias et journalistes font dans l’à peu-près, volontairement, évidemment et sans vergogne aucune. Le leitmotiv, depuis hier soir, tambourine sur un air de désinformation, sauf à prouver une méconnaissance des réalités électorales. « Un premier revers pour Macron », « la déconvenue de En Marche », « Enfin, une grande victoire pour « Les Républicains ». Bidonnage éditorial et mensonge par ommission. Macron et La République en Marche n’ont pas été défaits hier lors de ce renouvellement, pour moitié, du Sénat. Au contraire, La République en Marche obtient 28 sièges sur les 29 qu’elle détenait. Il faut s’arrêter un instant sur ce détail: LREM avait 29 sénateurs, lesquels n’ont jamais été élus lors du scrutin de 2011, puisque le parti n’existait pas. Ces 29 sénateurs sont des ralliés LR, PS, PRG, de fraiche date. Hier, 28 d’entre eux ont été élus par le vote de grands électeurs. Ce premier point, important, nécessite une explication plus large sur ce qui apparait, avec 28 sénateurs, comme une défaite. Il convient, effectivement, de rappeler comment sont élus les sénateurs. Ce sont des élus locaux qui votent. Hier, ils était 76 359 répartis sur l’ensemble du territoire. Qui sont ces élus? : des conseillers municipaux,  conseillers départementaux et conseillers régionaux, élus en 2014, pour les premiers et 2015 pour les conseillers départementaux et régionaux. Qui a gagné ces élections?: Les Républicains en premier lieu, suivi du PS dans une moindre mesure. Et la République en Marche?: aucun élu puisque le parti n’existait pas. Alors, évidemment, pour quels candidats, au Sénat, ont voté les élus LR et PS des communes, départements et Régions?: pour des candidats LR et PS, il va sans dire. En conclusion, le résultat des élections sénatoriales d’hier n’est que la conséquence logique des résultats des élections locales de 2014 et 2015. Gérard Larcher devrait savoir cela et rester modeste en rappelant ces éléments. Ce qu’il n’a pas fait.

Gageons que le président du Sénat sera un peu moins fanfaron en 2020 (dans 3 ans) à l’issue des prochaines élections municipales qui se dérouleront en mars. Nous verrons combien de mairies seront conquises par La République en Marche.  Six mois après, l’autre moitié du Sénat sera renouvelé et probablement que Monsieur Larcher, et d’autres à LR et ailleurs, claironneront moins leur défaite.

Par Ailleurs, actuellement donné en 4ème position par ordre d’importance, le groupe La République en Marche pourrait passer devant le groupe centriste (UDI et assimilés) du fait de ralliements de sénateurs LR, PS et PRG. Une sénatrice LR de l’Eure, par exemple, élue en 2014, rejoindra cette semaine le groupe LREM, fortement invitée par Bruno Le Maire et elle ne sera pas la seule.

 

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Comments

  1. Zébulon 26 septembre, 2017, 08:08

    cela fait du bien de remettre les points sur les »i ». Eh oui comment peut on faire des comparaisons avec un parti qui n’existait pas ? Admettre que certains politiciens ont quitté le navire pour embarquer dans un autre n’est pas encore d’actualité ! Il est plus facile de déclarer que ces personnalités seront exclues, ignorées. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises car avec la batailles des pouvoirs, des clans à l’intérieur des partis il risque fort d’y avoir encore de nouvelles donnes donc de nouveaux élus ou pas. Si certains refusent de voir la réalité qu’ils arrêtent de porter des lunettes de soleil qu’ils consultent un ophtalmologiste pour myopie ou presbytie !

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